Hygiène de l'assassin
La première partie est d'une incroyable platitude, on a l'impression de lire une mauvaise rédaction de collégien, qui s'évertue à démontrer point par point l'aspect abject du personnage principal : un vieux romancier aigre et mesquin, obèse et misogyne, sur le point de mourir et qui voit accourir à son chevet l'inévitable cohorte de journalistes. Ladite démonstration est ma foi relativement concluante, ce qui est une vraie réussite tellement certains passages sont dégoûtants. Reste ce ton que je trouve trop scolaire, des interviews qui s'enchaînent mécaniquement, une suite très théâtrale
de répliques caricaturales (tant des journalistes que de l'écrivain) et toutes également conclues par un choeur monotone où chaque journaliste rend compte de son martyr à ses confrères (et futures victimes) : thèse, antithèse, synthèse.
La suite est un peu mieux, parce qu'elle prend un petit peu de relief, aussi bien dans la manière dont elle est organisée que dans le contenu des propos. Le problème c'est qu'elle s'étoffe du coup d'une série d'envolées lyriques plus ou moins de mauvais goût, de tirades qui se veulent pompeuses et condescendantes, on dirait une collection de références à l'encyclopédie Universalis. Alors oui, ça colle bien avec le personnage principal, qui au fond n'est qu'une boule de vanité et de pédanterie – le problème c'est que là encore ça tourne trop à la démonstration verbale et ces lieux communs qui se veulent assumés ne sont pas assez tranchants pour tourner l'écrivain en dérision. Quant à la fin, elle se perd en rebondissements qui n'en sont pas, disons plutôt en glissements pas vraiment réussis vers une pseudo-justification peu convaincante.
Bon, après, c'est peut-être moi qui ai raté quelque chose, une fois de plus. Et puis sans ce bouquin, peut-être qu'on n'aurait pas réentendu parler d'Amélie Nothomb, ce qui aurait été dommage, entre nous. Donc, bon.
- Posté à 16:03
- Sujet : Livres
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