vendredi 29 avril 2005

Passé les bornes il n'y a plus de limites

Hier soir, j'ai pu dire adieu aux derniers relents de crédibilité qu'il me restait dans l'estime de mes collègues. Encore une fois un pot, encore une fois ça a dégénéré. Guillaume, mon chef de projet, Vincent, Laurent et FX fêtaient leurs 4 ans de boîte. Ca a commencé par un apéro bien arrosé dans la cafète, où j'ai tenu le rôle du pilier de bar, constance et méthode, je buvais avec application, suivi d'une migration stratégique vers la terrasse le parking. Je n'étais déjà plus très frais. Le bon côté des choses c'est qu'évidemment je racontais n'importe quoi, mais au moins je racontais quelque chose. Vers neuf heures, Vincent a donné le signal, direction barbecue chez lui. En ville mais très excentré, rez-de-chaussée, côté jardin, son salon donne immédiatement sur un parc, ils sont bien installés. J'ai tapé dans un poteau en me garant, apparemment sans trop de dégâts, ce qui m'a encouragé à continuer sur ma lancée. Sans plus vraiment me rendre compte. Dommage d'ailleurs, je me suis dit en discutant (en braillant) avec Guillaume, qui me sortait des perles assez croustillantes sur son boulot, sur l'entreprise, sur la façon dont on a été recruté, dommage que je n'aie pas eu la lucidité nécessaire pour retenir le fond de son propos. En vérité je n'avais plus la lucidité nécessaire pour retenir quoi que ce soit. Et là les choses ont commencé à aller assez vite. Vers dix heures et demie je me lève de table pour aller me soulager la vessie, après c'est le black-out total. Je me souviens de violents moments de conscience aussi courts que vifs, je me revois très clairement en train de vomir, en train de tituber dans l'entrée, en train d'être pressé poliment vers la douche. Mais sinon rien. Ce matin je me réveille, nu, dans un sac de couchage sur le canapé. À ma main droite, un pansement de fortune et sur mon torse la marque d'un coup. Visiblement je me suis ramassé quelque part, mais personne n'a compris quand ni comment. On me prête des affaires pour repartir, je rentre rapidement histoire de constater les dégâts : mes vêtements sont dans un sac poubelle maculés de restes de saucisse et de vin rouge, je me suis ouvert l'index droit sur toute sa longueur et j'ai la conscience coupable d'avoir probablement emmerdé tout mon monde à faire autant l'imbécile. Le pire c'est que ce n'est pas la première fois, que je me pointe presque chez des inconnus et que je finis en tant que démonstration vivante de la loi de l'emmerdement maximal. Culpabilité. Avec une heure de retard je me pointe tant bien que mal au travail, où visiblement les rumeurs sont aussi allées vite... Rigolades compatissantes, j'assume avec humour. Rendu à mon poste, je scotche devant mon ordinateur toute la matinée, impossible de faire quoi que ce soit. J'ai fini par prendre une RTT pour l'après-midi ; là j'essaie de récupérer, tant bien que mal.

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