jeudi 13 octobre 2005

Acide sulfurique

Que dire d'autre, sinon que j'ai trouvé ce bouquin assez nunuche ? Principalement on veut dénoncer les dérives de la téléréalité. Bon, c'est un point de vue qui se défend, on va dire, relativement. Le problème c'est que le sujet est tellement convenu qu'il n'y a pas trente six façons de l'aborder de façon à ce que ce soit un minimum intéressant. Et bien en ce qui concerne Acide sulfurique, la façon en question est tellement caricaturale qu'on finit par se demander, par espérer presque, si ça n'est peut-être très second degré en fin de compte... Des producteurs peu scrupuleux ont décidé de faire un remake télévisé des camps de concentration, Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle – avec des condamnés choisis au hasard dans la population et des kapos sélectionnés autant pour leur banale stupidité que pour leur propension à la violence gratuite, le tout filmé comme il se doit, vingt quatre heures sur vingt quatre, des caméras partout. À ce stade je trouve ça déjà limite. C'est limite parce que ça pousse le concept de base à un point tellement extrême, autant d'exagération c'est presque prendre le lecteur pour un imbécile. Comment alors adhérer un tant soit peu aux propos exposés, surtout quand ça se met à dégouliner à ce point de tous les bons sentiments et toutes les attitudes angéliques que la situation laisse à imaginer ? Il y a un passage dans l'histoire où Amélie Nothomb raconte la façon dont les médias se seraient indignés en choeur du concept de l'émission et où, paradoxalement, plus cette indignation se faisait entendre, plus les gens se disaient choqués, plus les taux d'audience grimpaient. En fin de compte je crois cette démonstration se transpose assez bien au bouquin lui-même, ce qui est admettons assez idiot. Plus le ridicule est atteint dans la mièvrerie et les pleurnicheries bon enfant moins on se sent concerné par la critique et par le fond même de ce qui est censé être exposé. Et puis il y a toujours ce style simpliste, que j'avais pourtant bien apprécié dans l'écriture de Werber, mais qui ici participe encore plus à l'infantilisation du lecteur. J'ai eu l'impression au final qu'on me prenait pour un mec stupide, vraiment. J'ai eu l'impression de lire beurk pas bien bouh c'est mal scandé en lettres capitales, deux cent pages durant. Pas très engageant comme perspective...

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