En vrac
Pour conclure en apothéose un samedi de shopping intensif, ma soeur et moi on est allés voir le dernier Harry Potter. Je n'ai pas vu les trois précédents au cinéma, j'ai attendu qu'ils passent sur le satellite, et bien le moins qu'on puisse dire c'est que celui-ci ne rigole pas. L'ambiance est assez glauque, pas tellement plus que les précédents vous me direz : esthétique gentiment gothique et mystique magicienne bon enfant. À cette différence près que les scènes intermédiaires qui émaillaient le récit ont pris une coloration nettement plus sombre : à la place des traditionnels cours de transformation en crapaud ou de lévitation de plumes, les élèves apprennent désormais des sortilèges mortels interdits ; à la place des parties de Quidditch on a le droit à de jolies courses poursuites dans des labyrinthes brumeux et oppressants ; les personnages secondaires tombent comme des mouches... Enfin pas de quoi vous faire frémir, mais le virage mature
qui en résulte surprend, tout comme l'avertissement jeune public
apposé sur l'affiche, après coup probablement justifié.
Paris, vingtième, le lendemain. Cette fois en plus de ma frangine on ramène donc sur la capitale quelques meubles, achetés dans une grande chaîne de magasins suédoise, et un ordinateur monté de toutes pièces par votre serviteur, en remplacement du portable qu'on lui a cambriolé. Quelque chose de simple et de silencieux, enfin dans le principe, avec surtout un gigantesque 19” cathodique qui mine de rien accuse un poids conséquent. Elle a l'air contente. J'ai de temps en temps un sacré pincement au coeur quand je pense à elle. Des fois elle me demande si je suis heureux, je lui réponds oui pour ne pas l'inquiéter, même si en fin de compte je pense que c'est le cas. Certes les choses pourraient aller mieux, je ne suis pas satisfait de tout ce que j'accomplis, mais je me dis que c'est probablement impossible de l'être. Après un après-midi de bricolage épuisant mais sans vraie prise de tête, ils ont fait de sacrés progrès dans les notices de montage, comme elle nous le propose avec une gentille insistance on est restés dormir chez elle la nuit dernière. Ses voisins nymphomanes n'ont pas donné dans le concert de grognements, mon père n'a quasiment pas ronflé et pourtant j'ai assez mal dormi. Cet appartement a dû définitivement créer un réflexe de stress pavlovien chez moi.
Voilà, c'est à peu près tout. Ah si, j'allais oublier, je viens d'appeler au Vieux Quimper, une crêperie dans le centre de Nantes, où j'ai réservé une table pour demain soir. Pour deux. Pour moi et Émilie. Je ne sais pas exactement où en était mon compte-rendu de la situation, toujours est-il qu'en fin de semaine dernière et pour je ne sais quelle raison, elle me sort un c'est pas encore cette semaine que tu vas m'inviter à prendre un verre,
qui lui-même donnait suite à une suggestion que j'ai dû lui faire il y a quelque temps déjà. En tout bien tout honneur bien entendu, étant donnée sa situation. La conclusion de cette discussion étant grosso-modo, la semaine prochaine, sans faute. En fin d'après-midi je lui demande donc si elle a quelque chose de prévu mardi. De prime abord elle accepte, après coup elle fait un peu la fille qui a des doutes. – Pourquoi est-ce que tu tiens à ce qu'on fasse un truc tous les deux ? Je ne suis pas vraiment une pipelette, tu vas t'ennuyer...
En soi c'est vrai que le concept reste étrange pour ne pas dire saugrenu. Mais même si c'est le premier rendez-vous que je file depuis à peu près une éternité, même si ça n'est pas vraiment un rendez-vous non plus, je vais éviter d'en faire des tonnes. Voyons ça comme un énième exercice social.
- Posté à 23:07
- Sujets : Cinéma, Filles (et Garçons), Mademoiselle E., People
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