Compte rendu de mission
J'ai tourné mes clés dans la serrure, il devait être dix heures et demie. Autant dire que ça a plutôt tourné court. La faute probablement à mon inaptitude désormais confirmée aux comportements sociaux. Car malgré tous les efforts que j'ai pu déployer, malgré toutes les ficelles auxquelles j'ai tenté de rester accroché, je les ai quand même vraiment et consciemment vécus, ces moments de blocage complet où plus rien ne semble vouloir sortir de votre bouche ; où votre regard se perd machinalement dans le vide, n'importe où mais pas dans ses yeux ; où une légère et sournoise panique commence à vous envahir. Pour des centaines de raisons, parce que ses grands yeux bleus vous intimident, parce votre conversation n'a jamais été naturelle, parce que vous vous perdez dans des enjeux et des circonvolutions imbéciles. Heureusement elle a les mots pour me ramener sur terre alors je reviens doucement, par périodes, à une attitude normale. J'irais même jusqu'à faire un bilan plutôt positif, si on considère effectivement qu'il n'y avait pas d'autre enjeu qu'une sympathique bouffe entre collègues ; à ce niveau là au moins la situation n'a pas empiré. Vers la fin du repas on a fini par aborder des sujets un peu plus conséquents, mais j'étais suffisamment épuisé nerveusement pour avoir perdu toute velléité d'approfondissement. Le pire en la laissant, parce vraiment un bar je n'aurais pas pu, c'est qu'elle donnait l'air de penser qu'elle était responsable de mon état, comme elle s'excusait presque des quelques errements de la soirée. Alors qu'elle n'était évidemment pas en cause et qu'en l'occurrence, c'est plutôt moi qui aurais dû m'excuser. Je n'ai pas non plus pensé à le faire. Tant mieux peut-être, j'aurai plus de crédit si on remet ça. Un jour. More as it develops.
- Posté à 00:04
- Sujets : Filles (et Garçons), Mademoiselle E.
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