Confidences pour confidences
À vrai dire je ne sais pas vraiment si je dois vous mentionner cet énième rebondissement, comme j'ai un peu peur de verser définitivement dans la caricature et comme j'ai promis, aussi, d'en garder le secret. Oh et puis zut !, après tout n'avais-je pas non plus promis à cette chère Émilie de garder secrète l'existence de son cher et tendre ? Ça ne m'a cependant pas empêché de m'épancher joyeusement ici même. Épanchement qui d'ailleurs ne tombe pas plus mal, puisque c'est à propos d'à peu près la même chose dont il s'agit de vous entretenir. N'étant pas, vous l'aurez remarqué, de nature idiote et peu observatrice, j'ai fini par conjecturer avec assez de conviction sur l'identité du cher et tendre en question ; deux ou trois regards surpris ici ou là, deux ou trois allusions qui leur ont respectivement échappé de la bouche, deux ou trois questions qui l'auront laissée muette, j'ai vite fini de conclure. Je crois bien que j'ai raté une vocation d'inspecteur des moeurs.
Vendredi après-midi, la veille du réveillon de Noël, veille également d'une semaine de congés pour ma part, je m'oublie un peu à discuter de choses et d'autres avec ce cher Paco. Avouons, histoire d'être totalement objectifs, qu'on devisait du rebond que je jugeais quasiment parfait du postérieur de la nouvelle secrétaire, considération avec laquelle il n'était évidemment pas d'accord. De toutes façons elle est avec un pompier et ils vont faire construire.
Mon entrain redescend d'un cran. Il me rajoute, de toutes façons ça n'est pas dans cette boîte qu'on trouvera notre bonheur. Mon semblant de conviction du paragraphe précédent descend également d'un cran. Pour changer de sujet, il me demande comment ça avance avec Émilie, je lui réponds que ça n'est pas vraiment censé avancer, vu qu'elle est déjà avec quelqu'un. Il me dit que ça peut changer. Il me dit qu'elle est à nouveau célibataire. Il me confie que le cher et tendre en question c'était bien lui, mais qu'ils ont rompu ce jour même. Pourquoi ou comment, il ne me donne pas vraiment de raison, j'évite également d'insister. Mais ça me rend un peu triste, paradoxalement peut-être. Son aveu explique bien des choses et confirme mes hypothèses, mais je ne peux m'empêcher de ressentir de la compassion, comme il joue au fièrot sans pour autant donner le sentiment d'en mener bien large.
Malheureusement ou heureusement c'est selon, la semaine qui vient je serai bien loin de toute cette histoire. Ça n'est probablement pas plus mal au fond, je ne sais pas vraiment comment j'aurais dû réagir. Envers elle surtout, comme j'aurais dû feindre de ne pas être au courant alors que mon empathie maladive aurait sans doute fini par reprendre le dessus. Envers lui également, comme il est au courant de tout. Mais il m'a également proposé une prometteuse soirée entre célibataires. Pour le moment il est sûrement préférable de laisser l'eau couler sous les ponts.
- Posté à 11:39
- Sujets : Filles (et Garçons), Mademoiselle E.
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