dimanche 05 février 2006

Brokeback Mountain

Je dois très certainement des excuses à ce cher Ang Lee, pour mon incapacité notoire à défendre avec conviction une oeuvre que j'ai pourtant appréciée, quand elle tombe sous le feu plus ou moins nourri des critiques que lui assène mon entourage. C'est bien clair, dans ce genre de situations je préfère généralement abonder même aux plus basses des attaques. Et c'est vrai que le film souffre de quelques longueurs. Et, si le souffle continu d'exaspération du petit vieux à côté de nous était sans doute exagéré, je dois avouer que malgré leur relative beauté, certains plans descriptifs auraient gagné à être écourtés. L'histoire aussi donne, rapidement et de façon trop prévisible, dans le mélodrame un peu facile et ridiculement larmoyant. Gageons même que, s'il s'était agi d'une banale amourette entre un cow-boy et une cow-girl, la chronique d'une liaison intermittente entre mariages ratés et retrouvailles chanceuses à des années d'intervalle, alors ça aurait pu se cantonner dans un téléfilm du dimanche après midi sur une mauvaise chaîne câblée. Mais voilà, il s'agit de deux cow-boys qui s'empoignent de façon virile sous la toile frêle d'une tente perdue au milieu des rocheuses. Et alors toute l'Amérique en pleure. Please ! Et passons sur le côté vaguement dénonciateur d'une certaine mentalité bien rétrograde, car s'il évoque peut-être la périlleuse situation des homosexuels dans les années soixante-soixante-dix au plus profond des États-Unis, je me demande si de nos jours le discours n'est pas un peu anachronique. Tant mieux d'ailleurs, même si c'est probablement mal formulé. Alors, qu'est-ce qui rattrape le film, va-t-on finir par me demander ? Une certaine poésie et un jeu d'acteurs suffisamment juste pour éviter l'écueil bien réel de tomber dans la caricature.

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  • Généré automatiquement le lundi 20 février à 05:27
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