Dosages
Ce matin je rentrais tranquillement du cinéma avec dans ma tête cette apaisante impression que j'avais enfin trouvé mon rythme. Un équilibre subtil entre, ne pas avoir maladivement tout planifié à l'avance — mais être suffisamment organisé pour ne pas me retrouver dans le vide, sans repère et surtout sans rien à faire. Passer pas mal de temps aussi avec différents groupes de personnes, ne pas voir tout le temps les mêmes têtes quitte à, effectivement, être moins proches de certains — mais surtout garder de longues et reposantes plages de solitude. De calme. Des fois je ressens comme l'envie de partager ce que je fais, un peu, mais généralement ça passe, le besoin de rester libre est plus fort ; celui aussi de conserver un univers secret, ignoré de tous, rempli de musique et d'images. C'est peut-être de la méthode coué, je ne sais pas. Ce soir je suis reparti de Yoann avec cette sensation bizarre d'habitude, de banalité routinière, je crois vouloir que mes journées sortent de l'ordinaire. Je ne veux pas m'installer.
Malgré tout, j'ai je pense de moins en moins de mal à être sociable. L'idée, comme je n'ai pas forcément grand chose à dire et que ce peu de choses j'éprouve les pires difficultés du monde à les exprimer, alors je dois faire parler les autres. Ce qui en fin de compte reste assez simple, les gens n'ont généralement pas trop de mal à parler d'eux, certains sont même relativement contents de pouvoir parler de leurs passions ou déballer leurs petits problèmes. Il suffit la plupart du temps de les relancer au bon moment. À la base c'est une technique de Kévin pour draguer les filles mais en fait ça fonctionne très bien pour sympathiser avec toutes sortes de personnes. Parfois tu peux même te permettre quelques digressions, placer quelques histoires complètement abracadabrantes peut également faire l'affaire. La difficulté, et cela rejoint ce que je disais tout à l'heure, c'est lorsque que l'intérêt se retourne vers toi. Il faut alors esquiver mais ça je ne sais pas encore bien faire et, déstabilisé, irrémédiablement je bafouille.
Niveau factuel, vendredi soir, je suis allé voir Cloverfield. Ce truc vous colle une trouille pas possible et c'est juste génial. Un vrai bon gros film de gros monstre, une sorte d'antithèse de Godzilla (le remake) avec sa mise en scène hallucinante, un rythme effréné et une tension constante qui suffisent largement à excuser les quelques défauts. Samedi soir, soirée dehors, le frère de Yoann mixait dans un bar du côté de Saint-Clément, pas trop de monde, assez bonne ambiance, la copine marocaine de Laurent faisait le spectacle avec ses comment on dit
et ses gros mots en arabe. Aujourd'hui, Juno et l'après-midi à traîner en ville entre les cafés et les parcs. Un moment insignifiant, c'est pour ça que j'ai parlé d'ordinaire plus haut, mais pourtant pas désagréable. Je crois que je me contredis, non ?
La semaine qui arrive s'annonce également pas mal chargée. D'abord deux entretiens pour une nouvelle mission. Pour refaire du web, enfin ! Alors je me mets un peu la pression tout seul, parce que j'ai vraiment envie que ça réussisse, pour pouvoir revenir à des choses plus intéressantes. Mardi soir, concert. Mercredi, dîner avec Lise, d'ailleurs il faudrait que je réserve le restaurant. Jeudi soir, couscous chez Laurent, sur invitation de madame. Mon objectif étant d'éviter de m'y rendre seul, nouvelle contradiction, parce que jeudi c'est un peu une sale journée pour les célibataires, il faut que je trouve absolument quelqu'un pour m'accompagner. Heureusement, je crois avoir une piste.
- Posté à 23:02
- Sujet : Everyday Life
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