Damn, Girl, Damn
Kévin a raison, pire que tout je sais pertinemment que Kévin a raison et pourtant je persiste et signe dans mes pires travers. Donc désormais je décrète, règle numéro 1 : arrêter d'envoyer des mails pour communiquer avec les filles qui sont à moins de dix mètres de moi. Ça a plus ou moins de sens quand les montagnes, les océans ou les petits copains nous séparent, mais sinon c'est juste imbécile et improductif. Même si évidemment c'est plutôt pratique, car le plus compliqué reste de réussir à passer du temps avec elles, au milieu de tous les autres. Compliqué de jouer autre chose que le rôle que vous avez pu vous inventer pour amuser la galerie, compliqué de s'isoler et ne s'adresser qu'à une personne, compliqué d'être franc et premier degré. Comment alors réussir à passer les barrières et mettre en pratique le manuel de la séduction
que Kévin nous a transmis en PDF ? — ah ! je ris de moi-même, mais l'un dans l'autre il n'est que rempli de vérités. Au moins par mail il n'y a que nous deux et, aussi, le silence.
Je vous résume la blague. Jeudi soir j'avais ce dîner chez Laurent — où j'ai d'ailleurs vraiment bien mangé, le couscous était juste succulent, j'ai été agréablement surpris. Pour l'anecdote, on a terminé par une partie de poker, ils jouaient tous assez mal sauf Ségo — qui fut cependant relativement facile à impressionner, avec un peu de chance et quelques relances bien senties. Avant de m'y rendre, j'envoie un ou deux messages à Emilie. Je m'étais presque résolu à ne pas le faire, mais deux ou trois demandes d'assistances
de sa part auront suffi à vaincre ma volonté : vous savez quand elle vient vous voir avec son parfum rose bonbon, sous le prétexte de vous demander comment tel module fonctionne, alors que vous savez tous les deux que vous n'en avez strictement aucune idée, moi ça me fait cogiter et au final agir de manière pas tellement réfléchie. Il fallait absolument que je lui propose de venir. Hélas, trois fois hélas, alors que j'en étais à aborder la question existentielle : appuyer sur envoyer
ou sur supprimer
, un jeune imbécile fini avec qui je travaille vient me poser de vraies questions cette fois, sur un programme que j'ai réalisé il y a plusieurs mois. Et il enchaîne et il me tient la patte, interminablement. Ça en devient juste insupportable, mais il a dû se rendre compte que je trépignais du pied. Quand enfin il se décide à me laisser, je clique sur le bouton et... j'attends. Cinq minutes. Dix. Pas de réponse. Je regarde le parking : sa voiture n'était déjà plus là. Mon mail était parti dans le vide et sa voiture n'était plus là. J'étais dépité. J'avais toute l'après-midi pour simplement aller la voir, en plus c'était le plan idéal, Florence devait aussi venir.
Et en fin de compte, rien, le néant. Et ce mail qui traîne dans le vide et qu'elle devait lire en arrivant le lendemain matin. Au début je crois qu'elle me sourit. Bien. Mais moi je suis tellement gêné par ma bêtise que je n'ai toujours pas le réflexe d'enchaîner. Résultat j'attends pitoyablement que ça se passe, je ne la verrai quasiment pas de la journée. Et plus j'y repense plus je crois que ça n'a fait qu'empirer la situation. J'avais l'opportunité de tourner ça au second degré et de remettre les compteurs à zéro, mais, non. Donc voilà, encore une occasion de gâchée.
- Posté à 22:25
- Sujet : Filles (et Garçons)
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