vendredi 06 juin 2008

Platitudes

C'est tellement vrai, parfois, la musique ce n'est pas spécialement que j'aime ça, plutôt qu'elle me rappelle de bons moments et qu'elle me permet de les revivre, par procuration. Sansévérino, c'est une heure et demie de voiture avec Elise, qui me ramène gentiment sur Nantes, un samedi matin. Il y a ce petit côté jazzy, parfois exagéré, des paroles faussement engagées et un peu ridicules, mais au moins ça change de ce que j'écoute d'habitude. C'est vrai aussi qu'au fond, je ne sais pas pourquoi ça me laisse cette impression là, comme on n'a pas parlé de grand chose, pas grand chose d'intéressant je veux dire. Si vous avez vu Docteur House hier soir, vous comprenez ce que je veux dire. Meubler avec des goûts et des couleurs et les petites histoires de la vie quotidienne, ça fait juste passer le temps, c'est tout. Je vois passer la barrière de péage et je m'étonne d'être déjà arrivés. Mais à part ça, on ne se connaît pas vraiment. Dommage.

Je sais que je suis un peu asocial. Même si au fond je ne m'en tire pas si mal, j'ai du mal à m'engager avec les gens. A être premier degré je veux dire. C'est aussi pour ça que je me protège, avec des mensonges et des banalités. Parfois ça me coûte. Mercredi dernier, une espèce de no-life tristement caricatural, informaticien, autiste, fan de foot et encore chez ses parents, m'a tenu la patte pendant au moins une bonne heure. Et comme je n'arrive pas à être franc, je reste placidement poli et j'acquiesce. Ca me satisfait aussi, quelque part, cette discussion interminable et sans réel intérêt. Je m'en veux de ne pas être plus spontané, de ne pas savoir dépasser la surface. Ma propre surface. Même mes amis, mes vrais amis, au fond en savent très peu sur moi.

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