vendredi 11 juillet 2008

Là-bas

Je revois ton regard, caché derrière ces immenses lunettes et cette perruque rose, évidemment tu n'es pas dans ton état normal, mais après tout n'est-ce pas dans ces moments où l'on perd contact avec la réalité, qu'au fond on révèle sa vraie nature ? Caroline, tu viens vers moi comme si on se connaissait depuis des années et ça me touche. Je revois ce sourire, franc et large, et je t'entends à nouveau me parler de choses insignifiantes, t'excuser aussi pour ces quelques imbécillités, symptôme habituel des inévitables excès que la jeunesse toutefois vous pardonne, comme il faut bien qu'elle se passe. Quelques heures d'absence, tu me demandes de rester t'attendre, alors je reste. Et je me souviens de ma surprise, le lendemain à ton retour, je revois ton regard qui se montre, enfin, et l'éblouissante clarté de ces yeux verts presque surnaturels. Comme samedi qui vient, je dois les croiser à nouveau, nous devons nous retrouver dans cette ville du bord de mer, avec laquelle mon histoire semble étrangement liée. L'impatience m'anime, l'inquiétude aussi, mon départ précipité n'a peut-être pas arrangé les choses. Je me demande si tu te rappelles, comme je me rappelle, ou si ce n'était qu'une conjonction de coïncidences mal interprétées, habitude symptomatique de mon excessive solitude. L'histoire seule nous le dira.

Antidaté de quelques semaines.

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