mercredi 06 août 2008

Ma vie sans voiture, épisode 0

Aujourd'hui, j'ai donc effectué quelques centaines de kilomètres aller-retour, pour aller confier ma désormais ex-voiture aux mains d'un parfait inconnu – moyennant finance, heureusement, même si ce n'est pas exactement autant que je n'espérais. Mais bon, au moins c'est une bonne chose de faite et je vais pouvoir passer à la suite. Enfin pas complètement, encore quelques paperasses à régler, l'assurance, la carte grise, des détails du genre, et tout cela sera derrière moi. Tout cela dis-je, car même si je n'ai pas envie d'y accorder une quelconque importance, c'est quand même une page que je tourne. Logistiquement, il va falloir modifier un bon nombre d'habitudes et, même symboliquement, je change un peu de modes de vie et de consommation. Finies les courses au supermarché, fini les allers-retour au cinéma l'air de rien, comment vais-je aller à la déchetterie pour recycler mes cartons. Je ne vois pas encore bien de solution pour résoudre tout ça. Mais c'est volontaire, c'est assumé, c'est politique, c'est tout ce que vous voulez. C'est mon choix.

Dans le train qui me ramène à Nantes, je parcours le Courrier International et un Daily Telegraph, sans doute abandonné là par un quelconque homme d'affaires. Disons que j'essaie de revenir à des occupations qui me font un tant soit peu travailler la cervelle. J'y apprends plein de détails insoupçonnés sur des coins inconnus du monde, et même si je ne sais pas bien ce que je vais en retenir au final, un peu comme quand je parcours la Wikipédia, au moins j'ai l'impression de ne pas perdre mon temps. Bon c'est un peu pour frimer aussi, j'admets.

Fin de soirée un peu chanceuse, jeu des coïncidences et des horaires, je retrouve la bande du Sri Lanka et quelques amis à eux, en ville. On prend une bière, on rigole, on papote. Je le vois, je le sens, je sais très bien que je devrais faire juste le petit effort qu'il manque pour être un peu plus sociable avec tous ces gens, avec toutes ces nanas. Je l'ai compris, mes amis me connaissent bien maintenant et ce petit manège n'est pas complètement innocent de leur part : en quelques semaines j'ai dû rencontrer tous les célibataires de leur entourage. C'est un peu parachuté, quelque part, mais l'attention me touche profondément.

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