samedi 27 septembre 2008

Lectures

Contrairement à ce qui a été annoncé, je n'ai pas lu Désert, la faute à un mauvais concours de circonstances. Au final, j'ai d'ailleurs regretté d'avoir amené si peu de bouquins, car on a eu beaucoup plus de temps libre que je ne l'avais imaginé. En revanche, j'ai donc terminé L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, et Geisha d'Arthur Golden.

Impression mitigée sur le premier. Le livre est très long à démarrer et un bon gros tiers se passe sans évènement marquant, une simple et interminable exposition des personnages, de leur environnement et de leur façon d'être : une concierge se fait délibérément passer pour plus bête qu'elle ne l'est, histoire qu'on la laisse bien tranquillement enfermée dans les clichés du genre et qu'elle puisse donc assouvir ses passions secrètes, la littérature, la philosophie et le cinéma — et une petite fille, elle aussi intelligente, incomprise de sa famille de parisiens bobos-snobs, décide de consigner ses observations sur le monde dans un journal. Bon. Ce que j'en retiens c'est le côté un peu trop prétentieux des deux personnages principaux, style c'est nous les plus futées et tous les autres sont des idiots. Il y a de grandes tirades pseudo-métaphysiques, si je n'adhère pas à toutes, elles sont plutôt bien écrites. On s'interroge cependant sur leur réel intérêt, au-delà du simple exercice de style, ce qui met le livre en légère contradiction avec son propre contenu. On en vient alors à se demander si, ce que l'auteur fait dire à ses personnages, ne consiste pas en de simples exposés destinés à faire montre de la culture, au demeurant conséquente, de l'écrivain ou si, pire, il s'agit d'instaurer une connivence ringarde avec des lecteurs soi-disant érudits, qui sauront partager les mêmes bons mots à propos des mêmes références élitistes — et un peu pédantes. Mais bon, laissons-lui le bénéfice du toute, comme ça se lit bien et que les cent dernières pages sont plus intéressantes.

Quant à Geisha, c'est plutôt une relativement bonne surprise, vu la moue significative que j'ai pu arborer, à la sortie du film. Apparemment c'est assez bien documenté, donc on peut croire que c'est suffisamment représentatif de la vie des Geishas d'avant, pendant et après-guerre. Au travers de l'histoire de Chiyo, petite fille arrachée de son petit village de pêcheurs pour être enrôlée comme apprentie dans une okia de Kyoto, Golden évoque l'image d'un vieux Japon qui peine à s'ouvrir petit à petit au monde, entre coutumes et traditions d'époque dont l'exotisme suffit à intriguer. Ce que je trouve dommage, ce sont certains passages peu significatifs qui traînent trop en longueur alors que, paradoxalement, les moments les plus importants sont éludés en seulement quelques pages. Mais, malgré quelques ficelles un peu trop grosses, l'intrigue est suffisamment alambiquée pour se tenir en appétit.

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