Lundi
Ca ne va pas du tout. Je fais vraiment n'importe quoi avec la nourriture. En guise de dîner, je me suis enfilé les deux tiers d'un brownie Papy Brossard, avec une tasse de mauvais thé. Je me revois, assis devant la télé, à boulotter le gâteau morceau par morceau, tout simplement incapable de m'arrêter. La vérité, je le sais pertinamment, c'est qu'il faut que je prenne sur moi de ne plus jamais acheter ce genre de cochonneries, parce que dès qu'il y en a dans les placards, je deviens incontrôlable. Maheureusement dans les rayons du Monoprix, toutes les excuses sont bonnes, souvent je craque. En général, je justifie ces écarts par le fait que je soie dans une phase de déprime. Oui, c'est n'importe quoi. Pour l'instant je ne reprends pas de poids, mais sincèrement ça m'inquiète. Surtout que je n'ai pas fait de sport depuis plus d'un mois, la faute à une mauvaise allergie qui se manifeste par des quintes de toux interminables et qui m'a plusieurs fois quasiment étouffé. Toutes les excuses sont bonnes, j'ai dit.
Ce soir, soirée off au club photo, nous nous retrouvons dans un café pour discuter concours : comment préparer ses épreuves, comment adapter ses photos en fonction du style de la compétition. C'est un peu contre-nature quelque part, de chercher non pas à montrer ce que tu aimes dans ton travail, mais à formater tes images pour qu'elles cadrent le plus possible à la psychologie supposée du jury — certains sont plus classiques, d'autres plus ouverts aux expérimentations. Mais c'est le principe même du concours qui veut ça, c'est un exercice bien étrange. Je me vois par intermittence dans le reflet de la vitre. En fait, je me rends compte que j'aime bien être avec plein de gens différents, que c'est peut-être aussi ce que je cherche dans ma fuite en avant. Je suis content d'être le lundi avec les gens de l'asso, le mardi avec mes anciens amis de fac, le mercredi au poker, le jeudi avec la bande. J'ai l'impression d'avoir de nombreuses relations et ça évite de me lasser de certains. Je compense le vide par le nombre et, comme en plus je ne m'attache pas beaucoup, si besoin je peux rapidement changer de fréquentations. Car, comme l'explique William, souvent en soirée tu salues plein de monde, mais c'est tout, au fond tu n'apprends à connaître rellement personne, le socio-relationnel c'est très superficiel. En contrepartie, je pense aussi que ça évite d'être déçu. Car les gens qui en valent vraiment la peine se comptent sur les doigts d'une main — malheureusement, ceux là aussi il m'arrive de passer à côté ou de les perdre de vue.
- Posté à 01:23
- Sujet : Everyday Life
- Permalien vers Lundi
Pas de commentaires (pas encore :)