lundi 02 février 2009

Saturday Night Fever

Ah les plans de la fille, je vous jure. Des fois il vaut peut-être mieux en rire. Mais je ne lui en veux pas — ça m'a permis de passer une assez bonne soirée. Vendredi elle me Facebook un plan bizarre, quelque chose du genre sortie entre célibataires, présence masculine appréciée. Connaissant ma faible capacité de résistance, dès qu'il y a le mot alcool dans une phrase, j'ai signé sans réfléchir. Rendez-vous est donc pris au Dock Yard, juste à côté du Ferrailleur, pour onze heures et des brouettes. Déjà, vu le timing j'aurais dû me méfier, ça sentait la discothèque à plein nez. En plus, en lieu et place de célibataires, je me retrouve en face de Christelle avec un K — la femme d'Arnaud, merci de suivre — Gaëlle, la femme de Richard, Sandrina du mari de laquelle j'ai oublié le prénom et quelques autres dont la mention ne mérite sans doute même pas que je m'évertue à essayer de retrouver leurs pseudonymes. Bref. Respectivement, nominés pour le rôle du meilleur espoir masculin, nous avions François, une longue histoire, un improbable Jésus-Christ, égal à lui-même, impossible qu'il nous déçoive un jour, et votre humble serviteur. Qui faisait donc contre mauvaise fortune bon coeur, au moins ai-je pu en profiter pour écouter François me raconter ses voyages — pour revoir aussi les amies de la fille, m'étonner toujours de cette relation presque fusionnelle entre elles, dont évidemment je resterai à jamais jaloux. Sans oublier le fait que je soie secrètement amoureux d'une d'elles, mais ce ne sont pas des choses à avouer à une mère de famille. La boîte, donc, car ce qui devait arriver arriva, non sans moulte palabres et autres négociations — deux heures et seize euros plus tard nous voilà au Royale, façon revival du Jacky Show, en train de nous déhancher gentiment sur la surprenante et intarissable compilation de ce que les années quatre-vingt ont produit de meilleur — et Dieu sait que cette décennie a été florissante. On se marre, pas mal, on discute, mais pas beaucoup. Des fois je m'éloigne volontairement, façon vieux loup solitaire, mais la meute se rappelle souvent bruyamment à mon souvenir et les filles hurlent à ce que je les rejoigne. La nuit avance, sur la piste Anna semble essayer d'établir un contact, des gestes, des mimiques, c'est amusant. S'il m'avait resté un peu de présence d'esprit j'aurais essayé quelque chose ; c'était facile, sans même le faux semblant d'avoir à entretenir la conversation. Mais il a suffi d'un ou deux levers de bras pour que mon état de déliquescence se rappelle de façon aussi vive que soudaine à mon odorat. Et puis de toutes façons, je ne tente jamais rien le premier soir, c'est ma nouvelle règle. A la sortie, je sors mes rituelles et lourdingues petites blagues à la vestiaire et au videur. Pour conclure plutôt plaisant donc, un brin longuet sur la fin et dans l'ensemble assez loin du résultat escompté. Mais ce n'est pas comme si c'était une cause désespérée, n'est-ce pas ?

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