jeudi 16 avril 2009

Les possibles

C'est un sentiment à la fois étrange et rassurant, que de rentrer chez soi après quelques jours en voyage, se remettre tranquillement dans le train-train quotidien, après autant de temps passé à observer une toute autre routine — et Dieu sait pourtant que je suis du genre routinier. J'aime mes repères, ils m'indiquent exactement et sans que j'aie à réfléchir toutes ces solutions aux petits tracas du quotidien qui, ailleurs et dans d'autres circonstantes, peuvent rapidement devenir d'horribles emmerdements. Et si malgré tout je voyage plutôt bien, il y a ce je-ne-sais-quoi qui me soulage toujours autant lors du retour à la maison.

Plusieurs week-ends d'affilée loin de mes pénates auront suffi à nourrir ce constat, entre un stage technique à Lille, il y a deux semaines, et une Pâques parisienne dont je reviens tout juste. Je reste toujours aussi mitigé à propos du Nord — et toujours à peu près pour les mêmes raisons : le centre de la ville est joli, le reste l'est moins. Comme partout vous me direz. Le stage lui-même était assez physique, en tout cas j'ai eu plus de mal à suivre que l'année dernière. J'ai eu l'impression d'y apprendre moins de choses aussi, mais c'est peut-être normal.

Quant à Paris, j'y rendais visite à ma soeur — pour une fois que c'est moi qui y monte. Mauvais point, je crois que je fais une nouvelle allergie aux poils d'animaux : j'ai eu le souffle court durant les trois jours et j'ai même dû acheter une Ventoline en catastrophe. Ce détail mis à part, j'ai revu deux de mes cousins, ça faisait un petit moment. On a bien ri ensemble, devant Mozinor et à jouer à Time's Up. Dimanche, on a visité la retrospective Dave LaChappelle à La Monnaie et regardé Un Chat Un Chat, ça aussi c'était amusant. Tout ça pour masquer un peu sa déprime à elle, entre les méandres de sa vie parisienne et les développements de leur différence de point de vue entre elle et mon père. Aux dernières nouvelles ils se sont à moitiés étripés au téléphone, lui reprochant sa soit-disant distance, elle objectant sa non-implication justifiée dans cette affaire.

Je suis en train de réfléchir à la possibilité de m'installer là-bas. Si ça pouvait changer quelque chose pour elle que je vive plus près, alors pourquoi pas. Après tout, plus grand chose ne me retient ici désormais et nouvelle ville, nouvelles opportunités — autant au niveau professionnel que personnel. J'y vois moins de désavantages qu'à une autre époque, alors j'étudie les possibles. Même si ce n'est probablement pas la période révée pour chercher un nouveau travail. D'autre part je n'ai absolument pas les moyens de me payer un nouveau déménagement pour l'instant. Là j'en suis plutôt à essayer de revendre tout ce que je peux sur eBay, afin de combler mon découvert récurrent à la banque. Triste monde.

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