Congé
Moi qui pensais également participer à grossir la statistique, me voilà finalement excusé du peu, ne faisant désormais plus partie du Français sur deux privé de vacances cette année — ah, dieu bénisse les sondages, pour le maigre réconfort qu'ils apportent parfois dans la pitoyable vacuité intellectuelle de nos existences moribondes, nous consolant ainsi de ne pas être, dans notre malheur, si seuls. En plus, pour une fois, je ne me suis occupé de rien. Et si je dois avouer quelques scrupules à laisser les autres gérer la logistique, chercher une location, appeler les propriétaires, j'éprouve un certain soulagement à n'avoir eu qu'à opiner que du chef à toutes leurs suggestions, à me contenter du rôle d'inspecteur des travaux finis, à constater qu'ils se débrouillent très bien sans moi.
C'est samedi en huit que nous descendons, du côté de La Rochelle, pour une petite semaine entre couilles, suivant l'expression consacrée — avec deux confrères, spécialistes du lever de coude. Voilà qui augure donc du meilleur comme du pire, le pire faisant évidemment largement partie de nos objectifs. Heureusement, les jours suivants devraient être plus calmes, je dois les passer ici à Nantes avec ma petite soeur. Des concerts, des restaus et probablement quelques excursions sur la côte — du repos, de la bonne compagnie et une eau à seize degrés, que demande le peuple...
Je ressens malgré tout une impression étrange, comme si rien de tout cela n'était réel. Le fait que je n'aie personnellement rien planifié joue certainement beaucoup dans cette sorte de distance. Un peu comme si ces quinze jours n'étaient pas vraiment officiellement les vacances 2009. Si ça avait été le cas, j'aurais été bien plus sur le qui-vive. Surtout qu'à l'origine j'avais des plans, continuer à découvrir le monde, faire du wwoofing... S'ils ne sont pas encore complètement sortis de ma tête, reste le vague espoir de quelques jours de congés surnuméraires à poser en septembre.
- Posté à 00:40
- Sujet : Everyday Life
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