vendredi 11 septembre 2009

999

Le quotidien révèle parfois quelques bonnes surprises, un patio aménagé dans une véranda entièrement en bois donne en fond de cour sur une forêt tropicale miniature et tout de suite on se croit au bout du monde. J'en avais parfois eu l'intuition, la découverte de ce restaurant rue de l'Emery me l'a confirmée ; derrière nos façades nantaises pourtant si familières, blanches, bourgeoises et cossues, se cachent parfois de petits havres paradisiaques empreints de cette douce saveur que seuls laissent les endroits trop rares qui arrivent à t'extraire du quotidien. De ce neuf septembre j'aimerais retenir cette image d'un de nos derniers déjeuners avec Jill, qui du reste a officiellement quitté la société ce jeudi soir. Drôle d'impression, comme derrière sa façade de nantaise pourtant si familière, sérieuse, citadine et sophistiquée, on devine la vraie Jill, un peu susceptible, mais tellement attachante. Ikéa, compacts discs et séries américaines, peut-être finalement qu'on aurait pu être potes dans une autre vie. Je la quitte définitivement sur un énième trait d'humour vaguement décalé, un merci pour l'apéro qu'elle nous offre, un merci sous-entendu pour tout tout le reste.

Plus tard, Ségo et Yo passent manger à la maison. Avec le match en arrière plan, ils nous racontent les détails de leur voyage en Thaïlande et les mésaventures que réserve, parfois, l'amitié mise à la dure épreuve du quotidien. Je compatis. Ils me font le plaisir simple de quelques cadeaux (en avance) pour mon anniversaire, je leur fais montre de mes dernières expériences culinaires. Cette grande tristesse que j'avais ressentie entre eux, il y a quelques semaines déjà, est apparemment passée désormais. Et si j'ai ma petite idée, je ne saurai probablement jamais de quoi il s'agit vraiment. On boit, on rigole, on évite (presque) les sujets qui fâchent, un jour il faudra que je leur explique où j'en suis vraiment.

Si tant est que je soie capable de me l'expliquer à moi-même, m'avoué-je, comme je parcours le Facebook d'Elise — avec pas mal de regrets. Vingt neuf ans. Peut-être devrais-je arrêter de rêvasser et me résigner au seul choix raisonnable que tous les signaux pourtant me dictent.

Commentaires sur 999

Pas de commentaires (pas encore :)

  • Généré automatiquement le lundi 20 février à 05:19
Ajouter un Commentaire
Vos coordonnées :
Protection anti-spam?: