mercredi 28 octobre 2009

Deux de perdues

D'elles je peux à présent parler sans crainte, sans cette étrange appréhension que le seul fait de les évoquer suffise à me porter malheur, entre guillemets, à biaiser un début de relation, à pervertir un semblant d'entente. Sans crainte dis-je, parce que désormais elles sont loin, parce qu'elles sont distantes, dans l'espace, dans le temps — ou bien les quatre à la fois. Ces histoires je peux les raconter parce qu'elles sont devenues sans enjeu, presque étrangères, comme celles d'un personnage qui aurait joué mon propre rôle.

Il y a Sara et le hasard qui croise nos regards et nos sourires, un soir où c'est tramway parce que la flemme, et juste avant qu'elle ne descende, un hochement de tête comme pour dire, bonjour — Sara dont j'ai perdu la trace à la fin d'un été, ça fait presque deux ans, un peu par la force des choses, un peu parce qu'elle me rappelait trop de choses.

Il y a Leïla qui vient briser la glace après quelques oeillades hésitantes, dans cette soirée au bout du monde où je ne connais (presque) personne ; c'est la soeur de, je suis le cavalier de, quelques verres, quelques points communs, deux ou trois anecdotes amusantes, qu'est-ce que je ne sais pas m'y prendre avec les filles... Leila, elle, en bonne parisienne, chasse, quand bientôt sa proie fait son entrée dans la pièce, avec un peu de retard, suffisamment en tout cas pour qu'elle se jette littéralement dessus.

Je reste dans mon coin. Je regarde les gens vivre.

Commentaires sur Deux de perdues

Pas de commentaires (pas encore :)

  • Généré automatiquement le lundi 20 février à 05:26
Ajouter un Commentaire
Vos coordonnées :
Protection anti-spam?: