dimanche 31 janvier

Un dîner pas si parfait

Je pense avoir atteint les limites du concept. Autant j'arrive à peu près à gérer quand il y a beaucoup de monde, merci l'apéro-dinatoire, solution de facilité certes, mais qui a fait ses preuves ; autant, dis-je, j'arrive à m'en sortir quand il s'agit de servir entrée-plat-dessert à quatre ou cinq personnes, à force d'organisation et de préparé-à-l'avance — j'ai désormais appris que combiner les deux approches tient du défi insurmontable. La faute à des non confirmés arrivés à la dernière minute et à un menu trop ambitieux — le plat surtout, éprouvé une seule fois. Panique en cuisine, pas assez de couverts pour tout le monde, cuisson mal assurée, et autres casseroles qui débordent ont fini de rendre ma prestation très décevante.

En dépit des commentaires rassurants des convives, les anciens du club photo, Christine et son ami, Julie et Philippe, chacun fidèle à soi-même, adorables et délurés, posés et réfléchis. En revanche pas du tout adeptes du dîner pris sur des coussins autour de la table basse. Peut-être un problème de mode, peut-être un souci de génération. Les plus débrouillards, assis sur le canapé, s'étiraient de toute leur longueur pour atteindre leurs verres ; je voyais consterné les autres se tortiller à la recherche d'un équilibre plus ou moins confortable.

Pour la décoration de l'appartement 7, pour la cuisine 4. Pour l'ambiance 2.

Une sorte de froid, un bruit de fond, causé par une embrouille latente entre les précédemment cités et le mari de l'arrivée de dernière minute — dont la présence n'était pas espérée. Comme ce ne sont pas des gens que je connais assez pour dédramatiser, je me suis réfugié dans la boisson. Erreur ultime, j'ai perdu le contrôle au lieu de recadrer quand il aurait fallu et tenir ma soirée, comme un bon hôte aurait dû savoir faire.

Au lieu de cela j'ai sorti le Uno et c'est parti dans une demi-engueulade, pas si second degré que cela.

Je suis déçu. C'est une première. Tout n'était pas de ma faute, mais j'ai bien loupé quelques points.

mercredi 20 janvier

Si je veux

Je m'étais fait la remarque à propos des émissions de télé, le premier détail qu'on donne pour présenter les candidats, enfin le second techniquement, après les indispensables nom-prénom, ce détail, dis-je, c'est leur métier. Guy est taxidermiste, Colette videuse de poisson... Je constate, j'acquiesce : après tout c'est assez révélateur, en fin de compte ça indique pas mal de choses ; ce qu'ils font dans la vie — pour reprendre les propos de Jean-Luc Reichmann. Et je repense à cette discussion que j'avais eue, avec elle, sur le mélange vie privée-vie professionnelle. Bien souvent la seconde déteint, déforme, détourne la première, bien souvent on les assimile et on les entremêle — mais c'est en bien comme en mal, du reste, pour être totalement honnête.

Avouons, je n'échappe pas à la règle, tant ces derniers temps je semble exclusivement ne me définir ici que par rapport à mes aventures professionnelles. Mes aventures angevines. Ce qui n'est pas totalement sans me déplaire, comme je l'ai déjà expliqué. N'eurent-été les deux heures quotidiennes de trajet. Pour dire, là-bas, même les jolies filles (et Dieu sait qu'il y en a) sont abordables. Après je reste Yvan, informaticien, il ne faut donc pas non plus espérer de miracles.

Comme j'aurais aimé, moi, naître Yvan auteur-compositeur ou vivre Yvan artiste-peintre. Un métier à deux facettes, avec un trait d'union. Non, je dis ça pour frimer, je ne saurais tenir ce genre de discours plus de cinq minutes. Lorsque je suis moi-même passé dans le petit écran, j'ai déclaré être artisan-charcutier. Peut-être ça avait plus de sens, quelque part.