D'autres vies que la mienne
Un avis mitigé, si le début du livre m'a largement enthousiasmé, j'ai été un peu moins séduit par certaines tirades traînant trop en longueur et par un final plein de bons sentiments tout aussi rébarbatif. Évidemment, cette première partie, pour moi encore complètement imprégnée de souvenirs, avait quelque chose de grisant: ces noms, ces descriptions, ce voyage je l'ai aussi fait et il m'a également marqué - pas pour les mêmes raisons, les circonstances n'étant fort heureusement pas les mêmes. Mais j'y retrouvais le confort familier du terrain connu, ce pays: le Sri-Lanka, et une sorte d'ambiance complice qui ne faisait qu’exalter un récit qui s'annonçait prenant. Et soudain, sans qu'on n'en saisisse trop la motivation, le livre se transforme. Sans réellement de transition, voici la juxtaposition un peu capillotractée de deux séries d’événements qui n'ont en commun que leur côté morbide. Du témoignage captivant de touristes occidentaux sur le raz-de-marée de 2003, on passe aux tribulations provinciales d'une vie de famille intellectuelle petite bourgeoise, touchée par un drame qu'on peut certes qualifier d'atroce. L'amitié, les rencontres, la maladie, des thèmes intéressants - il y a notamment quelques passages captivants sur le fonctionnement de l'institution judiciaire (les protagonistes sont magistrats) - mais on a en fin de compte du mal à faire le tri. Entre les histoires, entre les personnages, entre le récit et les souvenirs. On dirait de l'écriture automatique, relevant parfois presque de l'expiation, et on se perd dans le projet sans unité d'un livre fourre-tout, projet pourtant défendu par l'auteur au sein même de son ouvrage. On ne sait pas où il veut exactement en venir. Peut-être nulle part.
- Posté à 22:28
- Sujet : Livres
- Permalien vers D'autres vies que la mienne
Pas de commentaires (pas encore :)