Somewhere
Difficile de ne pas y voir qu'un bête copier-coller de l'univers Sofia Coppola transposé au monde de Hollywood. Le portrait qui en est d'ailleurs fait, au travers de cet anti-héros aux journées sans relief, caricatures d'une oisiveté pourrie par l'argent, n'est guère reluisant. Le milieu des acteurs et des stars de ciné y est sévèrement décrié comme vain, mesquin, sans profondeur ni aucune subtilité. Évidemment cette paresse languissante est prétexte à ces grands plans contemplatifs où il ne se passe vraiment pas grand chose, dans le plus pur style Coppola; à un point presque caricatural, parfois on se demande si ce n'est pas de la provocation. Il faut par exemple oser, dès le plan d'ouverture, proposer cinq minutes de la vision d'une Ferrari tournant en boucle sur un circuit au milieu du désert. Après, on aime ou on aime pas, on apprécie l'absence de rythme ou on prend son mal en patience - car ce qui vaut malgré tout le coup, c'est la performance salvatrice de la rafraîchissante Elle Fanning, à la fois délurée et subtile dans son rôle de pré-adolescente, légèrement Lolita sur les bords. Et le fourmillement de détails cachés dans chaque scène, qu'on imagine évidemment mûrement réfléchis et qu'on joue presque à chercher comme dans "où est Charlie", tout ce qui contribue à reconnaître cette fameuse patte entre mille. C'est une qualité et c'est un défaut. Enfin, la bande originale est malheureusement un peu en retrait alors forcément on est un peu déçu. Au bout du compte c'est peut-être l'impression qu'il m'en restera.
- Posté à 22:53
- Sujet : Cinéma
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