mardi 05 juillet 2011

Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence

Les critiques trop dures envers ce dernier épisode me semblent injustifiées. Mais je peux comprendre des manifestations d'animosité, à voir cette fantastique trilogie légèrement galvaudée par les considérations bassement mercantiles qui ont conduit à cette nouvelle série de films.

On prend les mêmes et on recommence, avec les mêmes effets qui ont fait le succès des trois premiers épisodes: cascades invraisemblables, humour décalé et auto-dérision. Ils sont peut-être sur-dosés, comme les ingrédients miracles d'une recette qu'on pense pouvoir recopier à l'identique...

Manque ce souffle épique des deux premiers volets, qui selon moi avait déjà disparu du troisième, beaucoup plus sombre et étouffant. Les nouveaux personnages (Cruz, Mc Shane) manquent totalement de charisme, sans parler de cette pitoyable intervention mélodramatique largement dispensable.

Bon. Je me rends compte que je n'y vais pas non plus avec le dos de la cuiller. Mais qui aime bien châtie bien. Il reste ce vrai sens du spectacle et on rit toujours autant avec le loufoque Jack Sparrow.

jeudi 17 mars 2011

Fighter

La multiplicité des niveaux de lecture fera qu'il plaira sans doute à beaucoup: aux amateurs de sport, d'action et de come-backs miraculeux comme aux curieux de cette autre Amérique, celle des villes moyennes, du quotidien quelconque, de la prostitution et des pipes à crack. En résumé: vous pouvez y amener votre petite copine.

Certes, Fighter n'en reste pas moins un patchwork curieux de thématiques déjà beaucoup vues par ailleurs et c'est peut-être là son principal défaut. Même sous le couvert de l'histoire vraie, difficile de ne pas lui reprocher un léger manque d'originalité, tant on se sent en terrain connu: le milieu de la boxe, le désir de rédemption, le poids souvent trop pesant du contexte familial.

Cependant on apprécie la mise en abîme, ce film qui est tourné dans le film et qui apporte, au delà de sa propre ironie, une distanciation rafraîchissante d'un sujet potentiellement casse-gueule - la drogue. On apprécie aussi le rythme des scènes de combat, sobres, efficaces sans jamais être répétitives, les réflexions sur la prison, la fidélité, la renonciation.

Christian Bale est plus que convaincant, tantôt en dandy hilare et complètement allumé, tantôt en personnage sombre et énigmatique qui garde, pour lui et malgré lui, le bénéfice du vouloir bien faire. Sa prestation élève énormément le niveau du film. Les seconds rôles sont aussi interprétés à merveille, toujours justes dans cette description cruelle d'une société désœuvrée, navrante de préjugés, accrochée comme une morte de faim à la moindre lueur d'espoir, qu'importent les risques pour soi et pour les autres.

Pour conclure, plutôt une bonne surprise, donc, éclipsée par les grosses sorties de ces dernières semaines.

samedi 26 février 2011

Black Swan

J'évacue rapidement les quelques points négatifs qui ne font de Black Swan qu'un très bon film et pas une référence absolue. Tout d'abord la présence étouffante de la partition de Tchaïkovsky, quelque sublime qu'elle soit, et même si cette présence est mise en abîme dans la bouche même de Cassel. « Bâché et rabâché » ironise-t-il, je regrette alors d'autant plus n'entendre que ça, j'aurais préféré le contrepoint salvateur apporté par un Mahler, par exemple, dans le Concert de Mihaileanu. Quant à Cassel justement, c'est son absence que je trouve dommage. Une toute autre prestation que celle de ce Don Juan mal fini et sans aucune subtilité aurait apporté une toute autre dimension au film.

Et ne lui cherchons pas de circonstances atténuantes. Mila Kunis, par exemple, incroyablement juste dans cette ambivalence entre jeune ingénue et perverse absolue, rôle qu'elle tenait déjà dans That 70's show, ne se fait pas, elle, éclipser par la performance démentielle de Nathalie Portman. Car il fallait que cela soit dit, évidemment. Et son oscar ne fera selon moi que parachever la reconnaissance des multiples facettes de son talent et de ses choix artistiques. Tout cela lui est dû, elle est et restera dans mon panthéon des actrices américaines. Avec Winona Ryder, dont la chute du personnage n'est pas, elle non plus, sans une certaine ironie.

Quant au reste, que dire? La mise en scène est maîtrisée, jamais gratuite, flippante quand il le faut, pas toujours originale mais troublante, perturbante à l'envi. Pas non plus excessivement malsaine, maîtrisée c'est vraiment le mot. Et puis la 3D apporte... non je déconne. En fait, je n'ai pas grand chose à ajouter, à part des banalités du genre, génial, cool. Donc je vais arrêter là.

dimanche 09 janvier 2011

Somewhere

Difficile de ne pas y voir qu'un bête copier-coller de l'univers Sofia Coppola transposé au monde de Hollywood. Le portrait qui en est d'ailleurs fait, au travers de cet anti-héros aux journées sans relief, caricatures d'une oisiveté pourrie par l'argent, n'est guère reluisant. Le milieu des acteurs et des stars de ciné y est sévèrement décrié comme vain, mesquin, sans profondeur ni aucune subtilité. Évidemment cette paresse languissante est prétexte à ces grands plans contemplatifs où il ne se passe vraiment pas grand chose, dans le plus pur style Coppola; à un point presque caricatural, parfois on se demande si ce n'est pas de la provocation. Il faut par exemple oser, dès le plan d'ouverture, proposer cinq minutes de la vision d'une Ferrari tournant en boucle sur un circuit au milieu du désert. Après, on aime ou on aime pas, on apprécie l'absence de rythme ou on prend son mal en patience - car ce qui vaut malgré tout le coup, c'est la performance salvatrice de la rafraîchissante Elle Fanning, à la fois délurée et subtile dans son rôle de pré-adolescente, légèrement Lolita sur les bords. Et le fourmillement de détails cachés dans chaque scène, qu'on imagine évidemment mûrement réfléchis et qu'on joue presque à chercher comme dans "où est Charlie", tout ce qui contribue à reconnaître cette fameuse patte entre mille. C'est une qualité et c'est un défaut. Enfin, la bande originale est malheureusement un peu en retrait alors forcément on est un peu déçu. Au bout du compte c'est peut-être l'impression qu'il m'en restera.

dimanche 20 décembre 2009

Une claque

Point.

C'est vrai que de nos jours, on ne peut que se sentir blasé par les plans marketing, les produits dérivés, la communication à outrance faite autour des quelques grands rendez-vous cinématographiques de l'année — autour de ces quelques monstres sacrés, décrétés d'office comme tels ou auto-proclamés, selon le point de vue. C'est vrai aussi qu'à douze euros la place (pour la version 3D avec lunettes) on peut comprendre cette impatience nerveuse, presque psychotique, d'un public chauffé à blanc par des semaines d'attente et de bandes annonces, comme il trépigne dans la file toujours trop longue, certains pour leur seule séance de l'année. On comprend aussi leur exigence et, pour certains, l'avis définitif qu'ils ont édicté, avant même d'avoir pénétré la salle.

Mais on apprend à voir au delà de tout ça. Après soixante autres films en 2009, on apprend à passer outre. Pour mieux se plonger dans une vision, dans cette vision, allégorie de notre relation à notre mère-nature, à notre propre nature également, d'êtres humains, à notre histoire passée et à venir. Et force est d'avouer qu'on est impressionné par l'esthétique, très réussie, de l'environnement ; on est subjugué par ce qu'on ne peut qualifier que de délire artistique et créatif — et en tout premier lieu la faune et la flore de la planète extra-terrestre, superbe, colorée et surtout riche, cohérente, crédible.

Avatar est un vrai défi à l'imagination. La maturation tant vantée du projet transpire derrière chaque plan, tant on devine comment tout a été pensé, étudié, documenté, de la plus simple des espèces indigènes à la plus complexe des machines de guerre humaines. On perçoit à peine l'incroyable patience qu'il aura fallu pour concevoir et amasser chacun des détails qui fourmillent à l'écran.

Bien sûr, durant ces deux heures et demie, malgré un montage énergique et sans doute éprouvant, certains passages sont moins intenses, moins divertissants ; et quelques autres, trop caricaturaux, trahissent un formatage trop hollywoodien et, bien sûr, grand public.

On en revient ainsi à la loi du plus grand nombre. Mais de toutes façons, en fin de compte c'est bien lui qui a raison. Et, ma foi, voilà qui m'arrange, cette fois je suis bien de son avis. Le dernier James Cameron fait travailler les sens et vibrer une vielle corde qui rappelle ses meilleurs opus.

samedi 10 octobre 2009

Le syndrôme du Titanic

Le film est intéressant artistiquement ; pas de la même façon que Home, désolé la comparaison était inévitable, les images jouent plutôt sur les enchainements de symboles, les répétitions de couleurs et de formes — genre juxtaposition lampadaires-lumière des étoiles, fondu rivières-vaisseaux sanguins, etc. Il multiplie aussi les séquences choc, comme ces namibiennes en costume traditionnel, revenant de leurs courses au supermarché dans leur habitat naturel, se faire papparazzer moyennant finance par la foule béate des touristes de masse.

Cependant, et ces quelques exemples suffiront pour s'en convaincre, difficile de ne pas relever les défauts d'un film catalogue dont on ne retient au final rien d'essentiel. Quel constat, quel message, au delà de la simple énumération des dérives de nos sociétés modernes, uniformes et occidentalisées ? La lecture de chaque situation suffit certes à émouvoir mais ne semble cependant pas vraiment pousser à l'interrogation ou, mieux, à la (ré)action. Et le ton désastreux de fatalisme du commentaire de Nicolas Hulot, déprimant de résignation, n'incite pas plus à rentrer dans le film. Comment alors ne par tiquer sur les deux ou trois errements ou approximations scientifiques, le catalogue se transformant au fil des minutes en panier fourre-tout, dans lequel on entasse pêle-mêle sur-consommation, fanatisme religieux, catastrophes naturelles et jeux vidéo.

Bon. Il faut le voir pour le croire, voilà un lieu commun qui résume bien mon opinion, au premier comme au second degré. Si la multiplication des signaux d'alarme participe de la prise de conscience globale alors tant mieux, il faut encourager ce mouvement. Je ne peux cependant pas réfréner une pointe de cynisme concernant la démarche de l'animateur télé en particulier, de ces tout nouveaux grands amis de mère-nature en général — et j'avoue que la pub d'avant séance pour le Q7 TDI, qui grâce à son nouveau pot catalytique rejette moins de particules cancérigènes dans l'atmosphère, n'y est pas étrangère. J'espère sincèrement qu'on puisse dépasser le stade de la mode et que cette soi-disant prise de conscience devienne réelle et durable. Il ne s'agit pas juste d'acheter un 4x4 hybride parce que ça brûle moins d'essence, si je continue sur mon exemple, il faut se rendre compte qu'acheter un 4x4 en soi c'est aberrant pour un citadin, quand on compte les tonnes de métal, les millions de litres d'eau, la consommation électrique pour sa production.

Aujourd'hui chacun y va de son petit geste pour l'environnement, de son petit article de blog (sic) savamment intégré dans un plan de communication mûrement réfléchi pour coller à l'ère du temps. Mais cela ne doit pas masquer l'essentiel, cela ne doit pas excuser les comportements abusifs et soulager les mauvaises consciences. On ne peut plus se contenter de sauver les apparences. Il ne s'agit pas juste d'acheter un 4x4 hybride pour diminuer son impact carbone, il faut aussi arrêter de prendre sa voiture pour aller acheter le pain.

lundi 13 juillet 2009

State of Play

C'en est presque dommage, qu'il y ait autant de films de ce genre, ça en vient presque à occulter le fait qu'ils soient tous, dans l'ensemble, assez bons. Et je comprends d'autant plus ce sentiment de lassitude qu'on m'exprime parfois ; il remet inévitablement en cause l'intérêt même de débourser à nouveau neuf euros pour une soit-disant énième variation sur un thème identique — celui du thriller politico-financer à l'américaine, campé invariablement par un Russel Crowe ou un Matt Damon (voire les deux ensemble). C'en est presque dommage dis-je, car de Syriana, Good Sheperd à Bodies Of Lies, voilà des longs métrages bien mis en scène, avec un scénario en place, qui posent en plus de vraies interrogations sur les rouages d'une société américaine qu'on apprend malgré tout à appréhender, via le prisme certes déformant des studios hollywoodiens.

Jeux de pouvoir, dernier en date d'une longue série, me rappelle surtout L'affaire Pélican par son ambiance et ses rebondissements. Et au delà des inévitables théories du grand complot, la force du film est d'aller jusqu'à remettre en cause, par introspection, les motivations mêmes de ses propres personnages. Et de poser de vraies interrogations. Je me demande comment le public outre-Atlantique reçoit ces productions, même si leur intrigue est inventée de toutes pièces. Est-ce qu'ils se posent les mêmes questions que nous sur les dérives de leur démocratie, où les journalistes font le travail des policiers ; sur les errements intrigants d'une administration aux objectifs parfois contestables, sur les conflits d'intérêt auxquels inévitablement conduit le culte de l'argent roi, du profit maximum, de l'initiative privée ? Et à l'inverse n'est-il pas fascinant et salutaire de voir comment cette même démocratie, au travers de ses artistes, s'autorise ainsi à douter si ouvertement — et aussi souvent — de son propre fonctionnement, la politique, les lobbys et ces organisations secrètes dont on ignore tout ?

Chacun de ces films a le mérite d'exister, de chercher à dire quelque chose — en évitant évidemment de ne les lire qu'au premier degré. En plus, comme je l'ai dit, ils ont une vraie qualité intrinsèque. Voilà donc pourquoi je les apprécie — et les défends.

samedi 01 novembre 2008

A la chaîne

Encore une semaine à cent à l'heure, alors que je ne me suis même pas livré à la moitié des occupations auxquelles je me livre d'habitude — puisque, vacances scolaires obligent, quasiment toutes les associations étaient fermées. Parfois je me demande après quoi je cours, à galoper ainsi de club en club, de salle en salle, de groupes en groupes — alors qu'en fin de compte, peut-être devrais-je plutôt me demander ce que je fuis. Bref.

Dimanche dernier, Kévin et moi étions à la manche nantaise du France Poker Tour. Pour notre premier vrai grand tournoi en live, quatre cent joueurs étaient réunis sur une quarantaine de tables, avec du matériel de qualité, de jolies hôtesses et une organisation en conséquence. C'était assez plaisant et ça changeait de la traditionnelle cacophonie des tournois amateurs. Le hasard m'a donné le privilège de m'asseoir, pour ma première partie, à côté de Michel Abécassis — spécialiste français s'il en est. C'était, comment dire, particulier, un peu surréaliste en fait, de voir se matérialiser à quelques mètres de soi cette sorte d'icône en papier glacé que l'on n'a appris à connaître qu'au travers des émissions télé. C'est la même personne et pourtant on dirait quelqu'un d'autre, tant sa présence, qui démontre de fait qu'il existe en chair et en os, est en complète contradiction avec l'habituelle image, qui elle cesse de vivre dès la minute où l'on éteint le poste. L'histoire retiendra que je me suis fait éliminer dans les premiers tours, au bout de seulement quelques heures, la faute à un jeu trop forcé que je m'étais imposé afin d'augmenter le plus vite possible mon tapis et mes chances de revenir le deuxième jour.

Mardi, je remettais ça, cette fois-ci avec mes collègues. Un de ces jours il faudra que je prenne le temps de vous faire un petit topo sur mes nouveaux collègues — et pas seulement les prestataires anonymes avec qui je travaille tous les jours, mais également mes collègues de l'agence, bien plus intéressants, que je ne vois malheureusement que par intermittence. Nous avons joué à Himalaya, un jeu de plateau aux règles assez astucieuses, qui mélangent stratégies de collecte de ressources et de conquête de territoire — un peu comme un bon vieux STR, mais pour de vrai avec des petits pions et des petits jetons. En rentrant, j'ai eu la mauvaise surprise de constater qu'on avait essayé de forcer la serrure de mon scooter. Impossible de réouvrir le coffre et de récupérer mon casque, du coup je suis rentré tête nue. Là je dirais bien, heureusement que je n'ai pas croisé de flics, la vérité approcherait plutôt d'un heureusement que je ne me suis pas éclaté la tête la première contre un trottoir. Ce qui devrait finir par arriver d'ailleurs, le lendemain à Leclerc. Je suis en effet encore tombé de selle, après une mauvaise glissade sur une bande blanche d'un passage piéton détrempé par la pluie. Le garagiste doit bien rigoler à chaque fois que je lui ramène Alessandro pour redresser le guidon et resserrer les chromes.

Et tant qu'on est dans le détail de mes folles aventures, la semaine a été plus que rythmée par le feuilleton Yvan, aura, n'aura-t-il pas son crédit immobilier ? En fin de compte mon père a eu l'occasion de voir directement avec le banquer ce qu'il était possible de faire, ce qui compte tenu du porte-feuille qu'il a chez eux, n'a apparemment pas dû poser de problèmes. L'argent devrait être débloqué vers la mi-novembre, pour une signature dans la foulée. D'un côté c'est frustrant, parce que je n'aurai absolument pas le temps de terminer les travaux avant le déménagement (merci les samedi feriés et le week-ends perdus devant les magasins fermés) — quelque part ce n'est pas si mal non plus, puisque ça décale mon prêt d'une mensualité. Du coup je n'aurai même pas eu à cumuler remboursement et loyer, ça me laisse les coudées plus franches pour la suite des évènements — notamment la négociation d'un crédit pour la cuisine, qui s'annonce encore plus folklorique.

Ce midi, déjeuner avec Mathieu, Martin et JC, au Beckett's, un restaurant irlandais au pied de la tour, cadre agréable qui se veut sans doute typique — mais je n'en sais rien, je suis jamais allé en Irlande. Toujours est-il que la nourriture est très bonne, j'ai été agréablement surpris par un cake à l'indienne dont la description peu ragoûtante m'a légèrement inquiété de prime abord, alors que servi avec sa salade et une petite sauce sucré-salé, c'était plus que correct. En dessert, un cheesecake, un vrai, fait maison, la part était trop petite, servie avec un thé de Chine. Bonne adresse. Faut-il mentionner les deux demis que j'ai bus, sans que ça ait même eu d'effet sur la productivité de mon après-midi ? Non, je ne pense pas. Sérieusement, il y a quelques mois, autant de bière à déjeuner m'aurait fait piqué du nez dès quatorze heures trente. Il faut croire que j'ai pris le pli.

Enfin, ce soir, petite séance avec Kévin et Steph. Nous sacrifiions à ce nouveau rituel qui consiste à aller voir le dernier James Bond dès sa sortie. Kévin a un peu été déçu par la tournure trop spectaculaire que semble vouloir prendre la série — le côté frénétique des premières séquences lui donne sans doute raison, en particulier ce montage quasiment épileptique qui ne laisse que peu d'occassions d'apprécier l'art et la manière de fliguer deux ou trois DBS, comme ça, pour le plaisir, pour la beauté du geste. Personnellement j'ai moins de regrets pour le charme désuet des anciens films, pour moi c'est devenue une franchise à grand spectacle, qui désormais assume presque avec ironie son côté blockbuster-placement-produit. Et puis il y a ces touches esthétisantes qui forcément me parlent, les ralentis, les typos, Jack White, Puccini — malgré leur effet un brin tarte à la crème.

En sortant, on s'est goinfré un Mezzo Di Pasta, c'était cool.

vendredi 24 octobre 2008

Vilaine

Je ne me souviens pas avoir jamais été à une avant-première et d'y avoir eu la chance de croiser réalisateur et acteurs — ou alors si c'est arrivé, ça fait bien longtemps. Ce soir, donc, projection en exclusivité mondiale de Vilaine, en présence de Marilou Berry, Joséphine de Meaux et d'un des deux scénaristes, Allan Mauduit. Mélanie, gentille fille pas vraiment gâtée par la nature, vit sa petite vie entre brimades et humiliations, que son naturel trop avenant ne font qu'aggraver — jusqu'au jour où elle décide de se rebeller. Sur ce pitch un brin convenu vient se broder une comédie assez rigolote, naviguant entre parodie légèrement trash et humour noir assumé ; de nombreuses références, de nombreux clins d'oeil, quelques passages où on sent que les auteurs ont clairement voulu s'amuser. C'est drôle, oui c'est drôle, il y a des gags bien trouvés, parfois aussi on se force un peu à rire, face à des ressorts trop gros, mais dans l'ensemble ça passe.

Après le film donc, on a eu le droit à une petite demi-heure de causette avec les deux actrices et le metteur en scène, entre anecdotes de tournages et manière d'appréhender les rôles. Pas de photos, j'ai oublié mon 50 à la maison. Ce qui me dérange un peu c'est ce côté préparé, artificiel, dans leur attitude on sent qu'ils sont encore en représentation, comme ils donnent l'air d'avoir déjà réfléchi à leur répliques et à la manière de mener la discussion, l'échange avec le public. Du coup les rôles semblent prédéfinis à l'avance, les taquineries manquent de spontanéité, comme dans un sketch — j'imagine que c'est pour éviter le blanc, animer la salle, pour meubler et laisser un bon souvenir. En même temps ça ne doit pas être forcément facile, de tourner partout en France à faire les vendeurs de lessive, tous les soirs, sans prévoir un minimum de ficelles et de blagues de secours. Nous en tout cas on a passé un bon moment et on a envie de conseiller d'aller le voir. Je pense que tout le monde s'y retrouve.

dimanche 12 octobre 2008

Mouais

Vous savez bien ce que j'en pense, si je trouve les Woody Allen loin d'être tous transcendants, ne leur enlevons cependant pas le mérite de rester divertissants, enfin, la plupart du temps. Et si Vicky Christina Barcelona — énième redite sur le thème du triptyque amoureux, voire plus si affinités — s'il verse, donc, par moments trop dans le cliché, si certaines scènes paraissent scénaristiquement téléphonées, il n'y a pas grand chose à redire sur la forme, sur la réalisation et sur le ton, cette intellectualisation à outrance qui n'est pas pour me déplaire. Le casting est assez réussi, malgré une Scarlett Johansonn en demi-teinte, elle doit en avoir marre de toujours jouer le même rôle de fille perdue ; Rebecca Hall est, elle, admirablement juste, une belle découverte, pour ma part. Et puis j'adore toujours autant la langue espagnole.

C'est amusant car ce film lui aussi m'amène à réfléchir sur mes propres relations et finit de me convaincre que, décidément, je ne rentrerai jamais dans le moule. Enfin, si j'en viens à dire ça, c'est probablement aussi parce que je ne retiens bien du film que ce que je veux, que j'essaie moi-même de me convaincre. Me convaincre, l'expérience le prouve, que je n'ai absolument pas ce qu'il faut pour rendre quelqu'un heureux et, par voie de conséquence, me dire que je n'ai définitivement pas envie d'imposer mon ennuyeuse présence à qui que ce soit. Je ne veux pas devenir le triste compagnon de toute une vie de déception et d'actes manqués. Vicky, le personnage, émet des doutes quant à la monotonie annoncée de son avenir, cet avenir qu'elle a planifié probablement depuis toute petite, le mariage, la réussite, la maison, les enfants. Je ne veux pas qu'on puisse un jour me reprocher tout ça et, ce que je m'inflige à moi-même au quotidien, cette bête lassitude qui se reflète parfois dans le regard des pauvres gens qui ont le malheur de souffrir ma personne, personne, non, ne mérite de le vivre sur le long terme. Car vous connaissez le dicton, mieux vaut être seul que mal accompagné — je le retournerai pour ma part complètement, mieux vaut être seul, qu'accompagné par moi.

mardi 26 août 2008

In and out

Je reviens du Quick, un menu Dolce Coppa avec une maxi frite et un maxi coca-zéro, plus un muffin au caramel. J'ai donc grosso modo un million de calories dans le ventre, je pète la forme, je pourrais courir un marathon. Hier soir, c'était la même chose, je me suis fait livrer un speed-burger avec des beignets de calmars et des accras de morue en extra, plus un Frusi — et une salade verte (véridique) En fait j'ai l'impression d'avoir un problème avec la nourriture. Je commence probablement à payer le contre-coup de ces x dernières semaines ou je n'ai quasiment rien mangé — pour préparer l'été, alors que l'été est terminé depuis officiellement deux mois (ironie) Et quand je dis x, c'est que je ne sais vraiment pas depuis combien de temps je fais ça : je me contente de deux vrais repas par jour et je ne mange quasiment rien le soir, genre un fruit ou un yaourt. Au début j'avais faim et puis, c'est passé — sauf que maintenant j'ai l'impression d'avoir tout le temps le ventre vide, même après m'être goinfré de junk food à m'en rendre malade. Du coup je mange, beaucoup plus, et beaucoup plus de cochonneries. Pour l'instant ça reste raisonnable et sans vraiment de conséquences, mais j'ai un peu peur d'avoir déréglé quelque chose et que ça dégénère. Il va peut-être falloir que je consulte, vraiment.

Juste avant ça, j'étais à l'avant-première de Happy Go Lucky — film drôle et sans prétention qui, je pense, est censé vouloir vous donner envie de croire dans la vie et de profiter de ce qu'elle a à vous offrir. Vaste programme. Mais les arguments fonctionnent plutôt pas mal. Comme je mourrais envie d'aller aux toilettes à la fin de la séance, j'ai discuté avec le premier venu que j'y ai croisé, c'était amusant. D'ailleurs, c'était aussi la première sortie OVS que j'organisais. Ce n'était pas trop compliqué à gérer, vu qu'une seule personne a répondu à l'invitation. Pas grave, ça permet toujours de travailler son relationnel.

Et sinon en vrac : les bus de nuit c'est cool, j'ai revendu pour deux cents euros de vieilleries sur eBay, j'ai enfin commandé mon scooter et La Fille de Monaco est très décevant, surtout la prestation de Lise Bourgouin.

samedi 16 août 2008

The Dark Knight

Enfin, quelque chose d'intéressant. En fait, je ne sais pas vraiment quel miracle est à l'origine de la résurrection de la série, quand je repense au volet précédent, mêmes acteurs et même réalisateur, je me dis que c'est peut-être simplement un coup de chance — mais en tout cas voilà un opus qui mérite à nouveau de retourner voir Batman au cinéma. Et pour ceux que ça inquiéterait, si l'effet Heath Ledger aura certainement un impact sur les entrées du film, sa présence posthume n'a pas d'influence exagérée sur le long métrage ; je veux dire, tout n'a pas été réorganisé de manière malsaine pour lui faire une place plus importante qu'elle n'aurait dû, même si quelques scènes prennent, a posteriori, une légère connotation. Dommage également que la dernière demi-heure soit aussi laborieuse, tant elle traîne dans des longueurs pas vraiment dans le rythme du début du film. Car à part ça on en prend plein la vue, c'est ce qu'on demande, avec une forme de classe et d'élégance. Les grands canons du genre sont respectés, des voitures, de la castagne, des explosions, mais pas de sexe. Le ton lui est sérieux, très sombre, encore plus que Batman Begins, The Dark Knight se veut posé, introspectif, réfléchi. Et c'est ce qui en fait une belle réussite, lui apporte une certaine profondeur, en fait sûrement le meilleur blockbuster de la saison. Entre parenthèses, je suis d'ailleurs étonné, malgré leur profusion (de films de super héros notamment), par la qualité générale de ce qui est sorti des grandes maisons Hollywoodiennes ces deux derniers mois. Avec la météo qui suit, décidément un excellent été pour les marchands de glaces et de pop-corn.

jeudi 31 juillet 2008

J-30

Décidément, j'adore cette ville et, à vrai dire, je trouve qu'elle me le rend bien. Et tant pis pour le mauvais temps, finalement on n'en apprécie que plus les quelques rares moments ensoleillés. Quand arrivaient les beaux jours, je me plaignais souvent du doux ennui qui régnait sur Nantes, la belle endormie. En réalité depuis quelques temps ça a pas mal évolué, plutôt dans le bon sens : on voit du monde en ville, ce n'est certes pas noir de monde comme pendant les soldes, mais il y a pas mal de choses à faire pour ceux qui restent l'été, des expositions, des concerts gratuits, du cinéma en plein air. Hier soir, nous sommes allées voir Carnets de voyage, road-movie latino-américain, sur fond de prise de conscience politique et de révoltes paysannes. J'ai été surpris, je l'avais évité à sa sortie par peur de la grosse tarte à la crème, toute cette symbolique romantique, mièvre et dénuée de réflexion, que véhicule à tort l'image d'Ernesto Guevara. Bon c'est un peu ça par moments, passons également sur le doublage, parfois exécrable, il faut mettre une chose au crédit de ce film : il donne furieusement envie de partir, d'enfourcher sa moto ou n'importe quel autre moyen de transport et d'aller visiter le monde, promener ses yeux innoncents sur toute la surface du globle pour voir de quoi il est fait. Je suis de plus en plus impatient que la fin du mois arrive et qu'on s'envole enfin, pour ces horizons lointains qui ont tant à nous apprendre. J'ai hâte.

samedi 26 juillet 2008

Meh

I love Linux. Ca me semble tellement gros que je me demande si ça a été testé. À part ça, je reviens du Plus beau jour du reste de ta vie.

Lire la suite...

vendredi 23 mai 2008

Le Royaume du Crâne de Cristal

Alors sans vous spoiler complètement la fin, moi je l'ai trouvé vraiment pas mal.

Lire la suite...

dimanche 27 avril 2008

Compte-Rendu

Petit bilan, après quatre mois d'abonnement à UGC Illimité. Avec vingt-six films vus, soit une moyenne de six films par mois, je tiens à peu près la fréquence que je m'en étais imaginée, même si ces derniers temps ça a un peu diminué. Mes deux principaux regrets, l'absence de certains longs métrages un peu moins consensuels — certes la programmation est parfois plus originale, mais pas suffisemment comparé à certaines autres salles, qui sont c'est vrai réellement spécialisées dans le cinéma d'auteur ou le cinéma étranger. Et justement, second reproche, tous les films ne sont pas systématiquement proposées en version originale, comme aux UGC de Lyon ou de Bordeaux. Je trouve ça assez étonnant, je pensais que c'était une stratégie de groupe. Parce qu'honnêtement avec le nombre de multiplex qu'il y a autour de Nantes (cinq au total) ce serait une bonne façon de se démarquer. Enfin bref.

J'en profite par ailleurs pour recommander très fortement Rec, parce que ça fiche bien les jetons et que c'est toujours une sensation jouissive. Bon après, savoir qui de la production espagnole ou de Cloverfield a copié sur l'autre, on s'en fout, l'approche Blair Witch des temps modernes est plus convaincante dans Rec. Et puis c'est surtout super plaisant d'entendre des acteurs hurler, s'engueuler et jurer en espagnol. Et si le scénario n'a rien de transcendant, j'ai bien aimé le côté décalé du début. Vite fait, pendant que je parle de scénario, difficile de ne pas voir dans Ca$h un Ocean's Eleven à la française, pas tant dans l'histoire (après tout l'original était déjà un remake) mais surtout dans la mise en scène et l'approche graphique et musicale. Même si ce n'est pas trop mal réussi dans le genre, bien qu'on soit complètement perdu à la fin — dans le mauvais sens du terme, comme à la fin de... Ocean's Twelve.

dimanche 23 mars 2008

The Darjeeling Limited

Une très belle direction photo pour un film qui me donne vraiment envie de partir, surtout en ce moment et malgré les quelques regrets qu'il me laisse, de ne finalement pas aller en Inde. Si le long métrage est vaguement empreint d'une pseudo quête symbolique qui est rapidement tournée en dérision, ce que je retiens avant tout c'est l'expérience exaltante du voyage et cette sorte de nostalgie éthérée qui va-et-vient entre les souvenirs d'une vie passée et la force du moment présent. Après un accident de moto, l'aîné de trois frères convoque ses deux cadets pour un genre de retrouvailles mystiques à bord d'un train, le Darjeeling Limited, qui vagabonde nonchalamment entre différents grands centres spirituels hindous. Avant tout c'est drôle, complètement second degré — et puis une fois de plus j'insiste, l'image est belle, même si les plans séquence au ralenti font parfois un peu too much, sans pour autant dénoter avec cette légère auto-dérision constante. J'admire également le sens du détail de certains plans où tout est mis en scène, jusqu'au petit garçon à l'arrière plan qui court avec son cerceau, et la beauté de toute cette esthétique de l'orient, malgré ses inévitables clichés. Vivement septembre.

samedi 26 janvier 2008

Ces derniers jours

Ca faisait maintenant un petit moment que je n'avais plus eu à subir d'examens, alors ça m'a fait un peu bizarre ce léger coup de stress, quelques moments avant le début quand tu as soudain l'impression que tu as tout oublié. La vérité c'est que ça s'est plutôt bien passé, j'avais tout bien appris par coeur, de façon presque maniaque, grâce au site Internet que m'a conseillé François. Ce qui est un peu vache c'est qu'il y a certains exercices auquel le prof ne nous avait pas du tout entraînés mais qui sont tombés quand même. Il faut alors croire que ma mémoire de la gestuelle et du spatial s'est améliorée depuis, puisque je n'ai séché que sur une ou deux positions. Résultats la semaine prochaine. Normalement je devrais avoir ma ceinture jaune, mais j'espère au moins un peu plus. C'est d'ailleurs dommage, parce que j'avais travaillé un peu plus que ce qui était demandé, mais nous n'avons pas été interrogés là dessus. Ce qui me décevrait un peu, ce serait d'obtenir la même distinction que certains autres que j'ai vu face au jury et qui n'était vraiment pas convaincants. Malgré tout ce que je peux dire, j'ai quand même une sacrée culture du résultat.

En attendant, je suis allé voir Sweeney Todd. Au début j'ai été sincèrement déçu  j'ai d'ailleurs cru que je n'arriverai pas longtemps à soutenir le rythme glauque de ce Marry Poppins sous anti dépresseurs. Il faut dire ce qui est, les premières chansons sont absolument ennuyeuses. Heureusement la suite s'améliore rapidement et au fur et à mesure que le texte devient plus élaboré le film gagne en intensité et en charme. Même si on ne coupe ni aux plans cul-cul ni aux rebondissements un peu prévisibles.

jeudi 17 janvier 2008

Considérations

Le premier Mac dont j'ai presque envie, depuis le LC que mon père avait failli acheter au début des années quatre-vingt-dix. Avec un écran couleur en plus, mais il fallait débourser presque vingt-cinq mille francs de l'époque. Finalement on s'est rabattus sur un IBM. Etrange coïncidence, là encore ce qui m'embête le plus c'est son coût, trois mille euros pour la version avec SSD, sans lecteur optique... Au prix où sont les machines, je peux comprendre qu'ils bradent leur Leopard. Mais voilà, entre le voyage au Sri Lanka et les nouveaux objectifs – merci à celle qui se reconnaîtra – mes finances ne peuvent plus guère me le permettre. Tant pis, j'achèterai probablement un Dell.

À part ça, on a donc réservé nos billets. Je pars avec Yoann, sa copine et François. Décollage prévu début septembre, presque vingt heures de trajet, en comptant une escale au Qatar. Direction, la jungle, les temples, les éléphants et les rebelles tamouls – hum. Entre nous j'aurais préféré l'Inde, mais il paraît que c'est beaucoup plus cher. Et puis j'avais une opportunité pour y aller en avril, pour accompagner un photographe professionnel, ça tombe assez mal. Dommage. Au niveau logistique, je ne sais pas trop comment on va s'organiser. Je n'ai même pas réfléchi au déroulement du voyage, finalement je ne les connais que très superficiellement. Donc pour l'instant tout ça a l'air bien irréel, je me suis décidé un peu sur un coup de tête, sans aucune information sur le pays j'ai excessivement de mal à m'y projeter – en fait il n'y a guère que le gros trou dans mon compte en banque, qui lui est bien palpable, pour me convaincre que ce n'est pas juste quelques mots en l'air sortis dans une discussion, comme je le fais souvent.

Je ramène un peu tout à l'argent, ce soir. Désolé.

Je continue mon orgie cinématographique, j'ai un peu peur de me lasser à force, mais pour l'instant ça va. Et puis il y a beaucoup de bons films qui sortent en ce moment, Charlie Wilson's War avec un Tom Hanks hilarant d'autodérision ; Lust, Caution même si je me méfie d'Ang Lee depuis Brokeback Mountain, Juno, No Country For Old Men, Sweeney Todd, la liste est longue. Honnêtement pour l'instant je ne regrette pas du tout cet abonnement. On verra pour la suite.

dimanche 13 janvier 2008

Top 3 des trucs qui m'énervent en ce moment

Le côté un peu trop pub pour une marque de chewing-gum d'Into the wild, sa morale trop consensuelle pour ne pas sonner faux-cul, du genre le paradis c'est les autres... Pourtant Sartre et Beauvoir c'est à la mode en ce moment, non ?

L'absence totale d'intérêt du scénario d'Atonement, insignifiant patchwork de scènes qui n'ont qu'un vague lien les unes avec les autres, uniquement copiées-collées dans le but de faire pleurer dans les chaumières, qui vient gâcher une excellente photographie, une bonne mise en scène, une bande son exactement en place, résumées magnifiquement ce génialissime plan séquence d'au moins cinq bonnes minutes, travelling interminable et impressionnant sur la débâcle alliée au début de la dernière guerre.

Ces journalistes qui se contentent en règle générale de paraphraser des informations parcellaires pour donner à la réalité le sens qui leur plaît le plus. Avoir accès à l'actualité en direct puis la voir paraphrasée médiocrement moins d'un quart d'heure plus tard, ça a quelque chose d'horripilant, de frustrant mais surtout d'inquiétant. À ceux qui rigolent du traitement du treize heures de Pernaud, qu'ils se convainquent que c'est une caricature qui n'est hélas que le reflet d'une tendance bien plus profonde.

vendredi 28 décembre 2007

Gone Baby Gone

Ca commence comme un bon film bien noir, un couple de jeunes détectives part à la recherche d'une gamine qui a disparu dans les quartiers populaires de Boston. En fait, je crois qu'on pourrait dire quartiers pauvres, tant la touche couleur locale est appuyée, avec son lot de drogués, de trafiquants, de paumés ; et aussi de gens tristement ordinaires qui au fond essaient juste de vivre leur vie. Comme si c'était un exploit ! C'est du troisième degré là. Comme clichés un peu faciles, il y a aussi l'affirmation des jeunes faces aux aînés, le bon flic et le mauvais flic, le mercantilisme des mass-media, une assez belle tartine. Bon. Généralement c'est le moment de ma prose où un mais solennel vient ponctuer le sempiternel changement d'avis grâce auquel je fais toujours rebondir mes articles. Alors voilà, l'idée c'est que le film pourrait facilement être coupé au bout d'une bonne heure, ça aurait constitué une belle histoire irrésolue, pleine de cynisme sur les bonnes intentions qui tournent et les mauvaises décisions qui parfois vont dans le bon sens. Mais non, le déroulement continue, les coups de théâtres se multiplient et soudain Gone Baby Gone sort la tête de l'eau pour prendre une dimension autrement plus profonde et intellectuelle. Comme questionner de façon intéressante notre vision du bien et du mal, nos actes et la pesante responsabilité qui en découle. Comme nous interroger sur la finalement incroyable fragilité de notre relation à l'autre, sur les choix qu'elle nous impose parfois. Sauf que la fin, un peu conventionnelle, m'a légèrement déçue. Ed Harris est excellent, je l'avais rarement vu aussi convaincant, même si c'est tout à fait son genre de rôles ; par contre Casey Affleck j'ai du mal. Sa voix m'énerve, je n'arrive pas à m'y faire. Cette sorte de grain façon vieux vinyle rouillé, c'était insupportable dans Jesse James, là c'est plus subtil mais ça me sort malgré tout par les trous de nez. Ben Affleck s'en tire pas trop mal à la direction, bien que certains plans soient ouvertement construits pour faire pleurer dans les chaumières. Mais bon, je recommande, malgré tout.

lundi 17 décembre 2007

A la croisée des Mondes

La petite histoire retiendra donc que, pour le baptême du feu de mon tout nouvel abonnement de cinéma illimité, je soie aller voir La Boussole d'Or, malgré un mal de crâne pas possible et un probable début de grippe. Vingt euros par mois, puisqu'en ce moment les frais de dossier sont gratuits, j'ai donc vite fait mon calcul : c'est rentable à partir d'une toile par semaine, voilà ainsi le rythme que je vais essayer de tenir. Bah, au pire je retournerai voir Ratatouille tous les dimanche matin.

Il y a des jours comme ça où il faut bien constater de façon assez désabusée, vivent les effets spéciaux quand-même, ça permet toujours de faire du remplissage à moindre frais. Certes, ceux de La Boussole d'Or ne cassent pas trois pattes à un canard, mais ils sont convaincants – surtout qu'en terme d'animation je reste sur une assez mauvaise expérience. L'autre aspect divertissant du film c'est le rythme assez soutenu, malgré de grosses ficelles dont la mise en scène est un peu trop téléphonée. Il faut aussi saluer une certaine profondeur tant au niveau de la mythologie et de la mystique de tout l'environnement, que sur le sérieux de certains thèmes abordés, le pouvoir et le contrôle des masses, les manipulations scientifiques – merci au bouquin cette fois, sans doute. Les points négatifs, Nicole Kidman est un peu trop caricaturale dans son rôle de gentille méchante qui ne sait pas bien où elle en est, sa première apparition rappelant une célèbre pub pour un parfum, quant aux gamins ils sont parfois complètement insupportables dans leur façon d'exagérer les traits de leurs rôles respectifs, que ce soit la pleutrerie ou un héroïsme un brin trop volontaire. Ça et le fait qu'ils n'aient pas pu s'empêcher de nous vendre le film comme un Seigneur-des-Anneaux-like, comme s'il ne se suffisait pas à lui-même. Même si sur le fond, ils ont raison, ça reste un gros film d'aventures pour grands enfants.

vendredi 07 décembre 2007

Le Coeur des Hommes 2

C'était un peu difficile parce que l'un des sujets du film concernait la volatilité des relations entre hommes et femmes et par voie de conséquence, le mensonge, les tromperies, l'adultère. Difficile parce que j'avais choisi d'y aller, malheureusement pas en connaissance de cause, avec Mademoiselle L., visiblement encore très remontée contre son ex. Par moments je sens que ça ne la fait pas vraiment rire, des fois aussi elle aura quelques remarques pleines de cynisme et d'amertume... Dieu merci le reste du temps elle l'aura passé à rire, je l'espère de bon coeur, face aux pitreries potaches de cette bonne vieille comédie de garçons. Je dis comédie de garçons parce que c'est parfois pas très élégant, souvent bien en dessous de la ceinture — j'avais envie de dire comme dans une bonne soirée entre mecs, mais elle me fera remarquer que dans le fond, on est tous un peu comme ça. Par moments trop caricatural, l'aspect mélo reste convaincant et vaguement touchant, il garde le mérite de ne pas dévier dans des travers moralistes trop manichéens. Les personnages restent des hommes, égoïstes et maladroits, faibles mais surtout drôles. Car il faut bien sûr tout prendre au premier degré. Mais après tout n'est-ce pas ce dont on avait besoin, une bonne rigolade entre amis, sans prise de tête ni arrière-pensées ?

samedi 01 décembre 2007

Marathon*

Honnêtement je trouve ça plus qu'étonnant qu'en 2007 on ose encore produire des films en image de synthèse aussi mal animés que cette Légende de Beowulf. Nous revoilà revenus cinq ou six ans en arrière, avec des pantins qui essaient de se dépêtrer tant bien que mal, malgré le balai qui semble coincé dans leurs fondements. Et c'est dommage, parce que le reste est plus qu'acceptable, il y a des plans-séquence avec d'excellentes idées, les plus beaux étant malheureusement ceux où les paysages restent sans vie. Et les plus catastrophiques, l'animation des bouches. On sent malgré tout une certaine envie de réalisme et une tentative de post-synchro exacte, mais parfois les lèvres ont juste l'air de se déplacer toutes seules dans le vide comme si elles étaient indépendantes du visage et qu'elles essayaient absolument d'en fuir. Enfin, ce qui a de bien avec les choses médiocres, c'est qu'elles vous rappellent sans cesse la valeur des vraies bonnes choses. Comme quoi, l'animation naturelle, fluide, dynamique d'un Pixar, on ne s'en rend même pas compte tellement ça semble évident mais, ça aussi ça a dû demander beaucoup de travail.

C'est pareil, si vous voulez un vrai bon film de policiers et de voleurs, allez voir American Gangster qui surpasse à tous les niveaux cette pauvre Nuit nous appartient. Beaucoup trop caricaturale, beaucoup trop lisse, cette histoire convenue du mauvais garçon qui va retourner sa veste et aider son gentil frère à coincer les méchants, tout ça sous le regard attendri de papa le vétéran de la police qui reprend du service pour un dernier coup de main à ses rejetons, c'est bien trop propret et trop carré pour ne pas devenir agaçant. L'ambiance est toujours surfaite, que ce soit les soi-disant drogués dans les soirées de débauche ou la pluie qui se met à tomber comme par hasard à chaque fois qu'il y a un tournant dans le scénario. Ajoutez à cela une bonne grosse couche de bonne morale chrétienne et vous obtenez deux grosses heures de mélo, pas complètement désagréables, il ne faut pas exagérer, mais un brin insipides et surtout prévisibles à des kilomètres — un comble pour un film policier.

* Deux films en une soirée, cause carte de réduction périmée le lendemain... Je crois que je vais finir par prendre un abonnement.

jeudi 22 novembre 2007

Du bruit

Bon. J'ai un petit problème avec l'écriture. Après le pavé de l'autre fois, j'ai peur de ne plus avoir grand chose à dire et surtout, j'ai peur de ne pas arriver à le dire. Et puis il y a autre chose aussi, j'ai tellement organisé ma vie de façon à ne plus avoir à passer du temps à réfléchir, à faire de l'introspection, que quelque part j'ai l'esprit occupé ailleurs et je n'ai plus vraiment envie de le reposer sur un clavier. Ce n'est peut-être pas si bien que ça, mais la vérité c'est que par exemple j'ai arrêté de sortir du cinéma avec comme première idée, la façon dont je vais pouvoir tourner mon récit pour réussir à vous donner envie d'aller voir tel ou tel film. Enfin ça me passera sans doute.

American Gangster, quelque part entre Le Parrain et Les Incorruptibles, avec un léger côté blaxploitation. Ça sent bon les années soixante dix, les personnages idéalistes, les hommes de main un peu caricaturaux, la morale qu'on bouscule, qui croit retomber sur ses pieds mais en fait, pas tant que ça. Un peu trop verbeux par moments, mais bon. De l'autre côté, un film qui s'appelle comme mon blog je me devais d'aller le voir, même si ça n'était pas forcément dans mes cartons et sans un lapin de dernière minute je l'aurais sans doute raté. Bon voilà une heureuse surprise, une histoire chorale assez attachante, et une sorte de tension constante qui rappelle que bien souvent, le voyage compte au moins autant que la destination, le récit compte au moins autant que la chute. Quelques plans assez bien maîtrisés aussi, des parallèles, des redites, le genre de trucs qui parlent à l'intello scribouillard fendu de rythmique graphique que je crois être devenu.

Je me dis tant mieux, la vie mérite tellement plus d'être vécue que d'être racontée, et tant pis si j'arrête d'essayer d'en garder à tout prix une trace écrite, tant pis si certains souvenirs agréables disparaissent définitivement. En même temps j'aime me rappeler en me relisant. C'est assez contradictoire.

vendredi 28 septembre 2007

99 F

Difficile de se convaincre que 99 Francs n'est pas non plus qu'une simple branlette marketing, exactement comme celles qui sont pourtant tant décriées par le film lui-même. Ce dernier est d'ailleurs souvent ponctué de séquences complètement loufoques, vraiment drôles au demeurant, mais qui relèvent plus effectivement du délire d'acteur ou de metteur en scène. Je pense aux plans sous acide ou à la séquence du tournage à Miami. Ils ont voulu se faire plaisir et ça se ressent, positivement, pendant presque deux heures. Cependant on ne peut s'empêcher de se demander si tout ça a réellement un sens, est-ce qu'il faut bien prendre au premier degré ce message qui se veut une critique ouverte du monde de la publicité ? La question de la légitimité du message lui-même me paraît d'autant plus centrale que, à chaque fois qu'on voit Jan Kounen ou Jean Dujardin sur un plateau de télévision, faire la promotion de leur dernier long métrage, l'un des premiers arguments qu'ils déballent est : on a eu toutes les difficultés du monde à boucler le financement, les grands mécènes traditionnels (les chaînes de télévision) étant plus que réticents à produire une oeuvre qui crache dans la soupe, dans les écrans de réclame après le journal télé, dans le temps de cerveau disponible. Comme si cette satisfaction presque prétentieuse, notre film dérange, personne n'en veut, suffisait à le justifier. Or d'une part le film existe bien, Canal+ y est finalement allé de son chèque, preuve qu'il ne gêne pas tant que ça, d'autre part quand on retourne contre lui ses propres arguments, on conclut que sa cible se veut définitivement la plus large possible. Ça reste une comédie un peu trash, mais qui dans le ton des productions actuelles ne fait pas trop tâche. Le casting lui-même est consensuel au possible, lisse, beau, télégénique. Difficile alors de jouer le pari de la dénonciation de la société de consommation tout en ne paraissant soi-même qu'un coup médiatique. Je me demande en parallèle si pour faire un film militant, il faut à tout prix sortir des réseaux de financement et de diffusion de masse. Peut-être pas pour des documentaires dont le propos est résolument convenu et surtout pointé vers un ailleurs bien lointain. Dans le cas de 99 Francs la connivence reste suspecte. Mais sans doute ai-je donc tort de trop intellectualiser le propos, peut-être ne faut-il pas y chercher ce brûlot anti capitaliste que l'équipe cherche absolument à nous vendre. Ne s'agit-il au fond que d'une comédie grand public de plus, encore une fois assez réussie ? Après tout elle fait aussi la part belle à une mise en abîme assez plaisante, frisant même l'auto-dérision, allant jusqu'à mettre en scène la future mise en vente du DVD, que j'imagine, elle aussi, bien réfléchie en terme de positionnement commercial. Quant à moi, je conclurai cette branlette verbale par le souvenir de cette précédente note, où je m'étais également convaincu qu'à l'instar de 99 Francs, le système sait aussi générer son propre semblant d'autocritique, afin de contenter ses membres les plus réfractaires ; autocritique qu'il digère cependant, dilue et noie dans le flot constant de ses circonvolutions molles ; autocritique qui le rend alors plus fort, plus résistant aux attaques.

Comme un bon dentifrice.

Non, je n'ai pas lu le bouquin.

mercredi 26 septembre 2007

7h58 ce samedi-là

En version originale, Before the Devil Knows You're Dead — il faudra qu'on m'explique pour la traduction. Il y a des films comme ça que je trouve simplement impressionnants pour leur réalisation, des films de Scorcese, de Michael Mann et donc, de Sydney Lumet. C'est propre, on ne s'ennuie pas une seconde, on est constamment baladé de gauche à droite et pourtant, il n'y a jamais un détail de travers, que ce soit dans le jeu des acteurs ou la construction des plans, qui pourtant multiplient les points de vue. Mis en valeur par un montage un peu déroutant, le scénario à la base simpliste, se révèle plein de rebondissements et de révélations surprises. Deux frères réunis par leurs problèmes d'argent respectifs décident d'organiser le braquage d'une petite bijouterie dans une zone commerciale de banlieue. Petit à petit on découvre les tenants et les aboutissants de cette intrigue familiale. Philip Seymour Hoffman a toujours cet air inquiétant et il y a toujours cette vague impression de cynisme froid qui transpire de son jeu. Ethan Hawke nous la joue un peu remake des Poètes Disparus par moments, c'est un peu énervant.

vendredi 21 septembre 2007

Scopitone 2007

Cela fait longtemps maintenant que j'attendais, avec une impatience difficilement contenue, que tous les lieux publics fermés, bars, boîtes et salles de concert compris, deviennent totalement non-fumeur. En fait j'entretenais le vain espoir que ça contribuerait à y rendre l'atmosphère plus respirable d'une part, que d'autre part le simple fait de sortir ne me contraigne plus systématiquement à prendre une douche avant de me coucher, pour lessiver définitivement cette horrible odeur de clope froide. C'était sans compter sur toutes ces senteurs exquises, qu'autrefois la cigarette parvenait à masquer sous son épaisse fumée, et qui désormais prennent à la gorge votre odorat, encore tout frétillant d'avoir retrouvé ses facultés de jeunesse. Oui j'avais tort de me leurrer, oui désormais dans les quelques endroits qui expérimentent la nouvelle réglementation en avance, la clope a disparu mais ce sont les relents de transpiration, de bière et d'hormones qui font la loi. Mais je dis ça, ce n'est pas forcément pour me plaindre, au moins c'est déjà mieux pour ma santé. Et puis c'est toujours amusant de voir une masse de cent-vingt kilos filer tout droit en transperçant la foule, attraper un resquilleur par le col et le foutre violemment à la porte. Au moins les videurs mettent de la conviction à protéger nos poumons.

Comme je profite de mon nouveau statut de chômeur pour être de quasiment toutes les manifestations culturelles nantaises, hier je suis allé faire un tour à Scopitone, festival de musiques actuelles et autres performances dans l'air du temps. La soirée a commencé par la projection d'Electroma des Daft Punk, au Katorza. Si comme moi vous avez adoré leur collaboration avec Matsumoto sur Interstella 5555, et bien... et bien rien du tout, Electroma est à des années-lumière du magique film d'animation musical dont vous avez pu découvrir des extraits dans le Hit-machine. J'irais presque jusqu'à dire qu'il est à des années-lumière du concept même de long métrage. Le scénario tient sur un confetti, deux robots (les Daft Punk) se rendent dans un laboratoire pour se faire poser de la cire et modeler des visages à forme humaine — plus ou moins. Malheureusement une fois dehors, le soleil tape dur et la cire finit par fondre ; ils sont pris de panique et de honte quand les autres gens se rendent compte de la supercherie et tente de s'enfuir tant bien que mal. Bon. En fait cette histoire, qui est quand même allongée sur près d'une heure et demie, n'est qu'un prétexte à toutes sortes d'expérimentations graphiques, de plans spectaculaires, de tentatives artistiques diverses. Personnellement je trouve le résultat plus que mitigé. Autant certaines séquences sont vraiment géniales, comme par exemple le moment où les deux humanoïdes habillés en noir rentrent dans le laboratoire maculé de blanc, dont on ne voit les opérateurs que par ombres chinoises, puisqu'ils sont eux à l'inverse complètement vêtus de blanc. Autant il y a d'autres passages vraiment longs, où on voit par exemple les deux robots marcher sans but précis dans le désert, ou même la séquence d'introduction, qui ne dure que vingt minutes, uniquement constituées de plans des protagonistes qui roulent dans leur voiture. Alors oui la bande son est géniale, pleine d'électro façon Daft Punk, avec du Chopin et de l'opérette, aussi. Simplement, par moments cela traîne tellement en longueur que ça en devient absurde. Et c'est là où un petit miracle se produit, c'est idiot mais cet enchaînement interminable de plans qui ne semblent avoir aucun intérêt, même visuellement, ce déroulement infini de séquences éthérées et dénuées de sens peut finir par vous faire rire. Moi c'était le cas. Il y a ce plan où on voit un des deux personnages traverser l'écran de part en part, ça dure facilement deux minutes, il ne se passe strictement rien d'autre, juste un robot qui marche. Enfin je crois que vous avez saisi le concept.

Suite de cette virée nocturne dans l'étrange, concert de Tristano et Murcouf au Pannonica. Bon c'est pareil, en entrant dans la salle je me suis tout de suite dit : mais où est-ce que j'ai encore mis les pieds ? Autant vous le dire tout de suite, c'était horriblement chiant. Enfin au moins au début. Même si je comprends la démarche, de vouloir dépasser la musique telle qu'on la conçoit traditionnellement, de détourner un instrument (un piano en l'occurrence) pour jouer avec les habitudes des gens et expérimenter de nouvelles choses — merci le sampler et la boîte à rythmes. Sauf que là le résultat était horriblement chiant. Chiant, mou et soporifique. D'ailleurs la salle se vidait au fur et à mesure du concert, c'est un peu irrespectueux envers les artistes, mais qu'est-ce que vous voulez, ils sont comme ça les jeunes de nos jours. Heureusement les deux derniers morceaux (en fait toute la seconde partie du concert) étaient beaucoup plus rythmés, glissant subtilement vers une sorte d'electro-jazz un peu plus accessible et plus simple à décrypter. Alors fatalement et en comparaison, ça en a presque été agréable.

De plus en plus loin, Salle Paul Fort, un concert de Nabaztag. Une foule compacte de lapins en plastique branchés en wifi (je vous laisse imaginer la petite fortune ainsi dressée sur la scène) s'animait, clignotait, buzzait de façon coordonnée dans une sorte de chorégraphie numérique. L'idée en soi était plutôt séduisante, il s'agit également du détournement d'un objet technologique à des fins artistiques ; c'était impressionnant de les voir tous alignés et tous synchronisés. Dommage cependant que le concept n'ait pas été suffisamment poussé, il y avait moyen de faire des choses rigolotes, des vagues, des olas, une performance plus graphique et plus animée. C'est également le reproche que je ferais à Art3fact, une danseuse éclairée en ombres chinoises devant un écran où défilaient des images de synthèse. La moindre des choses que j'estime être en droit d'attendre de cette sorte de mélange des genres, c'est un minimum de coordination entre la danse et les images : que l'une joue avec les autres et vice versa. Et bien non, là encore c'était assez décevant, la jeune femme était souvent en total décalage avec les cercles, les courbes, les lignes affichées. Et le peu de fois où quelque chose semblait devoir se passer, la synchronisation n'était pas suffisante pour qu'on puisse réellement adhérer au concept. En plus, c'était assez moche. Quand on voit ce qui se fait en ce moment en terme de graphismes assistés par ordinateur, on espère un peu plus que quatre cubes hachurés qui se battent en duel. Je suis dur, je sais, disons plutôt que c'est de l'exigence : entre l'amateurisme et l'excellence, ça se joue souvent à des détails minuscules, mais qui font toute la différence. Vous pouvez aussi me traiter de petit con prétentieux, mais c'est ce que je pense.

Enfin, last but not least, le concert de Wax Tailor, accompagné d'une violoncelliste et d'une flute traversière. Oui c'est un peu étrange comme composition, mais bon. Je suis toujours inquiet quand je vais voir jouer un DJ. Il y a un risque non nul qu'il se contente de plaquer exactement les mêmes samples que sur l'album, exactement aux mêmes moments et sur les mêmes bandes sonores ; du coup ça revient presque à la même chose que si on écoutait le disque chez soi, la foule, la cohue et les odeurs en plus. Heureusement, là ce n'était pas le cas. Enfin pas trop, le son, les intros, les enchaînements étaient suffisamment travaillés. Et l'apport des deux instrumentistes était pour beaucoup dans cette impression de vraie performance live. Quand je vous dis qu'arriver à faire danser une salle avec une flute ce n'est pas un mince exploit, je crois que ça résume assez la force de l'ambiance qui se dégageait de la scène. J'étais aussi inquiet quant à la présence des nombreux guests de Hope & Sorrow, ils étaient en fait remplacés par leurs doubles sur vidéo-projecteur. Sauf Charlotte Savary, qui nous a enchantés de sa présence. Bref c'était assez énorme, le public jouait bien le jeu, trois rappels pour un set d'une petite heure, un peu court mais puissant.

lundi 11 juin 2007

Compte-Rendu

Je me disais, quel week-end de merde. C'est le fait que j'aie cassé un peu de vaisselle à cause d'un geste mal maîtrisé qui a fini de me mettre dans cet état. Pourtant quand j'y repense, il y a eu du positif. En fin d'après midi, je suis allé voir Grindhouse, Boulevard de la Mort. Je suis complètement nul dans tout ce qui est références cinématographiques, alors quand on m'a expliqué que le dernier Tarentino en était rempli, je me suis dit dommage, mais tant pis. Ça ne m'a pas empêché de voir un bon film, un peu longuet avec ses scènes interminables de discussions d'adolescentes lascives, efficace dans ses séquences d'action façon slash movie, dans un genre qui rappelle un peu Sin City ; et surtout souvent drôle voire carrément jouissif dans son côté exagéré, trash, décalé.

J'ai aussi donné dans l'atelier stickers histoire d'égayer un peu le grand placard de l'entrée. Les autocollants viennent de chez Nouvelles Images, ils sont jolis et bien finis, ils sont vraiment super faciles à poser et ont l'air de se retirer facilement. Bon après, 15€ pour ça je trouve que c'est un petit peu exagéré, mais il n'y a pas vraiment d'alternative.

Ce qui m'embête le plus c'est, en voulant prendre quelques photos pour vous faire admirer mon oeuvre, de constater que mon 17-85 ne répondait plus. La bague de mise au point a l'air coincée et l'objectif ne veut plus rien savoir... En mise au point manuelle ou en autofocus, il reste désespérément bloqué en début de plage. Encore une réparation qui va me coûter les yeux de la tête. Je vais devoir remettre l'achat du 28mm à plus tard.

L'autre chose qui me turlupine, c'est que je n'ai pas réussi à rappeler Lise. Au début je m'étais dit, en essayant de me motiver, je la contacte avant ce soir, on discute de la journée qu'on a décidé d'organiser avec les autres grâce aux places gratuites qu'on a gagnées, et subtilement en fin de conversation je lui glisse une invitation pour mardi ou mercredi. En fait je crois que je me suis juste mis la pression tout seul, résultat incapable de décrocher le téléphone. Ce n'est pas tant que j'aie peur qu'elle refuse comme d'habitude, c'est plus un manque de confiance dans ma capacité à lui faire passer une bonne soirée. Je me dis qu'elle mérite probablement quelque chose de divertissant et que ce serait irrespectueux de ma part que de l'entraîner dans mes traditionnelles sorties ennuyeuses et prétentieuses. Ce sont aussi toutes les hésitations liées à sa situation, même si je sais que je suis capable de gérer une histoire compliquée, j'ai déjà donné merci, mais je me demande si ça vaut la peine de tenter quelque chose si je suis dans ma tête certain que ça se terminera – voire que ça se terminera mal. La dernière chose que j'aie envie d'assumer c'est de faire du tort à une mère célibataire. Et oui, la vie est dure...

dimanche 15 avril 2007

Tir groupé

Désormais quand vous me direz que j'ai absolument aucun sens critique, j'acquiescerai gentiment sans trop chercher à me justifier. Hier soir on est allé voir Ensemble, c'est tout et pour tout vous dire, j'ai trouvé ça pas si mal. D'accord c'est parfois longuet et un peu trop formaté pour faire pleurer dans les chaumières. Moi ce que je retiens, c'est cette sorte de message subliminal hautement philosophique, quelque chose du genre c'est con d'être chacun dans son coin alors qu'on pourrait être tous ensemble. Ouais bon d'accord ça vole pas très haut. Et puis je n'ai pas lu le livre non plus. Mais vu ce que j'ai pensé du film malgré tout le mal que j'ai pu en entendre, ça m'a donné envie de le parcourir.

Dans le même genre qu'est-ce que je pourrais vous sortir. A la recherche du bonheur, façon grosse tarte à la crème sur le rêve américain, je ne sais pas si ça vaut la peine de s'y attarder. Maintenant voilà, c'est comme un téléfilm du dimanche après-midi sur M6, ça navigue au ras des pâquerettes mais il y a quelque chose d'indescriptible qui vous retient insidieusement scotché à l'histoire. Et même si on imagine sans trop réfléchir la fin trois quarts d'heure avant, on veut quand même la voir de ses propres yeux. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire.

Passons.

jeudi 29 mars 2007

Spartans...

Je salue la qualité de la recherche esthétique notamment sur les costumes (ou parfois l'absence de costumes) et sur la mise en scène de la violence extrême. Seulement voilà, il ne faut pas faire l'erreur de chercher dans 300 un quelconque scénario ou même ce souffle épique qu'on a pu trouver dans d'autres variations sur l'antiquité récentes (Troie, Gladiator). Ca reste un vrai film de castagne, sans réel autre but que de montrer de beaux mecs en train de se taper dessus, avec ses grosses ficelles, ses petites répliques bien ridicules et son manichéisme bien caricatural. Moi qui par exemple espérais un peu plus, j'ai été déçu.

lundi 26 février 2007

This is Africa

Deux films qui parlent tous les deux du continent noir, deux films qui racontent, deux films qui dénoncent, sans trop s'apitoyer. Certes avec des moyens différents, façon grand spectacle, un peu mélodramatique pour Blood Diamond ; âpre, crue et subtilement ironique pour The Last King of Scotland. Mais avec la même force d'esprit. Avec le même constat d'échec inéluctable aussi, sur le passé et l'avenir plus qu'incertain de toute une partie de l'humanité, à jamais condamnée semble-t-il à rester au ban. Avec le même grain de pellicule enfin, comme si on avait ressorti les vieilles 35mm pour faire plus vrai.

Blood Diamond n'est pas un mauvais film, même si la débauche d'effets qui l'accompagne rend parfois un peu moins crédible, un peu moins tranché le message qu'il veut bien faire passer. Les balles fusent, les caisses explosent et la dénonciation du trafic de diamants passe un peu pour l'excuse facile. Mais on y croit. Le cliché devant le camp de réfugiés de l'ONU est pathétique au possible, mais on y croit. La faute à un Djimon Hounsou convaincant dans son archétype du grand garçon noir un peu nunuche sur les bords, la faute à DiCaprio, royal de fauchetonnerie, de calculs et de cynisme. Voilà un vrai antihéros presque trop humain d'égoïsme, qui finit cependant par révéler sa nature sincère et juste.

Vous le savez, je l'adore. Mais il n'est pas au niveau de Forest Whitaker, qui lui campe dans The Last King of Scotland un impressionnant Amin Dada, énième général promu dictateur dans cette Afrique post-colonialiste des années soixante-dix ; impressionnant de bonhomie et d'esprit candide, impressionnant aussi de fureur sanguinaire. On aborde cette personnalité complexe au travers des yeux d'un jeune médecin écossais qui s'enrôle, plein de bonne volonté, pour jouer les white doctors en Ouganda, et dont le tyran s'entiche par un concours de circonstances. On découvre l'admiration et la fascination qu'il exerce sur ses pairs, et comment il en vient presque naturellement à devenir le monstre qu'il est devenu. Posant la question de l'importance de ces décisions personnelles qu'on feint parfois de ne pas avoir prises et celle de sa propre responsabilité dans l'histoire collective, le film culmine dans une force et une horreur indescriptible qui termine avec brio cette démonstration, enchevêtrement d'émotions contradictoires et d'héroïsme là aussi, un peu déplacé.

dimanche 17 décembre 2006

Salles obscures

Babel : L'unique reproche que je ferais, et qui n'en est pas vraiment un, c'est que l'accumulation de scènes de plus en plus dramatiques au final fait décrocher notre empathie, à qui Babel demande beaucoup trop. La deuxième moitié du film n'est en effet qu'une succession de coups durs à un tel point qu'on n'arrive même plus à compatir et qu'on se contente d’encaisser les plans, avec un peu de regrets et en se demandait ce qui pourrait arriver d'encore plus grave. Mais pour le reste, le scénario un peu quelconque est cependant bien mené, et les mises en situations sont efficaces et bien rendues. On passe du point de vue d'une adolescente japonaise sourde et muette à celui de jeunes enfants marocains dans un dépaysement visuel et musical assez rafraîchissant ; avec l'effet puzzle qui vient se compléter dans les toutes dernières scènes, pas si mal.

Les infiltrés : L'histoire est un peu brouillonne, ou alors c'est moi qui ne comprends rien à rien, mais le film est nerveux et les acteurs brillants. Parenthèse, il y a toujours des gens pour critiquer gratuitement DiCaprio, souvent pour délit de sale gueule, mais je maintiens que c'est un excellent comédien malgré ces deux ou trois rôles qui l'ont beaucoup desservi. Je ne vais pas vous expliquer le scénario, il est assez complexe comme ça, mais disons qu'il y a dans cette histoire de deux taupes infiltrées dans la mafia et dans la police, un jeu des sept différences qui intrigue, captive et au final nous étourdit un peu. Car en fin de compte bien compliqué de dire qui gagne, qui s'en sort avec les honneurs et la fille. Les deux héros dans leurs situations respectives partagent au fond bien plus qu'on ne pourrait le penser, et dans ce jeu du chat et de la souris perpétuel, ponctué par une rencontre finale à la Heat qui est un peu le clou du spectacle, on finit par se demander où est le bien et où est le mal.

vendredi 14 avril 2006

Inside Man

Ca commence comme un slide show de DDOI, des plans figuratifs spectaculaires, saturés, presque immobiles, entrecoupés de plans séquences filmés au grand angle, lents. Et puis il y a l'histoire, celle d'un braquage de banque pas tout à fait comme les autres ; avec ses cambrioleurs aux motivations peut-être pas si vénales et ses policiers un peu trop sûrs d'eux pour réussir à éviter la gaffe. Il y a aussi Jodie Foster, quelque part entre le cheveu sur la soupe et la cerise sur le gâteau, qui a quoi qu'on en dise ma foi assez bien vieilli, avec cette insolente et garce assurance que traînent souvent derrière elles les belles femmes. Et puis au bout de deux heures et demie d'un rythme faussement nonchalant, elliptique, allant et venant, il y a cette fin tout en rebondissements dont on ne sait pas trop quoi penser, inhabituelle parce qu'inattendue, comme on passe toute la séance à se convaincre que ça doit se terminer de telle ou telle façon, et qu'en fin de compte c'est ça mais c'est aussi autre chose. Un peu comme la 25e heure, le film démonte donc le concept d'une moralité toute faite et relativise avec une certaine dérision les leçons qu'il aurait pu donner.

lundi 06 mars 2006

Pot-pourri

Comme des fois aussi, vous regrettez l'injustice de devoir malgré vous choisir entre les gens que vous aimez – d'accepter, le temps d'une après-midi et au prix d'un petit mensonge qui pourtant suffit à vous fendre le coeur, d'en abandonner une pour le plaisir égoïste de passer du temps avec l'autre. Hélas !, les choses sont ainsi faites.

Faux Amis : comédie de gangsters à l'humour grinçant, avec John Cusack en archétype du parfait antihéros, avocat véreux qui fricote à ses dépends avec de méchants mafieux, et Billy-Bob Thornton en complice vicelard et calculateur, lui aussi peu avantagé par la tournure des évènements. Entre stress du garnement qui espère que personne ne se rendra compte de sa dernière grosse bêtise et gestion de crise à l'emporte-pièce qui tourne rapidement au bain de sang.

Fauteuils d'Orchestre : film parisien un peu caricatural, Cécile De France campe l'inévitable provinciale joviale et penaude qui vient tenter sa chance dans la capitale, Valérie Lemercier tourne en dérision la folie des grandeurs d'une pas si grande actrice, entre veaux de ville et téléfilms pour ménagères, et un improbable Albert Dupontel joue au pianiste en proie à une crise de vocation. Rires un peu forcés, donc, pour cette bonne comédie à la Française.

Syriana : un thriller agréable mélangeant espionnage et complots politico-financiers, un peu déroutant car légèrement incompréhensible. Le film commence avec beaucoup trop d'informations et expose beaucoup trop de situations pour qu'on ne passe pas le reste de la séance à essayer de se reconstruire mentalement un schéma d'ensemble. Si bien que les dix dernières minutes sont presque un soulagement, quand se dessine enfin la résolution finale. Matt Damon est insupportable en petit trader con et arrogant.

The saddest music in the world : à Winnipeg, Manitoba, déclarée capitale mondiale de la tristesse pendant la grande dépression, Isabella Rosselini organise le concours de la chanson la plus mélancolique auquel sont conviés des musiciens du monde entier. Filmé comme un vieux long métrage d'avant guerre, allant jusqu'à en imiter le grain sur la pellicule, ce film brille surtout par son second degré qui rechigne rarement devant les situations les plus ridicules.

De battre mon coeur s'est arrêté : un peu noir mais quand même optimiste, avec une sauce qui prend grâce à une ambiance sombre et une bande originale réfléchie et malgré quelques rebondissements un peu tirés par les cheveux. Primé, oui, un peu trop peut-être.

mardi 21 février 2006

De sortie

J'avais comme l'envie d'écrire, comme l'envie de demander, au fond, est-ce bien possible d'être aussi proches et d'être, pourtant, aussi distants ? Peut-être c'est ça l'intimité, une forme d'intimité – ce luxe de pouvoir s'économiser tout un rituel en fin de compte pas très intéressant, ce luxe de ne pas avoir à s'imposer toute une gymnastique sociale parmi toutes choses rébarbative, juste pour le simple plaisir de pouvoir partager un moment agréable, ensemble. Allons bon, qui croirait-on convaincre avec ce genre d'arguments ? Mais une fois de plus, on me permettra de demander, qu'est-ce qui fondamentalement, physiquement, chimiquement, différencie un couple d'amis d'un couple de parfaits inconnus ?

Et est-ce possible d'être aussi proches et aussi distants ? Je ne lui aurai adressé la parole qu'une demi douzaine de fois de la soirée ; la moitié dans la file d'attente du cinéma et pendant les bandes annonces, l'autre moitié avant de l'abandonner sur une bise, devant sa voiture, sur le parking. Pourtant, comment être déçu, quand entre les deux vous aurez passé trois heures à rire ensemble, à avoir peur ensemble, à être émus ensemble ?. Ces choses qui parfois ne peuvent être appréciées que dans le calme serein de la solitude et qui se retrouvent soudain rehaussées par un écho persistant, celui de l'autre qui vibre à quelques centimètre de vous. Car il aura suffi d'une fois, où vous aurez choisi un film qui vous plait à tous les deux – et que vous l'appréciez d'autant plus que ça fait des semaines que vous avez prévu d'aller le voir sans jamais trouver le temps.

Aussi proches, aussi distants. Le film c'était Munich. Vous savez tous de quoi ça parle et vous savez probablement donc tous quoi en penser. Mais parmi toutes les questions posées, une fois de plus l'interrogation qui me reste, c'est celle de savoir si ça peut finir un jour. La paix est-elle possible au Proche-Orient ? Le flash qui m'est aussi venu, c'est celui d'une nouvelle bipolarisation de ce côté ci de la planète, entre l'occident et une partie du monde arabe. N'est-ce pas en fin de compte une "guerre chaude" telle qu'elle finira en raccourci historique dans les manuels du siècle prochain ?

dimanche 05 février 2006

Brokeback Mountain

Je dois très certainement des excuses à ce cher Ang Lee, pour mon incapacité notoire à défendre avec conviction une oeuvre que j'ai pourtant appréciée, quand elle tombe sous le feu plus ou moins nourri des critiques que lui assène mon entourage. C'est bien clair, dans ce genre de situations je préfère généralement abonder même aux plus basses des attaques. Et c'est vrai que le film souffre de quelques longueurs. Et, si le souffle continu d'exaspération du petit vieux à côté de nous était sans doute exagéré, je dois avouer que malgré leur relative beauté, certains plans descriptifs auraient gagné à être écourtés. L'histoire aussi donne, rapidement et de façon trop prévisible, dans le mélodrame un peu facile et ridiculement larmoyant. Gageons même que, s'il s'était agi d'une banale amourette entre un cow-boy et une cow-girl, la chronique d'une liaison intermittente entre mariages ratés et retrouvailles chanceuses à des années d'intervalle, alors ça aurait pu se cantonner dans un téléfilm du dimanche après midi sur une mauvaise chaîne câblée. Mais voilà, il s'agit de deux cow-boys qui s'empoignent de façon virile sous la toile frêle d'une tente perdue au milieu des rocheuses. Et alors toute l'Amérique en pleure. Please ! Et passons sur le côté vaguement dénonciateur d'une certaine mentalité bien rétrograde, car s'il évoque peut-être la périlleuse situation des homosexuels dans les années soixante-soixante-dix au plus profond des États-Unis, je me demande si de nos jours le discours n'est pas un peu anachronique. Tant mieux d'ailleurs, même si c'est probablement mal formulé. Alors, qu'est-ce qui rattrape le film, va-t-on finir par me demander ? Une certaine poésie et un jeu d'acteurs suffisamment juste pour éviter l'écueil bien réel de tomber dans la caricature.

mardi 24 janvier 2006

Contrastes

Vendredi soir, après avoir dîné chez Emilie de trois fois trop de pizza, on est allé se voir Je vous trouve très beau : une comédie française façon téléfilm sur France 3, assez drôle au demeurant mais largement desservie par un scénario un peu trop convenu et par une bande annonce qui a eu le défaut de spoiler les (trois) meilleures blagues du film. Heureusement c'est assez bien joué et le ton reste assez cohérent. En ce qui me concerne, je n'appréhende (presque) plus ces soirées et à vrai dire je crois que je les aime bien. Lui parce qu'il a une sorte de présence rassurante et compréhensive – et accessoirement l'art de la conversation, elle parce qu'elle change radicalement de mon archétype traditionnel de relations, pas la même éducation, pas les mêmes attitudes, pas les mêmes façons de faire, et que j'apprécie justement la fraîcheur du changement, le paradoxe de m'aventurer un peu dans l'inconnu.

Samedi je retrouvais mes marques, avec Yves et Romain, devant le film de George Clooney. Le parti pris esthétique d'une ambiance années cinquante, noir et blanc et orchestre de jazz, tient assez bien la route sans jamais virer dans la caricature ; même si pour le coup ça traîne parfois en longueur, disons que le film n'aurait pas souffert d'un peu plus de rythme. Restent les faits historiques que Goodbye and Good luck dépeint, le maccarthysme et ses dérives, avec un angle ni trop réducteur ni trop partisan, et dont les interrogations sur les libertés individuelles et la force du quatrième pouvoir entre autres prennent une résonance toute particulière par les temps qui courent.

lundi 12 décembre 2005

En vrac

Pour conclure en apothéose un samedi de shopping intensif, ma soeur et moi on est allés voir le dernier Harry Potter. Je n'ai pas vu les trois précédents au cinéma, j'ai attendu qu'ils passent sur le satellite, et bien le moins qu'on puisse dire c'est que celui-ci ne rigole pas. L'ambiance est assez glauque, pas tellement plus que les précédents vous me direz : esthétique gentiment gothique et mystique magicienne bon enfant. À cette différence près que les scènes intermédiaires qui émaillaient le récit ont pris une coloration nettement plus sombre : à la place des traditionnels cours de transformation en crapaud ou de lévitation de plumes, les élèves apprennent désormais des sortilèges mortels interdits ; à la place des parties de Quidditch on a le droit à de jolies courses poursuites dans des labyrinthes brumeux et oppressants ; les personnages secondaires tombent comme des mouches... Enfin pas de quoi vous faire frémir, mais le virage mature qui en résulte surprend, tout comme l'avertissement jeune public apposé sur l'affiche, après coup probablement justifié.

Paris, vingtième, le lendemain. Cette fois en plus de ma frangine on ramène donc sur la capitale quelques meubles, achetés dans une grande chaîne de magasins suédoise, et un ordinateur monté de toutes pièces par votre serviteur, en remplacement du portable qu'on lui a cambriolé. Quelque chose de simple et de silencieux, enfin dans le principe, avec surtout un gigantesque 19” cathodique qui mine de rien accuse un poids conséquent. Elle a l'air contente. J'ai de temps en temps un sacré pincement au coeur quand je pense à elle. Des fois elle me demande si je suis heureux, je lui réponds oui pour ne pas l'inquiéter, même si en fin de compte je pense que c'est le cas. Certes les choses pourraient aller mieux, je ne suis pas satisfait de tout ce que j'accomplis, mais je me dis que c'est probablement impossible de l'être. Après un après-midi de bricolage épuisant mais sans vraie prise de tête, ils ont fait de sacrés progrès dans les notices de montage, comme elle nous le propose avec une gentille insistance on est restés dormir chez elle la nuit dernière. Ses voisins nymphomanes n'ont pas donné dans le concert de grognements, mon père n'a quasiment pas ronflé et pourtant j'ai assez mal dormi. Cet appartement a dû définitivement créer un réflexe de stress pavlovien chez moi.

Voilà, c'est à peu près tout. Ah si, j'allais oublier, je viens d'appeler au Vieux Quimper, une crêperie dans le centre de Nantes, où j'ai réservé une table pour demain soir. Pour deux. Pour moi et Émilie. Je ne sais pas exactement où en était mon compte-rendu de la situation, toujours est-il qu'en fin de semaine dernière et pour je ne sais quelle raison, elle me sort un c'est pas encore cette semaine que tu vas m'inviter à prendre un verre, qui lui-même donnait suite à une suggestion que j'ai dû lui faire il y a quelque temps déjà. En tout bien tout honneur bien entendu, étant donnée sa situation. La conclusion de cette discussion étant grosso-modo, la semaine prochaine, sans faute. En fin d'après-midi je lui demande donc si elle a quelque chose de prévu mardi. De prime abord elle accepte, après coup elle fait un peu la fille qui a des doutes. – Pourquoi est-ce que tu tiens à ce qu'on fasse un truc tous les deux ? Je ne suis pas vraiment une pipelette, tu vas t'ennuyer... En soi c'est vrai que le concept reste étrange pour ne pas dire saugrenu. Mais même si c'est le premier rendez-vous que je file depuis à peu près une éternité, même si ça n'est pas vraiment un rendez-vous non plus, je vais éviter d'en faire des tonnes. Voyons ça comme un énième exercice social.

lundi 28 novembre 2005

Trois Enterrements

Chronique de l'amitié (et de ses dépendances) dont se prend un vieux cow-boy, campé par Tommy Lee Jones avec les mêmes notes de dérision que lorsqu'il interprétait K., pour Melquiades, un immigré clandestin mexicain qu'il recueille et à qui il offre un emploi de vaquero. Enfin tout au moins pour la première partie du film. Chronique donc de la migration et de l'intégration des wet backs (ou espaldas mojadas, littéralement dos mouillés, puisqu'ils traversent le Rio Grande durant leur voyage) dans un Texas traditionaliste et légèrement réactionnaire, personnifié par les membres de la migra, la police des frontières, et en particulier par un de ses agents complètement caricatural, zélé, machiste, violent, mais en vérité pas vraiment maître de ses moyens. Et c'est là forcément que vient le drame, qui amène avec lui la seconde partie du film, le second effet Kiss Cool. Ou la quête entêtée et à la limite de l'absurde, qui fait suite à la promesse faite d'un ami à un autre, de l'enterrer dans son village natal. Le village en question est de l'autre côté de la frontière, de l'autre côté du désert, et c'est un voyage long, lent et pesant qui se profile, à dos de cheval pour ne pas se faire repérer par les douaniers et qui a posteriori me fait un peu penser à une aventure de Don Quichotte des temps modernes. Je ne dirais pas que ce film est mauvais, je ne dirais pas qu'il est génial non plus, il évoque certains détails de situations humaines parfois difficiles, en jouant également sur les histoires personnelles des personnages secondaires, il parle de la force d'une amitié même par delà la mort, il montre enfin l'obstination déterminée d'un homme et les conséquences positives que celle-ci peut avoir sur le comportement de son entourage.

samedi 19 novembre 2005

At the movies

À la base j'aurais voulu passer cette après-midi au ciné avec une certaine personne ; mais elle n'a pas daigné pointer le bout de son nez vendredi soir, je me suis retrouvé bien coi, mon messenger dans une main et mon semblant de détermination dans l'autre. Bien sûr, techniquement j'aurais pu me débrouiller pour demander son numéro de téléphone à Paco, mais il faut croire que je n'en soie pas encore rendu à ce stade. Après un réveil tardif et une course contre la montre pour arriver à l'heure à la première séance, j'ai donc laissé filer mon samedi devant Free Zone, le dernier film d'Amos Gitai, et The Corpse Bride de Tim Burton, que j'ai finalement réussi à voir.

Free Zone apporte donc un regard de plus sur la situation israélo-palestinienne, sans vraiment montrer les manifestations du conflit lui-même, attentats ou raids militaires, en évoquant plus comment les gens semblent le vivre au jour le jour : on y montre par exemple le zèle presque paranoïaque des douaniers israéliens ou encore la violence presque déraisonnée entre civils, nombre de difficultés supplémentaires pour tous ceux qui essaient de continuer à vivre malgré tout. Le scénario reste anecdotique, l'histoire parle plus de communication et de rencontres, malgré la barrière de la langue, malgré la soi-disant barrière de la religion. Une jeune américaine se retrouve, suite à une embrouille avec sa future belle-famille et à un concours de circonstances un peu mystérieux, embarquée avec la femme de leur chauffeur qui doit se rendre en Jordanie pour faire du business. Hélas rien ne semble vouloir arrêter le cycle de l'incompréhension et de l'affrontement, d'ailleurs ce road-movie semble légèrement se terminer en roue libre, sans apporter ni réponse ni conclusion, démontrant d'autant plus l'absurdité d'une situation qui n'a peut-être d'égale que son insolubilité. Ce film m'a parlé par ce qu'il raconte par l'exemple certains moments forts de l'histoire du proche orient, il m'a aussi donné envie de voyager, d'en apprendre plus sur le quotidien de tous ces gens, souvent confrontés aux pires horreurs mais qui tiennent quand même bon.

À part ça, je dois malheureusement avouer que, et à l'instar de Charlie et la Chocolaterie, Les noces funèbres m'ont un peu ennuyé. Même si les chansons sont marrantes, même si le côté morts-vivants donne lieu à des gags visuels assez bien ficelés. Ça manque cruellement d'originalité et de profondeur. Après, ce n'est peut-être pas la meilleure saison pour que je me montre capable d'émerveillement et animé de bons sentiments.

dimanche 13 novembre 2005

Utopiales 2005

Il faut bien l'avouer, ce festival a beaucoup perdu en intensité. Et même si je peux paraître cynique en écrivant ces quelques phrases, parce qu'en vérité la science-fiction à la façon Utopiales n'a jamais été ma tasse de thé, je dois admettre que ça faisait presque de la peine à voir, de constater que le grand hall de la cité des congrès n'était parsemé que de quelques sculptures bien esseulées ; de ne voir que quelques planches, souvent très bien dessinées par ailleurs, pour illustrer faméliquement l'année Jules Verne à Nantes – qui me paraît de plus en plus être un non évènement. Même l'ambiance était assez morose, pour un samedi après midi c'était loin d'être aussi rempli qu'il y a deux ou trois ans, malgré la présence assez incompréhensible d'un certain nombre de jolies filles. À l'étage quelques écrivains et dessinateurs se disputaient les rares lecteurs à demander une dédicace, le forum s'animait assez mollement d'un débat inintéressant sur l'influence et l'interaction entre science-fiction et littérature généraliste, l'après-midi se terminait sur une remise de prix tournant rapidement à l'auto-congratulation et manquant franchement de surprise voire d'envie. Oui ce festival manquait d'envie, indéniablement.

Et paradoxalement, c'est sans doute l'édition où je me suis le plus amusé ; en grande partie grâce aux deux films que nous sommes allés voir, un peu faute d'intérêt pour les expositions et autres happenings. Le premier, Ashura, nous a été présenté comme l'adaptation d'une pièce de théâtre qui a connu un franc succès au Japon, avec des ninjas et des démons – argument imparable s'il en est. Durant l'ère Edo au pays du soleil levant, les démons habitent le corps des hommes et préparent en secret le retour de leur maître, Ashura. Pour les contrer, les Demon Wardens, sortes de justiciers qui ne brillent pas vraiment par leur droiture, éliminent à la chaîne les esprits maléfiques plus par jouissance sadique que par réel esprit de sauvegarde. S'il m'a semblé un peu longuet par moments, multipliant les développements narratifs un brin répétitifs et pas toujours compréhensibles, il doit surtout son salut à une autodérision assez plaisante qui mélange l'histoire principale avec des références directes au théâtre traditionnel japonais, allant jusqu'à mettre en scène dans la trame du film l'auteur dans son écriture de l'intrigue elle-même. C'est violent mais pas tellement et les personnages arborent souvent cette attitude ridicule, amusée et exagérée, qui fait penser aux débuts de carrière de Jackie Chan, à l'époque ou ce qu'il faisait ressemblait encore à quelque chose.

Quant au second film, Nothing, fable comique et nihiliste, canadienne de son état, c'est le dernier projet du réalisateur de Cube, dont j'ai perdu le nom, mais les points communs s'arrêtent là. À nouveau je reprendrai le pitch de la speakerine qui est venue nous introduire le long métrage : deux loosers pathétiques accumulent bourdes et malchance jusqu'à ce que, par un évènement qu'on n'a d'ailleurs du mal à expliquer, tous leurs voeux se mettent miraculeusement à se réaliser. Comme, en bons loosers qu'ils sont, ils ne désirent au fond pas grand chose, c'est donc le résultat de ce film: rien. La première demi-heure enfonce bien le marteau sur la tête de ces deux meilleurs amis, qui cohabitent tant bien que mal dans une maison coincée entre deux bretelles d'autoroute ; jusqu'au point où tous les malheurs du monde semblent s'abattre sur eux. Et c'est là que l'histoire bascule dans une longue et désopilante glissade dans l'absurde, multipliant les gags stupides sans pour autant être lourds, jusqu'à l'implosion totale du film dans un vide intégral – ou presque. Le concept est assez original pour être relevé et arriver à raconter une histoire de plus en plus creuse, sans ennuyer le spectateur est ma foi une prouesse assez remarquable.

vendredi 04 novembre 2005

Match Point

Autant je peux dire que je ne suis pas un inconditionnel de Woody Allen, j'ai bien aimé Everybody says I love you sans plus, j'ai eu du mal à revoir Deconstructing Harry et je ne suis que vaguement ses réalisations ces dernières années, autant j'ai trouvé que Match Point était un film assez génial. Evacuons le sujet d'entrée, j'aurais beau argumenter pendant des heures pour essayer de faire croire que ça n'a rien à voir avec la présence de Scarlett Johansson au générique, je ne pense pas pouvoir être crédible deux minutes. Et pendant qu'on y est, soyons également clairs, les deux premiers tiers du film restent somme toute assez banals : il ne s'agit que d'une comédie rhétorique sur l'ascension sociale qui tente de convaincre de l'importance du facteur chance sur la tournure que peut prendre la vie d'un individu. Ce n'est pas pour autant ennuyeux, ça fourmille de petits détails baignés dans une esthétique sobre et bourgeoisement snobinarde comme je les aime – des airs d'opera à foison, du théâtre et des galeries d'art, de belles voitures – le tout saupoudré d'un peu de philosophie pompeuse à deux francs ; et de petites scènes très bien menées qui ravivent sans cesse l'intérêt, même si ça finit par broder autour d'un sujet archi convenu, le mari, la femme, la maîtresse. Surtout qu'un Woody Allen sans Woody Allen dedans c'est quand même beaucoup plus digeste. L'intrigue se déroule donc gentiment et puis vient la fin, inattendue, surprenante, qui verse dans une sombre et délicieuse déraison alors que le reste du film était resté très sage, qui conclut sur un épilogue façon tragédie grecque, qui rappelle qu'on regarde un Woody Allen et pas un épisode de Sous le soleil. C'est frais, ça tranche, ça dépayse.

vendredi 28 octobre 2005

En vrac #1553

Là je devrais être en train de dormir. De façon assez maniaque je me force régulièrement à aller me coucher aux alentours de minuit, histoire d'avoir au moins un peu de répondant le lendemain matin, histoire d'arriver à faire suffisamment semblant de travailler. C'est juste que j'ai un million de choses à raconter et que je n'ai jamais le temps. Je ne pense pas par exemple trouver les deux bonnes heures nécessaires pour m'écrire une trace détaillée de mon séjour en Grèce. C'est dommage, ce sont des souvenirs qui s'envolent... En revanche je peux rapidement faire l'éloge de The curse of the were-rabbit. En regardant bien derrière les blagues bon enfant, l'humour de Wallace et Gromit est souvent très subtil, basé sur des détails qui fourmillent dans le décor, c'est génial à voir, surtout quand on imagine la montagne de patience qu'il a fallu pour animer tout ce petit monde ; tout en m'étonnant de la pitoyable qualité du sous-titrage français, qui se débat péniblement parmi la ribambelle de jeux de mots qui émaillent le film.

Je pourrais aussi vous parler de ma soirée d'hier, je sortais tranquillement du travail à une heure à peu près décente, je traîne un peu sur le parking avec Paco (aka Stéphane n°2) et il finit par me proposer d'aller boire un verre en ville. Résultat deux bouteilles et un demi de bières diverses et variées, Yoann n°2 qui nous rejoint, un dîner qui m'a bien éclaté la panse à la Bouche à Oreille – un bouchon un peu cher mais pas mauvais du tout. La discussion est très centrée sur le boulot, il faut dire qu'il y a de quoi, ça casse sec et c'est relativement marrant, je ne pensais pas (ou plutôt j'ai souvent tendance à oublier) qu'il se passait autant de choses dont j'ignorais l'existence. J'ai évité le sujet Émilie/Aude avec un H, il m'a parlé d'une relation bizarre avec une copine bizarre, un truc que j'ai un peu de mal à croire, mais après tout pourquoi pas. Un assez bon moment je dois admettre, l'imprévu a décidément du bon.

A part ça je continue de me ruiner en disques (Ceu, Pink Martini, Disturbed...) et en t-shirts (ComBoutique et La Fraise), j'ai enfin un un objectif qui ouvre à plus de 4, je passe une bonne partie de mon temps sur PES 5 et samedi je dois sauter à l'élastique. Tout un programme.

dimanche 16 octobre 2005

Les Frères Grimm

Après avoir été témoin désolé du fiasco de sa dernière tentative d'adaptation de Don Quichotte, je suis surtout allé voir Les Frères Grimm pour soutenir Terry Gilliam, pour essayer de lui éviter un échec de plus. Et effectivement, l'impression que le film laisse, c'est celle d'une production à la va-vite, juste pour ramener de l'argent et polisser un peu la réputation du fantasque réalisateur de Sacré Graal. Le long métrage est formaté façon gros budget américain, on sent les coupes sombres dans le montage, sacrifié sur l'autel d'un rythme poussif, on sent l'humour parfois limite et souvent surjoué d'un Matt Damon qui n'a pas la classe de Johnny Depp, on constate la mauvaise facture de certaines images de synthèse... Et pourtant la sauce prend, en partie grâce aux petites et amusantes références aux contes de fée (sur le même principe assez efficace déjà vu dans Shrek), grâce à la démesure de Gilliam qui transparaît quand même dans l'exposition de certains décors et surtout grâce à la formidable prestation de Peter Stormare, excellent dans son rôle d'homme de main tortionaire mais avec un pas si mauvais fond, bien aidé par un Jonathan Pryce, toujours aussi trucculant dans le rôle du méchant froid, vicieux et légèrement dépassé par les événements.

dimanche 02 octobre 2005

Entre ses mains

Dans ce film noir assez captivant, sur fond de meurtres en série dans la métropole lilloise (ça fait un peu Cité de la Peur comme pitch), Isabelle Carré fait la connaissance d'un inquiétant Benoît Poolevorde, playboy légèrement névrosé, à la fois caricaturalement volubile et sujet à de sombres passages à vides. Succombant à son charme tout particulier, elle en ira même jusqu'à délaisser sa petite famille pour s'enfoncer dans cette relation ambiguë, parfois drôle, souvent troublante. Le début du film se cantonne dans un hyperréalisme assez franchouillard et se contente de dépeindre sans fioriture cette rencontre entre un agent d'assurance et un vétérinaire victime d'un dégât des eaux. Mais petit à petit la sauce prend, l'histoire gagne en consistance, et avec Isabelle on nage assez rapidement dans la délicieuse angoisse de l'inconnu. Les images et les indices s'imbriquent assez bien sans jamais se dévoiler complètement, jusqu'au moment où tout semble vouloir basculer. Et là c'est le drame. Ou pas. Allez voir le film :)

vendredi 30 septembre 2005

Broken Flowers

Pour tout vous dire, j'ai trouvé ce film assez moyen. Je ne saurais pas trop dire pourquoi, probablement parce que je n'en ai pas compris la moitié. Je n'ai pas compris le sens profond de la répétition de ces plans de coupe décoratifs, je ne suis pas sûr d'avoir compris la raison de ces deux flash-back qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe, et franchement le message général m'est un peu passé par-dessus la tête. Je me dis qu'il ne suffit pas de filmer un Bill Murray décentré et aussi vivace qu'un escargot neurasthénique pour faire un bon film. Disons qu'on retrouve au cours du long métrage des bornes, des jalons, des indices qui relient visuellement les scènes ensemble ; mais on ne comprend ni pourquoi on retrouve ces objets là en particulier ni comment ces points communs sont censés s'intégrer à la trame principale – à part le fait d'être présents à l'image. Reconnaissons cependant que certains passages sont bons, il y a des moments drôles, sympas ou jolis, bien que parfois un peu gratuits. Le film est souvent crispant aussi, enfin tout du moins certaines situations le sont, des retrouvailles tirées par les cheveux, de bons sentiments un peu trop forcés, et évidemment ça aide pas. Bref, impressions mitigées en ce qui me concerne.

mercredi 21 septembre 2005

De l'objectivité

Et ce n'est pas parce que j'ai l'air d'avoir complètement éludé le sujet que j'ai définitivement déserté les salles obscures. En fait, et parce qu'il faut bien que ça ait des avantages, j'ai assisté à mes deux dernières projections quasiment tout seul dans la salle. Ça donne l'impression d'être privilégié quand un pauvre bougre s'affaire tant qu'il peut dans ton dos, avec sa petite collection de bobines, juste pour ton plaisir solitaire. Dernièrement je suis donc allé voir The Hitchhicker's Guide to the Galaxy et (enfin) Charlie et la chocolaterie. Dans les deux cas je n'avais pas lu les bouquins mais ça ne m'a pas manqué plus que ça. Le premier est excellemment drôle, très trente millième degré ; même le rôle du pitre de service, celui du président de la galaxie, qui aux vues de la bande annonce aurait pu faire craindre le pire, est en fait relativement supportable. Certes, et comme cette critique du reste, ça ne s'élève pas souvent au-dessus des pâquerettes, l'intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est rempli d'idées délicieusement absurdes comme le propulseur à improbabilité infinie. Et le doublage est correct. Quant à Charlie et la chocolaterie, ce n'est pas le meilleur film de Burton, on a souvent envie d'en coller une à ce gamin trop plein de bons sentiments dont les yeux ont toujours l'air d'être au bord du déluge ; et aussi à Johnny Depp, qui à force de mimiques exagérées en devient parfois ennuyeux. A vrai dire c'est même tout le film que je qualifierai d'ennuyeux. Surtout pendant les chansons, d'autant plus que la musique de Danny Elfman en fin de compte on en fait vite le tour. Au bout d'une demi-heure c'est limite si on ne se dit pas vivement que tous ces gamins soient éliminés un par un qu'on voie Charlie gagner à la fin.

dimanche 24 juillet 2005

Les 4 fantastiques

Je n'arrive pas à trouver d'angle pour parler de ce film – pourtant il n'est pas mauvais... J'ai bien apprécié cette sorte d'humour tellement caricatural qu'il en devient subtilement ironique, et on peut certainement faire la même remarque sur quelques gros clichés trop convenus ; il y a aussi ces deux ou trois scènes dont une bonne partie du sens ne passe uniquement que par le jeu de visage des acteurs ; au fond c'est déjà pas si mal. Et puis on voit moins les images de synthèse comme de simples exploits techniques, elles apportent une vraie aide à la narration au lieu de se substituer gratuitement à elle. Et là vous ne le voyez pas mais je fais mes gros yeux façon devinez de quoi je parle.... Et là vous n'avez pas non plus compris que je parlais de Star Wars. Bah, je sais, ça me fait ça tout le temps.

samedi 23 juillet 2005

La Guerre des Mondes (1953)

Par un comble du non-hasard de la programmation des chaînes thématiques du satellite (oui, toi aussi, apprends à écrire des accroches prétentieusement incompréhensibles pour meubler un billet, éd. Hugolin, 298 F.) j'ai vu ce matin la première adaptation cinématographique de La Guerre des Mondes. 1953, Byron Hatskins, une sorte de nanar intergalactique qui suinte par tous les orifices d'une morale et d'un manichéisme religieux des plus primaires. Bon je suis méchant, pour l'époque les effets ne sont pas si mal, surtout les explosions et les scènes de chaos ; le peu de martiens qu'on voit n'est d'ailleurs pas si ridicule et les soucoupes volantes tiennent la route, enfin, façon de parler ; on finit donc par se convaincre que si une invasion extraterrestre avait dû se produire dans les années cinquante, ça aurait ressemblé à ça. Et puis il paraîtrait que ce film a posé un grand nombre des futurs codes scénaristiques du genre, avec déjà par exemple des plans façon tour du monde des scènes de bataille et les Américains moyens face à la menace venue de l'espace. Si ce n'est le dernier quart d'heure, qui se termine sur des plans de dévots dans des églises en train de prier pour leur salut. Pourtant on le sentait venir par touches, avec quelques allusions ça et là au créateur et aux saines valeurs chrétiennes. Mais c'est avec un final façon deus ex machina au sens propre que le long métrage se conclut, en complète béatitude, puisque sa morale est  : le miracle a eu lieu, les Martiens sont tous morts et ça, grâce à la prévenance divine. Et ça, la voix off le déclame texto. Je ne sais pas s'ils ont gardé une aussi grossière référence dans le remake de cette année, je ne sais pas si elle est aussi flagrante dans le roman d'origine, alors évidemment je ne peux pas trop conclure. Et puis il faut replacer ça dans le contexte, guerre froide, maccarthysme, mais bon... Moi cet evangélisme à deux balles ça m'a laissé un arrière-goût bizarre.

lundi 04 juillet 2005

Madagascar

Pour donner dans l'opposition de principe et même si je ne suis pas forcément le mieux placé pour ce genre de remarques, je tenais à rectifier une impression trompeuse que laisse selon moi le dernier long métrage de Deamworks. Non, Madagascar n'est pas une petite île déserte et paradisiaque perdue au beau milieu de l'océan indien. C'est la quatrième plus grande île du monde, une fois et demie plus vaste que France, il y a environ dix millions de gens dessus, c'est un pays excessivement pauvre (dont la dette est dieu merci en cours d'annulation), les bidons-ville y sont légion et la nature à l'état sauvage y bat sérieusement en brèche. Même si je comprends que ces quelques approximations soient là pour faciliter le scénario, j'ai envie dans ce cas précis de les corriger car elles participent à mon avis d'une sorte de malentendu général, largement entretenu par l'ignorance voire l'inintérêt. J'en profite également pour réparer quelques lieux communs un peu trop énormes que j'ai eu la navrante occasion d'entendre ici et là. D'une part ce n'est ni un département ni un territoire d'outre mer, c'est une ancienne colonie française indépendante depuis le début des années soixante et d'autre part on n'y parle pas un quelconque créole, mais le malgache, une langue étymologiquement proche des dialectes indonésiens.

La contradiction me vient à l'esprit parce que, il y a quelques semaines de cela j'avais assisté à une projection d'un documentaire musical sur Mahaleo, un groupe de la génération de mon père – documentaire qui ne se contentait pas tant de raconter les trente ans du groupe sur scène, mais soulignait également la misère de toute une nation au travers des luttes de chacun de ses membres dans leur vie quotidienne. En fait peu de musiciens malgaches sont complètement professionnels, ceux de Mahaleo continuent par exemple leurs métiers de médecin ou de député dans la vie civile. Evidemment ça renvoie un tout autre éclairage sur la situation et ça nuance légèrement les images de synthèse idylliques précédemment citées. Reste que, pour être totalement honnête, le film aurait pris le nom d'une autre île tropicale, je n'aurais probablement rien dit.

lundi 27 juin 2005

Batman Begins

Je pense que ç'est peu m'avancer que de dire que la franchise Batman a définitivement perdu de son intérêt vers la moitié des années 90 ; ni donc que d'affirmer que ce n'est pas ce dernier opus qui va lui faire remonter la pente. En même temps on était parti de tellement bas avec l'inoubliable association Clooney/Silverstone, que c'est presque un soulagement de retrouver un film au moins sérieux et qui rend les coups. Par sérieux comprendre qui ne prend pas tout par-dessus la jambe à grands renforts de casses pitoyables – et qui rend les coups dans la bonne mesure de ce qu'on attend d'un film à gros budget qui sort au début de l'été. Même si, et puisqu'on parle de coups, il est lamentable de constater que la mode de rendre les scènes de combat au corps à corps aussi saccadées qu'illisibles a apparemment fait des émules – au moins dans la seconde partie. Sans citer des ficelles scénaristiques un brin tirées par les cheveux, comme durant la première demi-heure, mythologie particulièrement laborieuse de la légende Batman, montée sous forme de flash-backs plus ou moins larmoyants et de pseudo-mystique orientale, obscurantiste mais pas vraiment accrocheuse. Et puis si le reste du casting tient la route, je dois avouer avoir du mal avec Christian Bale, mais ce n'est pas le premier (cf. ci-dessus) à me faire regretter la subtile touche de dérision qu'apportait Michael Keaton au rôle. Mais inutile d'aller plus loin dans ce genre de comparaisons. Non, comme dirait Yves, il y a des explosions et il y a des ninjas, que demande le peuple ? Les deux heures passent même assez vite, bien qu'on en vienne à regretter que certains aspects ne soient pas plus développés, comme l'ouverture sur le reste de la série – un peu traitée sur un coin de nappe en fin de repas.

lundi 20 juin 2005

Les Poupées Russes

C'est vrai que c'était compliqué de retrouver une trame de fond aussi originale (dans le sens aussi peu souvent traitée) que pour l'Auberge Espagnole, alors on pourrait facilement reprocher à cette suite de ne se contenter que d'une thématique aussi banale, aussi surannée que celle qu'on pourrait résumer par un rapide la vie, les vaches, les amis, les amours. Dont acte.
— Et c'est tout ? Pas de remarques condescendantes et sans queue ni tête ? Pas de vraies bonnes idées ? Vous ne pensez tout de même pas que vous allez vous en tirer comme ça ; ce serait trop facile.
— Vous voulez de la vraie bonne idée, je vais vous en donner de la vraie bonne idée. Une vraie bonne idée par exemple, c'est d'avoir compensé la disparition de la variété linguistique et culturelle de chacun des personnages de l'Auberge Espagnole, car indéniablement Les Poupées Russes ne se concentre réellement que sur un nombre réduit de rôles, par une variété de lieux et de moments, qui des fois c'est vrai part un peu trop dans tous les sens. Même si les conversations simultanées en deux ou trois langues restent de la partie, toujours avec ce côté dépaysant et déstabilisant. Et puisqu'on donne dans les tics de langage bien pédants, une deuxième bonne idée c'est la mise en abîme légèrement ironique du film avec les différentes histoires et scénarios écrits par Xavier ; par exemple le scénario de son sitcom doit jouer sur les codes de ces histoires prévisibles et stéréotypées qui font les petits plaisirs de la ménagère, force est de constater qu'à sa manière le long métrage de Klapisch utilise des ressorts similaires. Enfin le titre, qu'on ne nous explique et qu'on ne comprend qu'à la fin, avec cette ultime poupée russe (au sens littéral) que Xavier doit ouvrir pour découvrir le bout de l'histoire, voilà ça va comme ça, vous êtes content ?
— Non. Vous écrivez vraiment comme de la merde.
— ...
— ...
— Il va falloir partir maintenant.
— ...
— Sortez.

dimanche 12 juin 2005

Sin City

Voilà un film qui pousse encore un peu plus loin les tentatives graphiques déjà aperçues dans Kill Bill, jeux d'ombres et lumières, lignes très marquées ; même si cette fois c'est pour contribuer de façon plus appropriée à l'ambiance bande-dessinée de l'ensemble. La comparaison avec les oeuvres de Tarentino – d'ailleurs estampillé guest-director au générique – ne s'arrête pas là, puisque Sin City est constitué d'un ensemble de trois séquences distinctes, plus ou moins enchevêtrées par des lieux, par des personnages, par des situations, et qui ne sont pas sans rappeler la structure de Pulp Fiction. Mais le tout tient la route, malgré deux gros paradoxes qui me semblent un peu trop caricaturaux du cinéma hollywoodien pour être complètement innocents. Je veux parler de l'extrême violence du film, ça gueule, ça bastonne, ça fusille, violence à la fois amoindrie par cet aspect bande-dessinée, puisqu'on ne voit jamais d'hémoglobine, mais aussi sublimée par ce même aspect, puisque ce sont de grandes giclées de liquides politiquement corrects, blancs ou jaunes, qui coulent de chacun des membres arrachés ou des têtes égorgées, ce qui est ainsi prétexte à la multiplication de ces scènes. Et le deuxième paradoxe c'est le nombre incroyable de jolies filles, toutes moins vêtues les unes que les autres, avec l'absence assez pudique de toute connotation expresse de nature sexuelle. Le rôle tenu par Jessica Alba est d'ailleurs assez représentatif, puisqu'elle joue une danseuse de bar pour le moins aguicheuse, qui a pourtant gardé un comportement et une mentalité de petite fille, naïve et idéaliste. L'ensemble reste cependant assez consistant pour être jouissif, et donne évidemment l'envie de se plonger dans le comic éponyme.

lundi 16 mai 2005

Vus cette semaine

Million dollar baby, un peu comme Mystic River, pas vraiment sensationnel, sans doute trop conventionnellement carré pour moi. En fait c'est surtout la seconde partie, qui malgré les tonnes de guimauve déversées ne m'a pas plus touché que ça, la faute peut-être à quelques longueurs et à quelques scènes trop caricaturales – reconnaissons cependant un début qui reste frais et rythmé, presque drôle, avec un Clint Eastwood tendrement grognon face à cette gamine dont l'enthousiasme le déborde, mais rien d'autre à ajouter votre honneur. Et tant qu'on est à parler de films drôles, Un crime farpait, excellente comédie espagnole à l'humour original et corrosif. Un séducteur invétéré qui tient en horreur la médiocre banalité de ses concitoyens, se voit contraint par la malheureuse tournure des évènements à s'acoquiner avec la plus commune (en apparence, seulement) des vendeuses du grand magasin où il travaille. Le film jongle constamment entre le bon vieux comique de situation et un délire joyeusement hystérique, sans jamais sombrer dans les travers ni de l'un ni de l'autre. Le tout intelligemment interprété par une brochette d'acteurs dont le nom ne dit sûrement rien à personne et auxquels je ne ferai donc pas l'affront de citer le patronyme comme si ça avait été le cas. Par contre, je suis content de constater que mon espagnol est revenu assez vite, malgré les cinq années passées sans. En même temps c'est pas comme si c'était excessivement compliqué comme langue et puis les acteurs articulaient sans avaler les trois quarts des phrases.

dimanche 24 avril 2005

Garden State

Ce film m'a un peu déçu. Et ça m'embête d'autant plus de le dire qu'il m'a plu, indéniablement. La vérité c'est que ça fait maintenant des mois que j'essaie de retrouver les sensations qu'un autre film m'a laissées, ce mélange d'émotion, de mélancolie et d'optimisme. En sortant de la salle je m'étais alors dit, si ça se trouve il y a des dizaines de perles dans ce genre, que mon inculture cinématographique m'a fait ou me fera rater. Depuis je fouine au hasard, en espérant à nouveau faire bonne pioche. Cet autre film, c'était Lost In Translation et, oui, Garden State lui ressemble. Même présence de la bande originale, même recherche dans les plans, même archétypes de personnages, même ressorts comiques dans des scènes de vie courante virant à l'absurde... À ceci près qu'il est globalement moins éthéré, plus consistant – les scènes gratuites ont ainsi un peu plus de sens dans l'histoire et cette fois-ci la relation ambiguë ami-amant est consommée. Même causes, effets différents. Ce qui donne à Garden State un côté de comédie romantique que n'avait pas forcément Lost In Translation – et c'est là à mon avis que s'arrête la comparaison. Ce n'est pas pour me déplaire, mais ça enlève beaucoup au charme de son côté expérimental. Sans compter que le scénario est vraiment bateau. Cependant, ce film met également l'accent sur des thèmes qui me touchent plus particulièrement, comme l'âpreté des relations père-fils ou encore la difficile construction des premières conversations. Quant aux acteurs, Zach Braff (également réalisateur) est assez crédible dans les scènes moins comédie, ce qui n'était pas gagné d'avance sachant qu'il a fait ses armes dans Scrubs, et Nathalie Portman (dont je suis secrètement amoureux depuis cette scène dans Léon où elle chante Like a Virgin) a un peu tendance à trop en faire – même si c'est en partie lié à son personnage, un peu trop excentrique pour faire vrai. Et puis la fin est à gerber, dommage.

dimanche 10 avril 2005

Saw

Ce film a le mérite de m'avoir baladé tout du long, en jouant constamment sur les indices contradictoires de culpabilité des différents personnages, même si au final quand on découvre la solution, on reste un peu circonspect. Quant à la montée en tension jusqu'à la scène fatidique où la scie entre en scène, elle est relativement bien amenée. Restent certaines incohérences un peu grosses, sans citer le fait que les trois quarts des personnages rateraient une vache dans un couloir, et un jeu d'acteur un peu caricatural. La scène où les deux personnages principaux sont censés faire semblant pour tromper le tueur, du cinéma dans le cinéma, cette scène donc est volontairement grossière, sauf qu'en fait elle n'est pas si éloignée du jeu normal des acteurs et donc on a un peu de peine pour eux. À part ça, bien que ça reste très soft au niveau sanguinolance, à la limite du pudique parfois, on ressent quand même une certaine angoisse – et les deux ou trois scènes d'usage qui suffisent à vous faire sursauter sont bien présentes. Divertissant donc, mais sans plus.

samedi 02 avril 2005

(Finding) Neverland

Le Concorde c'est un petit cinéma, en ville mais excentré, avec ce charme si particulier et ces défauts grossiers qui lui donnent de faux airs de cinéma de village. Quatre salles ridicules, dont la plus grande doit faire cent places à tout casser, les autres étant plus étriquées, vingt fauteuils vieillissant quasiment à plat sur le sol, à l'aspect peu ragoûtant. Son public aussi, plus familial, plus habitué des lieux, un peu plus bavard aussi, même pendant la projection. Mais l'image est propre et le confort correct et les films ont souvent l'avantage de passer en version originale, en léger décalage par rapport aux dates de sortie – ce qui est pratique quand on a raté la fenêtre de diffusion officielle. Du reste, ça faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps d'aller au cinéma, ça faisait longtemps aussi que je n'avais pas été au bord des larmes devant un film. Neverland. Malgré ses cinq oscars, je n'en avais pas du tout entendu parler, à vrai dire j'y suis allé un peu à l'aveuglette, sur les conseils de Mathieu. J'ai bien fait. Ce film est beau sans excès, touchant sans trop verser dans la guimauve, en fait il arrive à mettre intelligemment en scène aussi bien l'imaginaire enfantin, grâce à d'intéressants montages jeu/réalité, que les mécanismes à la base de l'inspiration de certaines écritures, que l'émotion des drames tragiques qui ont émaillé une vie. Kate Winslet est vraiment magnifique, les gamins sont franchement pas mauvais acteurs non plus, enfin bref, j'ai bien accroché. C'est bizarre maintenant j'ai l'impression de percevoir des choses qui m'échappaient auparavant, certaines significations, certaines images. Je me rends aussi compte de la somme de travail qu'il peut y avoir derrière certains plans, conception, prise de vue, et l'utilisation originale de la mise au point à la place de champs/contre-champs trop conventionnels.

samedi 29 janvier 2005

The Aviator

Je n'ai strictement rien à redire à ce film, mis à part le fait que je lui trouve une légère ressemblance, sur le principe aussi bien que sur le contenu, avec Larry Flint, mais en mille fois mieux. Et c'est vraiment pour dire quelque chose, histoire d'en garder une trace dans mes archives. Kévin, qui l'a recommandé en partie parce qu'il adore les avions, le pitchait avec quelque chose du genre :

20 ans de la vie d'Howard Hugues, un milliardaire qui a fait fortune dans le pétrole. C'est un bon film (pas plus selon moi) qui démontre la passion de l'homme pour l'aviation mais surtout le cocktail de génie et de folie qui le caractérise. Pour cela, j'ai apprécié. Il était pris de ce qu'on appelle aujourd'hui les troubles obsessionnels compulsifs. C'est à la fois drôle et triste. Et ça ajoute à la sympathie que suscite son héroïsme face au système. En fait, c'est un enfant dans l'âme, je me suis un peu reconnu en ça. J'ai lu ou entendu quelque part qu'un homme ne peut être grand que s'il garde son âme d'enfant. Son histoire en est la preuve.

C'est également mon avis, à peu de choses près.

dimanche 16 janvier 2005

Le château ambulant

Cet anime touchant développe avec un lyrisme exacerbé des problématiques universelles comme l'âge, la famille, la beauté. Bon. Personnellement Miyazaki, j'arrive un peu à saturation. Certes, on ne peut pas lui reprocher de déstabiliser son public, le problème pour moi c'est de revoir une énième fois les mêmes ressorts actionner les mêmes mécanismes pour transmettre les mêmes émotions. Ainsi on retrouve dans ce Château Ambulant les mêmes envolées poétiques sagement accompagnées au piano, les mêmes archétypes de personnages à qui il arrive les mêmes péripéties devenues presque anecdotiques, les mêmes auxiliaires amusants qui en jouant autour de l'histoire apportent une fraîcheur bienvenue. Encore une fois, pris individuellement, ce long métrage tient la route, bien que certains rebondissements me semblent un peu trop faciles. Il fourmille de détails ingénieux, dans cette ambiance qui rappelle avec bonheur celle de Sherlock Holmes, il ne souffre que de peu de longueurs sur les deux heures qu'il dure, et il provoque malgré tout des sourires et des haut-le-cœur. Mais, encore une fois, on y va aussi pour voir le Miyazaki de l'année, dans une logique presque commerciale de cette même bonne recette qu'on exploite le plus possible. Et je trouve ça dommage.

lundi 10 janvier 2005

Tu vas rire mais je te quitte

Maintenant, tout ce que fait Philippe Harel, j'ai un peu tendance à le prendre pour du pain béni. Et du reste, je ne comprends pas trop le relativement mauvais accueil qui a été fait de ce film. Bon évidemment c'est une comédie qui joue sur les diverses formes de l'échec social en général, alors ce n'est pas toujours très vivant ni systématiquement hilarant. Non, il y a quelques longueurs, quelques situations qui flottent trop entre l'ironie et le premier degré – ce qui est en grande partie dû au jeu de Judith Godrèche, qui nous refait une prestation dans la veine de celle de l'Auberge Espagnole, en beaucoup moins grave. Mais au risque de me répéter dans mes critiques, ce film reste par ailleurs plein vraies bonnes idées. Citons par exemple le fait qu'il se déroule dans le milieu du cinéma et du spectacle, et donc que la mise en scène de séquences jouées est un excellent prétexte à toutes sortes de performances plus ou moins délirantes, avec parfois même de vrais pièges dans la trame du film. Bon, ça ne remplace pas la probablement magnifique adaptation de Particules Elémentaires qui aurait dû être le prochain projet de Philippe Harel, mais c'est une bonne comédie ni trop lourde ni trop cérébrale.

dimanche 02 janvier 2005

Ocean's Twelve

C'est globalement la même recette que le premier, mais de façon presque prévisible ça fonctionne moins bien. Le scénario se base sur les mêmes effets de surprise tout en ayant malheureusement tendance à verser dans la surenchère alambiquée. Le résultat est qu'à mon avis, on finit par se perdre dans un dédale d'astuces qui font que la résolution finale n'est pas aussi claire et aussi intelligente que l'original. D'ailleurs, je suis sûr qu'en fouinant bien on peut trouver de vraies incohérences. A part ça, le film lui-même regorge quand même de pas mal de vraies bonnes idées, dont une intervention de Bruce Willis avec une mise en abîme assez croustillante, et quelques plans vraiment inventifs comme on avait pu en voir dans Ocean's Eleven, dont un atterrissage d'avion assez original. Vincent Cassel est bien mais sans plus, disons qu'il surjoue un peu mais pas trop, et que ça tient peut-être au personnage lui-même. Par contre dans la version française on l'a m'a-t-on dit affublé d'un accent italien d'assez mauvaise facture, en lieu et place de ses répliques en français dans le texte. Dommage. Et puis j'ai trouvé les interventions d'Andy Garcia vraiment tirées par les cheveux, pas du tout naturelles disons, et les cinq premières minutes du film où il retrouve chacun de ses onze cambrioleurs sont vraiment à la limite du ridicule. En résumé, donc, bien, mais pas top.

samedi 04 décembre 2004

Les Indestructibles

Un excellent Pixar, drôle et rythmé. Pour le reste, je ne sais pas si vous avez aussi remarqué, mais les critiques de cinéma sont souvent plus plaisantes à lire quand elles sont mauvaises, comme s'il était au fond plus facile de dire des méchancetés gratuites que d'encenser un film pour le plaisir de le faire. Donc, deux reproches que je pourrais émettre à propos des Indestructibles ; d'une part il faut qu'il arrêtent d'abuser comme ça des effets de profondeur de champ, même si je sais que la mise en oeuvre de cet effet est un progrès technique notable, ça fait un peu comme dans les premiers films parlants, les gens font du bruit pour tout et n'importe quoi. Et d'autre part, si Amanda Lear est de façon assez surprenante relativement bien dans le rôle du personnage qu'elle double, Lorie est elle souvent limite (comprendre exagérément survoltée), ce qui heureusement ne porte pas trop à conséquence, elle n'a pas beaucoup de texte.

dimanche 17 octobre 2004

Aaltra

Deux voisins qui ne peuvent pas se sentir, un cadre commercial et un agriculteur, Benoît Delepine et Gustave K/vern, se retrouvent suite à un malheureux accident de tracteur, compagnons paraplégiques d'infortune dans un road movie en fauteuil roulant qui est censé les ammener jusqu'en Finlande, où se trouve le siège de l'usine ayant fabriqué l'engin du crime. Ce film est un summum d'un humour bien grolandais, avec un ton acide et un grain noir et blanc qui n'est pas sans rappeler C'est arrivé près de chez vous – avec une esthétique néanmoins plus travaillée. À ne prendre évidemment pas au premier degré, le fauteuil roulant n'étant qu'un accessoire comique de plus ; bien souvent il s'agit plus de rire de la méchanceté, de la bêtise et de l'égoïsme de deux protagonistes réellement sans-gêne face à des interlocuteurs souvent trop généreux. Ce n'est ni gras ni absurde, il y a certes des moments cruels, mais la plupart du temps c'est le cynisme qui domine, entrecoupé de séquences proprement hilarantes qui ne sont c'est vrai que des prétextes à faire rire. Mais il ne s'agit de rien de plus, au fond. Et à ce niveau là il y a de quoi faire.

dimanche 10 octobre 2004

Resident Evil Apocalypse

Ce film est mauvais. Voilà. Pire que tout, ce film est un mauvais film qui ne s'assume même pas. Quand on m'a convaincu d'aller le voir, je m'étais dit qu'après tout ça pouvait être soit du bon divertissement bien gros bien lourd, soit un navet ridicule à la limite de la série B, au moins ça m'aurait fait rire. Mais visiblement, non, même dans les films d'action bien bourrins il y a une distinction entre les acceptables (The Rock, Octobre Rouge) et les autres – de là à dire qu'il faut une certaine intelligence pour arriver à concevoir un film d'action, rien que cette perspective me fait frissonner. J'ai été relativement étonné par le rythme assez frénétique auquel se déroule le film, les séquences s'enchaînent à une vitesse quasiment épileptique, chacune contenant le minimum d'informations possible pour le spectateur (histoire de ne pas trop le fatiguer), le tout desservi par une esthétique vraiment caricaturale. Les scènes de combat sont particulièrement énervantes, elles sont montées par plans d'une demi-seconde qui donnent l'impression d'avoir été filmées au stroboscope, sans doute pour ne pas trop trahir la rigidité cadavérique des acteurs – j'espère sincèrement qu'ils n'ont pas été doublés. Et puis bon, même pris au second degré on n'arrive pas une seule fois à avoir ne serait-ce qu'un ricanement nerveux, parce que tout ce beau petit monde se prend finalement vraiment au sérieux. Par exemple les dialogues sont simplistes mais reflètent néanmoins un certain effort pour ne pas tomber dans le ridicule, ce qui aurait pu sauver le film, du coup on en a presque de la peine. Je ne crois pas que le premier Resident Evil ait reçu une critique aussi brillante que ça, cette suite aurait au moins pu non pas verser dans la parodie, mais se donner des airs moins pompeux, plus humbles. Là c'est la même une débauche de moyens pour un long métrage tout aussi creux et insipide, avec certes quelques références aux jeux vidéos éponymes (Code Veronica...) pour amuser les fans et de nombreux plans prétextes pour distraire ces messieurs de l'assistance. Mauvais délire, à éviter absolument, donc.

dimanche 29 août 2004

Pêle-mêle

La journée a commencé aux aurores, je devais me réveiller aux environs de sept heures du matin pour amener ma soeur à la gare. Elle va s'amuser à passer 18 heures de son week-end dans des trains, tout ça pour aller voir des amis à Toulouse. Faut être motivé quand même. Une fois rentré, j'ai réussi à me forcer à re-sortir, histoire d'aller voir J'me sens pas belle, en passant auparavant par la case supermarché. J'avais plus ou moins prévu de claquer cinquante euros en cédés, mais comme par hasard sur les présentoirs aucun des albums que je voulais n'étaient disponibles. Aucun. Au lieu de ça, j'ai joué au chat et à la souris avec une fille qui parcourait les rayons en même temps que moi. Et cette fois c'était vrai, parce que je sais que j'ai parfois tendance à me faire des gros films, elle me suivait, vraiment, et je la suivais aussi, vraiment, même qu'au bout d'un moment ça m'a foutu carrément mal à l'aise, alors je suis parti me cacher. La prochaine fois, il faudrait que j'essaie de décocher au moins un sourire.

Le film était plutôt pas mal dans son genre, mais je ne saurais pas trop dire pourquoi. Il est construit de telle manière à ce qu'on ait toutes les cinq minutes la pire des hontes pour chacun des deux acteurs, évidemment parce qu'il y a des scènes qui sont profondément ridicules, aussi parce qu'il y a ces détails où on est obligé de se reconnaître et qui donc vous touchent un petit peu, comme ces silences gênés ou ces conversations creuses. C'est peut-être pour ça qu'on s'attache quand même aux personnages, même si au fond le scénario n'est qu'une millième redite. Par contre, évidemment ça fait un peu bizarre de se retrouver seul dans la salle devant ce genre de films. Je crois qu'il y a des fois où l'ambiance a besoin d'un public qui réagit pour prendre sa pleine mesure – d'autres fois c'est pénible, mais là de sentir inconsciemment d'autres personnes tilter pour les mêmes raisons que toi ça doit quand même être... rassurant.

En fin de compte, j'ai fait la navette jusqu'à l'autre côté de la ville pour trouver ce que je cherchais. L'album de The Darkness que j'ai bien failli louper, tellement il était bien caché derrière des trucs qui n'avaient rien à voir, et puis le premier de Phoenix – et Muse et Morcheeba pour la forme. Phoenix c'est sympa, même si je risque peut-être de m'en lasser aussi vite que Weezer. C'est des guitares gentillettes vaguement joyeuses, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est simple et agréable, un peu comme Air mais en moins éthéré, en plus consistant. J'ai hésité aussi, plutôt pas mal, devant le dernier album d'Autour de Lucie. La première fois que je les ai entendus, c'était sur une compil' offerte par ma banque, une ballade brillante et sucrée qui m'avait plu parce qu'elle était faite pour ça. Et puis récemment je les ai à nouveau entendus par hasard et, comme je suis en train de me dire que si ça se trouve je loupe pas mal de trucs parce qu'ils ne sont pas assez médiatisés, je me suis dit pourquoi pas. C'est juste qu'il sonne un peu trop sombre par moments et que je ne suis pas trop dans une période prise de tête.

Le soir je suis allé aux Rendez-vous de l'Erdre, sans doute une de ces manifestations culturelles qui font que Time considère Nantes comme la ville la plus agréable d'Europe. En fait c'était plutôt une sorte de guinguette géante autour des quais – et quand je dis guinguette, il faut voir les marchands de crèpes et de merguez-frites et les comptoirs improvisés sur des trétaux en bois. Et la foule dense qui marche, qui se presse, à se demander où vont tous ces gens. Vers ce concert façon mauvais Jazz où on a l'impression que le violoniste joue en play-back ou plutôt vers ce pianiste qui improvise à l'abri d'un grand marronnier. Un peu cliché, oui. Mais un cliché malgré tout agréable, où on a l'impression qu'une autre lumière a envahi la ville. C'est peut-être les lampions dans les arbres qui n'éclairent pas vraiment ou ces reflets qui clignotent dans les remous de l'eau ou ces bruits et ces odeurs tellement inhabituelles pour un centre-ville. Au coin de cette rue où tu as dû passer une bonne centaine de fois, une scène s'est installée et du coup t'as l'impression d'être vraiment ailleurs. Dans le sud, là où les crépuscules sont ocres et les soirées douces et chaudes.

On s'est posés aléatoirement dans des coins plus ou moins glauques sur l'île de Versailles ou en bas de la Préfecture. À se raconter des énigmes et à monter des théories sur les bombes et les crashs d'avions. À parler aussi, de cette proposition d'embauche que j'ai refilée à Yves et qui va peut-être aboutir et ça me ferait vraiment plaisir. Pour lui évidemment, mais aussi pour l'impression d'avoir été utile à quelque chose et d'avoir aidé quelqu'un. Juste avant l'entretien il m'a appelé pour avoir des conseils sur la manière d'aborder le recruteur et au final s'il décroche le poste ce sera un peu grâce à moi. Je sais pas si c'est du vrai altruisme – pas que je lui demande quoi que ce soit en retour, plus dans l'idée où je suis plus content de l'avoir aidé que du fait qu'il retrouve du travail. Je me souviens de ce court-métrage où, après la mort, Gabriel jugeait de votre aptitude à monter au paradis en comptant le nombre de gens dont la vie aurait été fondamentalement différente si vous n'aviez jamais existé. C'est sans doute infiniment prétentieux comme façon de voir, mais ça me plaît plutôt assez.

Ça c'est fini du côté de la Jonelière, juste le temps de voir les poivrots sortir de La Belle Eloïse et reprendre le volant, de pisser dans la flotte, de jouer avec les amarres des bateaux et d'enchaîner les clopes. La clope, à part ce goût désagréable qu'elle laisse au fond de la gorge, au fond je n'en vois pas trop l'intérêt. Il faudra peut-être qu'on m'explique.

mardi 24 août 2004

Le Village

<sous-titre>un navet intergalactique une bonne comédie dramatique de M. Night Shyamalan</sous-titre> Pourtant ça commence plutôt pas mal, la première demi-heure on a l'impression qu'on va assister à un sympathique film fantastique centré une pauvre petite communauté villageoise d'il y a quelques siècles, recluse, pleine de caractère et bourrée de secrets – innocemment martyrisée pour les besoins de la production par d'ignobles bêtes sauvages venues des bois. Et puis, je sais pas, à un moment ça se barre en couille. Ça doit commencer aux premiers relents d'un sentimentalisme lourdement exagéré, mais bon à force d'en voir un peu partout on a pris l'habitude de passer outre. Ensuite les scènes de mélodrame, bons prétextes aux larmes et aux bisous-câlins, s'enchaînent les unes après les autres à un rythme de plus en plus soutenu, ça commence à sentir le roussi. Je crois que le comble reste quand même la première fois où on voit effectivement lesdites bestioles, on finit par se demander s'il n'y a pas réduction drastique du budget costumes, aux alentours de dix dollars je dirais. Après ce n'est qu'une lente descente aux enfers, de plus en plus risible, le ridicule atteignant son paroxysme dans la scène de poursuite finale, qui n'est en fait qu'un gros prétexte dans le scénario, et dans la conclusion complètement absurde tant par son contenu que par la pseudo-moralisation carrément caricaturale qui lui est superposée. À se demander si tout ça n'est pas fait exprès. Je ne vous ferai pas l'affront de vous raconter cette fin, dont la tournure incroyablement cheap constitue à mon avis le seul intérêt du film. Évidemment, a posteriori on se pose toujours la question, est-ce qu'un film aussi mauvais vaut quand même le coup d'être vu ? Oui et non, c'est toujours plaisant d'être le témoin amusé de conneries aussi énormes. Après, à huit euros la place, c'est vrai que ça fait quand même cher de la connerie.

dimanche 11 juillet 2004

Thème

T'as jamais cette sensation bizarre quand tu sors du cinoche, d'être tellement rempli par le personnage principal qu'en passant les portes, t'as encore l'impression d'être lui et d'avoir gardé ses super-pouvoirs ? Tu marches vers ta voiture machinalement, tu t'assieds et tu tournes la clé, tu te dis que t'es juste en train de rentrer chez toi – mais pour quelques minutes encore t'as l'impression d'être ailleurs. Les choses ont l'air différentes, les gens ont l'air différents, pour peu tu pourrais changer le monde, d'un geste, comme ça, comme quand le héros il sauve la fille. C'est comme quand tu va voir des films tristes, t'en ressors t'es tout mou, tout moyen, la moindre petite catastrophe te ferait presque pleurer ou comme quand t'as ri comme un imbécile pendant une plombe et que ça s'arrête, toi sur ta lancée tu continues, tu te bidonnes pour rien ou, pour pas grand chose. Bon, ça le fait pas pour tous les films, c'est sûr, et puis des fois ça le fait à la télé aussi, mais c'est plus rare. Et bien moi j'ai une théorie là-dessus. Tu vois, ces gens, ces acteurs, qui te racontent leurs histoires, c'est tous des fichus menteurs – mais c'est vrai qu'ils mentent tellement bien qu'au bout du générique toi t'as encore envie d'y croire. Du coup, tu te dis qu'on t'a mené en bateau pendant une heure et demie, alors au fond quelques minutes de plus ou de moins en te relevant de ton siège, qu'est-ce que ça change ? Ca embête qui, si toi aussi tu te fais ton petit mensonge pendant ces minutes-là, si toi aussi tu te crois le plus beau et le plus fort du monde ? Juste quelques minutes. Après, de toutes façons, les gens ils te la rappellent bien, la vérité, pour peu que tu regardes un peu autour de toi ou que tu les entendes jacasser sur le parking.

jeudi 08 juillet 2004

Fahrenheit 9/11

La salle était bruyante et remplie comme un oeuf. Le côté amusant, c'est qu'au bout d'un quart d'heure de retard, quand les lumières se sont enfin éteintes, on a eu droit à un Aaah... façon Cité de la Peur assez marrant. Le côté moins amusant, ce sont les abrutis qui ont cru intelligent d'applaudir à deux ou trois reprises pendant la séance. Je déteste les gens qui font ça. Qu'est-ce qu'ils applaudissent ? Je pense que la probabilité d'avoir une personne dans la salle à même de rapporter ces félicitations à l'équipe du film est relativement maigre ; alors je me demande si au fond ils n'applaudissent personne, sinon eux-mêmes, tout fiers qu'ils sont d'avoir saisi l'intelligence d'un bon mot ou le côté subtilement ironique d'une situation, se congratulant mutuellement de cette soi-disant complicité de quelques secondes avec le reste du public. Abject.

Lire la suite...

mercredi 07 juillet 2004

Publicité

Oui, donc, deux bonnes raisons pour lesquelles j'irai voir SuperSize Me et Fahrenheit 9/11. Pas pour l'intérêt journalistique du documentaire, ha ha, elle est bien bonne celle-là, non – pour soutenir la liberté d'expression aux États-Unis et parce que ça montre qu'on peut entendre une autre voix en Amérique, derrière celle de la pègre multinationale et des néo-conservateurs. Et je suis sûr que je n'ai pas besoin de rappeler l'affaire Moore-Disney. Moi je trouverais ça dommage d'avoir une preuve vivante du fait que l'ultra-libéralisme mène inévitablement au fascisme... Comme vous y allez!! J'essaie. Et si ça ne vous intéresse pas, allez au moins voir Shrek 2, c'est vachement drôle.

lundi 14 juin 2004

I Lost My Wallet in El Segundo

J'ai un petit peu la même impression mitigée qu'après Ocean's Eleven, tout ça parce que c'est un remake. Je suis le genre de garçon à ne vivre que pour la fin des films, au fond pour moi l'histoire n'a d'intérêt que pour son dénouement, c'est idiot, c'est stupide, parce qu'entre le début et la fin il se passe souvent des centaines des choses qui à elles seules méritent ton intérêt, mais moi j'attends, j'attends la fin, toujours. Alors évidemment, de savoir que cette fin, au bout du compte elle a été empruntée à un autre film, que c'est une fin qui a été écrite il y a quelques dizaines d'années et qu'on s'est dit, oui, ce serait pas mal de raconter une autre fois cette même fin, ça me gâche un peu le plaisir. Même si la manière dont justement c'est raconté est géniale, parce que l'ambiance d'Ocean's Eleven c'était quand même quelque chose, et l'ambiance de Twelve Monkeys c'était quand même quelque chose. Parce que l'ambiance de LadyKillers c'est quand même quelque chose. Il y a du O' Brother dans ce Cohen là, c'est indéniable. Il y a l'humour et la dérision, il y a Tom Hanks en parfait gentlemen exagérément vieux-jeu, une vraie performance d'acteur, qui participe beaucoup à la réussite du film. Il y a la maladresse de cette bande de malfrats, à la petite semaine, presque anti-héroïque, et ces jeux de mots involontaires presque parodiques. Et surtout une bande originale à la mesure de celle de O'Brother. Quelque part, le but c'est peut-être de montrer une vision, et qu'il faut justement s'attacher à aller voir cette vision, précisément.

lundi 24 mai 2004

Pot-pourri

Parce qu'il faut bien s'occuper pendant les longues heures de trajet.

Le premier volume du best-of des Beatles, celui qui est sorti il y a quelques années, vous savez, cet album rouge avec une photo en contre-plongée des quatre boys dans la cage d'escalier (?) chez EMI – et bien cet album est horrible. Enfin pas intégralement, c'est juste que le premier CD est rempli de ritournelles sucrées et criardes, avec les quatre même accords repris en boucle et le mot love tous les deux vers. C'est peut-être dû à leur public de l'époque, mais bon quand même... Je m'en doutais un peu, j'ai toujours trouvé les premières années du groupe particulièrement minables. Heureusement, le disque va en s'arrangeant, un peu comme l'autre volume – l'album bleu, que j'adore – et quelques-unes unes des dernières chansons (sinon dans le temps, au moins dans la playlist) sont plus qu'écoutables, genre Yesterday ou Michelle.

Et puisqu'on est dans la série compilations, j'aime beaucoup celle de Michel Polnareff, Passé-Présent. Ce n'est pas aussi psychédélique qu'on pourrait imaginer, il y a bien quelques arrangements bizarres et deux ou trois délires incompréhensibles, mais l'ensemble en général est quelque chose de tout à fait à part, avec ce style si particulier et ces orchestrations complexes et subtiles, genre années 80 mais en plus raffiné. Et ces paroles portées par cette voix, cette voix incroyable, qui monte et descend à loisir. Vraiment sympathique.

A part ça, j'ai eu l'occasion de regarder Les Invasions Barbares et Chouchou. Bien qu'il ne mérite sans doute pas tout le foin qu'on a fait autour, Les Invasions Barbares est un bon film. Ni trop larmoyant ni trop compatissant, face aux dernières heures de la vie de cet universitaire retraité, avec deux ou trois bonnes réflexions bien amenées, sur la société, sur le mariage, sur les idéaux, sur l'argent. Je ne sais pas si la société canadienne est vraiment dans cet état là, mais le constat des protagonistes est assez amer dans ce domaine. Les remarques que j'aurais à faire concernent la narration, qui est juste un peu trop remplie de tirades culture-confiture et juste un peu trop caricaturale dans la relation père-fils-qui-se-détestent-mais-en-fait-s'adorent. Et puis il faut quand même avouer que des fois c'est un peu compliqué à suivre, québécois oblige. Mais dans l'ensemble ça va.

Quant à Chouchou, si on le considère comme un film potache sans autre prétention que de faire rire le spectateur, avec des jeux de mots à la limite du pathétique donc d'autant plus hilarants et parfaitement dans le second degré du film, alors on peut dire que c'est un bon divertissement. C'est grotesque mais jamais ridicule, c'est moqueur mais jamais méchant, l'histoire file parfaitement sans accrocs, et Gad Elmaleh, que je ne trouve drôle qu'une fois sur deux, tombe ce coup-ci bien dans le ton du personnage, innocence maladroite mais bon enfant. Bref, c'est une bonne comédie des familles.

Pour finir, les deux volumes microscopiques de la série des aventures de Benjamin Malussène ne sont pas franchement intéressants. Monsieur Malussène au théâtre est juste un copier-coller rapide des quatre premiers livres, histoire d'en faire une adaptation pour la scène. Quant à Des Chrétiens et des Maures, on dirait plus une featurette vite-faite mal-faite, sans aucune personnalité. À oublier vite fait, histoire de ne pas garder cette mauvaise surimpression.

jeudi 20 mai 2004

Vol. 2

Le scénario est toujours aussi confettique, même si les personnages gagnent un peu en profondeur. Disons qu'on nous fournit plus de mobiles, plus de background, même si ces arguments restent au final d'une banalité affligeante. Mais évidemment, et c'était encore plus flagrant dans le premier, Tarentino peut se payer ce genre de luxe, tant la tartine-existentielle-moins-t'en-as-plus-t'étales est anecdotique – sans intérêt ? – dans l'oeuvre. Parce que Kill Bill 2 reste une expérience graphique incroyable. Les cinq minutes de gigotements d'Uma Thurman dans un noir absolu, écran vide, juste le son de l'oppression, vraiment, quand je parle de luxe, c'est impressionnant à vivre. Et il y a les références cinématographiques récurrentes dans le film, et David Carradine, souvent référence à son propre personnage dans Kung-Fu. Quand aux combats, exit la boucherie soigneusement chorégraphiée du premier, les joutes sont fulgurantes de simplicité. Tout se joue en trente secondes et c'est impressionnant comme c'est bien réglé. Du coup le rythme semble un peu plus espacé, plus sec, mais on ne s'ennuie pas une seconde. Oh, il y a bien deux ou trois détails agaçants, c'est du gros c'est du lourd, mais au fond on s'en fiche un peu. Il faudrait juste que je revoie les deux à la suite, histoire de dire.

mercredi 28 avril 2004

And all that jazz

Hey, vous savez quoi, pour changer un peu, je vais vous parler de Chicago, cette comédie musicale dont ils ont fait une adaptation au cinéma il y a quelques temps maintenant, avec Catherine Zeta-Jones, Renée Zelwegger et Richard Gere. Parce que j'ai vu Chicago, on a loué le DVD hier soir, c'était ça ou Moulin Rouge, dans le doute, j'ai dit tout sauf Moulin Rouge, mais quelque part je devrais peut-être arrêter avec mes préjugés à la con. Parce que j'ai trouvé ça assez chouette. Bon point, c'est à cent millions d'années de Huit Femmes, ma dernière expérience en la matière. Non, les chansons et la mise en scène coulent tout naturellement, tout s'enchaîne à une cadence incroyable sans le moindre moment un peu en dessous. En plus, pour une fois, le fait d'avoir fait performer les acteurs, ça donne quelque chose de vraiment bien, et la prestation de Catherine Zeta-Jones est quasiment parfaite, autant en danse qu'en chanson, Richard Gere tombe presque dans la parodie de ses rôles de minet habituels, même les personnages secondaires font des interventions convaincantes. Je ne sais pas si la comédie musicale originale était aussi bien, mais au moins il n'y à rien à redire sur ce passage à la pellicule. Je conseille, donc, divertissement drôle et entraînant.

vendredi 23 avril 2004

Monster

Je ne sais pas trop quoi dire de Monster, à part que c'est une histoire vachement triste. Acteurs et scénaristes se sont défendus d'avoir fait un portrait partisan d'Aileen Wuornos, cette prostituée qui s'est vue condamnée à mort dans les années 90 après une série de meurtres sur des clients plus ou moins violents. Et en effet, on aurait trop vite fait de faire d'Aileen la méchante criminelle et de Selby, sa petite amie, la gentille fille qui essaie de la raisonner. Plus, on aurait trop vite fait d'adhérer au cliché de la prostituée violée qui décide de se venger froidement. C'est bien plus ambigu. Parfois on arrive à un début de compassion pour cette folie meurtrière, mais parfois c'est juste des meurtres aveugles dictés par une logique discutable, tous les hommes qui vont voir des putes ne sont pas des salauds. Et Selby ressort comme une femme-enfant qui ne sait pas ce qu'elle veut, autant elle réprouve chacun des assassinats avec force, autant c'est elle qui peu à peu met Aileen au pied du mur et l'incite à aller se prostituer, et donc à tuer. Ces destins n'en sont pas pour autant infiniment tristes, même si c'est toujours l'inévitable schéma de la rencontre de la dernière chance, des espoirs qu'elle suscite, des évènements qui reprennent le dessus, avec tout ce qu'il y a en arrière plan, les agressions, la violence, le glauque de certaines scènes, l'incompréhension, la marginalité, cette femme qui a vécu trop de choses pour se contenter de se comporter comme tout le monde même dans les lieux les plus anodins, cet amour étrange qui est tout sauf salvateur et qui vous émeut malgré la dureté du propos. À la fin, chacun se fera son avis sur l'histoire et, évidemment, sur la peine de mort – autant pour Aileen que pour ses clients. Comme à la fin de l'Ultime Souper, on se demande où est la limite, si on décide par vengeance, par la loi ou par de bons sentiments d'exécuter les gens mauvais, où doit-on s'arrêter, faut-il considérer les repentirs tardifs, faut-il exécuter les gens qui exécutent ? Reste que cette ambiguïté est vraiment bien mise en scène, malgré quelques moments un peu trop touchants, et parfaitement interprétée. La musique fait également un peu cliché, avec ses grosses guitares qui font trop dans le film de paumés. Et Charlize Theron, qui est vraiment horrible, ça évite ainsi tout a priori de sympathie à son égard, méritait probablement son oscar.

samedi 17 avril 2004

Ghost World

Ghost World CaptureGhost World CaptureGhost World CaptureGhost World CaptureGhost World Capture

mardi 23 mars 2004

Memento Mori

Pas vraiment réussi à accrocher au trip collégiennes coréennes hystériques et maniaco-dépressives, du coup j'ai trouvé ça un peu compliqué de suivre les changements de rythme de la narration. Une histoire de journal intime, d'amourette qui tourne mal, sur fond de délires adolescents. Souviens-toi des morts, mais les retours en arrière qui découpent le récit et le rendent plus confus qu'autre chose. Et puis bon la scène de panique finale, un tantinet longuette, comme le reste du film, on ne sait pas toujours où on veut en venir, ce qu'on cherche à prouver, peut-être que l'incohérence de la réalisation reflète en fait l'incohérence des esprits des écolières, quelque chose du genre. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, non, c'est spécial et c'est peut-être moi qui ai du mal avec le genre.

samedi 13 mars 2004

Big Fish

C'est un peu le Forrest Gump de Tim Burton, ou en tout cas c'est comme ça que je le vois, pléthorique et féerique. Je n'aurais pas grand chose à rajouter, je pourrais parler des intterrogations sous-jacentes, la mort, la relation père-fils, les souvenirs... Tim Burton remercie les producteurs qui l'ont cette fois laissé faire – pas comme pour La Planète des Singes. Alors je remercie Tim Burton.

lundi 08 mars 2004

Huit Femmes

D'accord pour avoir réuni cette brochette d'actrices au sein d'un même projet. D'accord pour avoir soutiré quelques notes potables à Catherine Deneuve, après son sceptique duo avec Malcolm MacLaren. D'accord pour avoir eu l'audace de faire embrasser cette même Catherine Deneuve et Fanny Ardent. Mais alors tout le reste du film sonne creux. Les chansons tombent comme un cheveu sur la soupe, sans rapport réel avec la situation, sans même véritable transition avec la scène. Elles ne sont pas superbement interprétées non plus, mais c'est excusable, ce sont les actrices qui chantent. Par contre c'est souvent lourd et surjoué. C'était peut-être voulu, mais je n'ai pas l'impression que, et ça n'apporte rien à l'histoire. Et puis le scénario et la fin un peu parachutée, même les justifications de l'intrigue et les coups de théâtre n'arrivent pas à rendre le récit intéressant. Au final, je ne peux même pas prendre tout ça au second degré, on sent que tout ce beau monde est sincère. C'est juste que c'est affreusement maladroit, que ça aurait mérité mieux.

mercredi 07 janvier 2004

Lost In Translation

Rappelez-moi de ne plus jamais aller à la première séance d'un film un début de mercredi après-midi. C'est difficilement supportable. En ce qui concerne Sofia Coppola, je restais sur une impression mitigée, après un Virgin Suicides que j'ai trouvé franchement mollasson et un brin poussif sur la fin. Mais là, Bill Murray légèrement à l'ouest, Scarlett Johansson dont toute personne normalement consituée ne peut que tomber amoureux, le Japon toujours aussi excentrique et une histoire d'amitié à l'autre bout du monde, je me suis dit, pourquoi pas.

Sauf qu'évidemment, les lycéens qui tapissaient le fond de la salle ont gloussé grassement pendant un bon tiers du film, gâchant toute l'auto-dérision et le second degré de ce vieil acteur sur le retour, déconcerté par le comportement décalé de ses interlocuteurs nippons. Heureusement, l'histoire en est venue aux conversations, aux silences, aux traits d'esprits et là la salle s'est tue.

Le Japon tient une part assez importante dans le film, avec toutes les bizzareries généralement admises à son sujet. Enfin je veux dire par là que toute personne s'vaguement intéressée par les mangas, les jeux-vidéo, etc., a, par transfert, une certaine connaissance des principaux aspects de la société japonaise, tiraillée entre la modernité et la tradition, animée de millions de détails infiniment kitch et donc la jeunesse s'occidentalise de manière assez... étrange. Ce que le film, donc, retranscrit assez bien.

Quand à la relation entre nos deux expatriés, elle est assez bien développée et je n'ajouterai rien de plus. A part que c'est un bon film, avec bien plus de texture que Virgin Suicides, tant au niveau du scénario que de la mise en situation au pays du soleil levant.

lundi 05 janvier 2004

The Station Agent

En même temps, évitez de me prendre trop au sérieux quand je sors des argumentations qui se veulent un peu intelligentes. Parce que je les considère toujours avec le fond d'autodérision qui m'habite actuellement. J'avais éventuellement en projet d'exposer ma grande théorie sur l'absence de sens absolu de ce monde. Théorie qui n'est d'ailleurs pas si négative que ça, vu qu'elle justifie à peu près tous les comportements possibles et imaginables, y compris l'adhésion en masse à la bonne vieille morale judéo-chrétienne. Théorie qui a de plus le mérite d'être un modèle cohérent, sans que se soit une raison suffisante à son exactitude. Les espaces non-euclidiens sont des mondes géométriques où certaines lois généralement considérées comme naturelles sont violées, sans pourtant que cela ne conduise à des abérrations fondamentales qui prouveraient leur non viabilité et donc leur inexistence. Ils se suffisent alors à eux-mêmes dans leur anormalité. Inhabituel mais pas impossible. J'aime assez.

Ce matin, deux personnes, dont votre serviteur, assistaient à la projection en version originale de The Station Agent, à l'UGC Ciné-cité Atlantis. Dans un sourire matinal la caissière/ouvreuse m'a dit de me mettre où je voulais, il n'y a pas grand monde. Plein centre, donc, pour quatre-vingt-dix minutes de superbes plans de coupe. Picturalement, j'entends. L'histoire en elle-même n'est pas fondamentalement originale. Un nain ronchon qui se laisse malgré lui envahir par l'amitié de ses nouveaux voisins dans un trou paumé du New-Jersey – quel mauvais pitcheur je fais. Mais l'ambiance est là, un peu décalée, recherchée, disons. N'importe lequel de ces plans ferait d'ailleurs une magnifique photo. Et je sais de quoi je parle, j'en rate personnellement un sacré paquet, depuis plusieurs mois. Un de ces films qui pourraient me convaincre que c'est simple de vivre. Malgré quelques détails improbables et une ou deux scènes agaçantes, car trop convenues. Vaut bien ses cinq euros, conclurais-je.

mardi 30 décembre 2003

Sinologie

Au fond, Tanguy n'a pas tellement les prétentions de comédie sociale qu'on a voulu lui préter, ou que du moins je m'attendais à lui attribuer suite aux quelques retours que j'en ai eu. Bien sûr, le film se base sur un constat sans doute justifié – les enfants qui restent de plus en plus tard chez leurs parents. Mais il n'est pas vraiment la satyre acide et agressive qu'il aurait pu être. Non, il s'oriente plus vers la comédie de boulevard, prétexte aux méchancetés les plus plates et aux gags les plus convenus. On pourrait dire que cette légèreté de traitement veut peut-être dire quelque chose, mais je ne suis pas convaincu. La seule chose qui pourrait prêter à débat serait de savoir, au final, qui sont les plus grossiers et les plus méchants. Sont-ce ces parents qui font des pieds et des mains pour être les plus désagréables possibles et faire fuir leur fils, ou n'est-ce pas plutôt ce personnage profondément égoïste et envahissant, qui refuse obstinément de soulager les gens qu'il aime du poids qu'il représente ? Même si la fin est propre et lisse, à l'image du reste du film d'ailleurs.

mardi 23 décembre 2003

LOTR

J'avais raison. C'était pas vraiment risqué comme supposition, vous me direz. Sur la forme, je me demande si on peut reprocher quelque chose à cette adaptation. Au fond, c'est la vision de Peter Jackson. S'il a perçu le livre d'une manière aussi cul-cul, aussi proprette, alors c'est réussi. Surtout avec les sourires pertinemment ridicules d'Elijah Wood et les gentilles minauderies de Liv Tyler. Et puis, c'est une adaptation, donc c'est normal qu'il y ait quelques libertés prises avec l'histoire originale. Et si à des moments c'est vraiment du n'importe quoi, c'est que ça sert le rythme effréné hollywoodien, avec ses salvatrices respirations à Fondcombe et son admirable humour de hobbit. Pour parachever le tout, ils ont remis quelques chansons, ce qui est sûrement bienvenu, surtout dans la bouche de Billy Boyd. J'oubliais les plans sur les femmes et les bébés de Minas Tirith, qui sont poignants de sensiblerie. Je crois que plus personne n'osera toucher au Seigneur des Anneaux pour un moment.

mercredi 17 décembre 2003

Les démons de Jésus

De Bernie Bonvoisin. Le quotidien d'une troupe de fortes têtes, une famille de marginaux dans la France de la fin des années soixante, tous plus tarés les uns que les autres. Petites combines et rivalités avec le clan de Siciliens voisins. Des dialogues à la Audiard, avec certaines tirades proprement hilarantes – dont une de Martin Lamothe en flic tatillon (mais au grand coeur), sur les risques de contagion par le virus portuguais, face à son subordonné qui prend tout au pied de la lettre. Avec une Nadia Farès terriblement belle, en petite soeur rebelle qui essaie de fuir du trou à rats familial. Et un José Garcia, que je préfère définitivement à contre-emploi, qui joue le rôle d'un attardé mental martyrisé mais conscient. Et Élie Sémoun en petite frappe à la grande gueule. Et Marie Trintignant en tétraplégique aigrie. J'ai beaucoup aimé.

dimanche 14 décembre 2003

Frodon aux neuf doigts...

Après six mois de lecture, entrecoupés par pas mal d'autres livres, j'ai enfin fini Le Seigneur des Anneaux. Dans les temps pour la sortie du troisième film, donc. Enfin, disons que c'était à la base pour me faire un avis sur les réactions contradictoires que j'ai eues suite à l'adaptation de Peter Jackson – et un avis qui dépasse un peu les remarques sur Orlando Bloom.

Sur le livre en lui même, je ne reviendrai pas sur la formidable profondeur de l'univers construit par Tolkien. Tout a été raconté là-dessus et de manière beaucoup plus complète que ce que je ne pourrais faire. Le seul reproche que j'aurais, c'est que certains passages sont vraiment longuets, surtout des passages descriptifs – qui correspondent d'ailleurs assez bien avec les plans d'ensemble rotatifs qu'on retrouve dans le film ; alors que certaines scènes clés sont vraiment résolues en trois lignes. Ah, tiens, il vient de détruire l'anneau. C'est tout ? Déjà ? Ah ouais. Bon, l'important c'est pas la destination, l'important c'est le voyage. Mais quand même...

Par contre, effectivement, il manque beaucoup de choses dans les films. Enfin c'est pas tant ça qui me dérange ; il était bien entendu qu'il faille supprimer certains détais, que trois fois trois heures même ce n'était pas suffisant. Le problème c'est la différence de traitement de certains aspects importants du livre, complètement zappés dans le film, alors qu'inversement d'autres scènes ont été exagérées sans réelle justification. Tout aurait pu être bien mieux équilibré, je trouve.

D'ailleurs a posteriori, je comprends maintenant à peu près comment Peter Jackson va résoudre le problème de découpage qui fait se terminer Les Deux Tours après la bataille de Helm. Parce qu'en économisant toute la fin du livre sur la Comté, fin que je le vois mal justifier vu qu'il n'en parle que très peu dans le premier volet, il aura raisonnablement le temps de bien insister sur les batailles et les papouilles de Liv Tyler et Vigo Mortensen.

Bon, j'avais dit que je parlais pas des acteurs. Mais il fallait bien que je pimente cet avis bien banal. Certes. Demain je postule à Télérama.

lundi 01 décembre 2003

Le monde de Nemo

Techniquement, vraiment réussi... On oublie que c'est de l'image de synthèse. Pour chipoter, on va dire que les plans de la mer vue d'au dessus, bin je m'y fais pas, je trouve toujours ça mal fait – alors qu'en y regardant bien, la surface de l'eau en mouvement ressemble vraiment à ça ; et d'autre part, les personnages humains, même si c'est beaucoup plus de travail, me semblent moins convaincants que la petite de Monsters, Inc., par exemple. Je sais, je cherche la petite bête, mais en même temps, j'avais prévenu. Par contre, au niveau du rythme et surtout de l'humour, rien à voir. J'ai beaucoup ri, beaucoup plus. Ça reste du Disney dans l'esprit, un bambi sous marin, genre comédie familiale parfois caricaturale. Mais avec un humour frais et inventif, assez pour plaire aux plus grands. Du reste, la salle était pleine de petits enfants, mais ça n'a pas été l'enfer pour autant. Pas de larmoyements atroces à la mort de la mère et pas d'éclats de rire trop exagérés – j'étais assez surpris. Enfin, remarque gratuite au passage, les mouettes ressemblent beaucoup au pingouin de Wallace et Gromit. Et, la VF est supportable – j'avais un peu peur du David Ginola et Sami Nacéri annoncé dans la presse.

mercredi 26 novembre 2003

Kill Bill, considérations diverses

Ça fait plaisir de sentir qu'on plaît. Ou du moins, ça fait plaisir de croire que c'est le cas. Elle a monté l'escalier qui menait au cinéma, quelques mètres devant moi. En tournant à l'angle, j'ai croisé ses yeux souriants. Elle était jeune. Son parapluie mal fermé pendait aux côtés d'un sac de toile. Elle portait un long manteau poivre et sel sur un pantalon bouffant noir. Ses cheveux était longs et son écharpe était rose. On avançait en s'épiant dans deux queues parallèles. Kill Bill vol. 1, V.O., 11h15. Je me suis assis sur les rangs du milieu, dans une salle encore vide. Elle est rentrée quelques minutes plus tard. Sièges du fond. La salle se vidant après la séance, je me demandais si elle était encore là. Non. Elle faisait les quatre cents pas dans le hall du cinéma, discutant avec les hotesses. Elle m'a emboîté le pas quand je suis sorti à la fin du générique. Elle m'a suivi dans la galerie sur cinquante mètres. Je sors, je me retourne, je lui tiens la porte, elle me sourit. Je redescends à la voiture, elle part vers le tram.

Le film ? Quelques changements de rythme et de couleur intéressants, des allers-retours à la Pulp Fiction, une musique décalée mais cohérente et surtout une certaine classe dans les répliques, dont la V.F. est malheureusement privée – au moins, d'après les bandes annonces que j'ai vues. C'est du grosentertainement, il ne faut pas se leurrer, mais avec la touche d'originalité de Tarantino (des fois, il abuse un peu de ça d'ailleurs). Globalement satisfait, donc. Surtout qu'il ne finit pas trop en cliffhanger.

jeudi 06 novembre 2003

Recharges

Franchement, Matrix Révolutions, je suis dans l'expectative. D'abord parce que je ne suis pas sûr d'avoir tout compris; en plus parce que je ne suis pas non plus convaincu de l'intérêt du film – mis à part celui de clôturer la trilogie et de résoudre le cliffhanger du deuxième épisode. À la va-vite qui plus est. Et puis franchement, pourquoi est-ce qu'ils se sentent obligés de faire du bisou-bisou dans tous les films du genre ? Est-ce une figure imposée, un must-have ou assimilé ? Même pour le vague message qu'ils avaient à passer à ce sujet (et encore, c'est toujours le même quelque soit le film), il y aurait eu plus subtil – ou moins gros comme une maison. Enfin, avis personnel. Et puis même, la résolution est trop simple, avec même des scènes de second-rôles-petits-héros-sauveurs-du-monde, un peu à la Indepedance Day, le genre de trucs qui m'énervent, et je fous des <em> à toutes les phrases si je veux.

Enfin bon, retour à ma matrice à moi, avec ses hauts et ses bas. En sortant, j'ai revu Rico, par hasard, qui prenait ses billets pour la séance de cinq heures. Je ne sais pas si je vous avais parlé de Rico, le premier garçon que j'avais jamais trouvé attirant. Éric, professeur de faculté, qui à l'époque avait un physique du genre à faire frémir les petites étudiantes. Sauf qu'il enseignait en informatique, et que donc niveau étudiantes, ce n'était pas trop ça. Je m'étais posé la question avant de conclure que je ne lui aurais pas dit non, moi non plus. Entre temps, il a divorcé de sa femme, s'est éloigné de ses adorables petites filles, il a fait une dépression, et avec les traits de l'âge est devenu un vieux trentenaire à la bedaine prononcée. On a discuté cinq minutes devant les caisses, le temps de lui dire que je cherchais du travail, et qu'il me donne son numéro de portable, pour qu'on se revoie, qu'on rediscute. Après avoir récupéré son billet, il m'a invité à boire un café en attendant le film. Un quart de seconde (compiling), puis un poli non, je dois me rentrer de ma part. Ça n'aurait pas été forcément désagréable de reparler la vieille époque, mais je n'étais pas d'humeur.

A posteriori, je ne sais pas si j'ai bien fait de refuser la main tendue. Comme de raconter ses petits malheurs à des gens qui s'en contrefoutent et donc à qui vous pouvez balancer tout et n'importe quoi. Comme un psy, pour le prix d'un café. Parce qu'il y a des moments où je me sens vraiment plus bas que terre, et où je n'ai rien d'autre pour évacuer, que ces mots exhutoires dans un journal secret.

Frédérique me manque. Même si c'est un choix délibéré. Ça n'empêche pas que ses onomatopées, ses rires sardoniques et ses attentions me manquent. Prends bien soin de toi, ma grande.

Et accessoirement, cette société est pourrie. La démocratie occidentale est un simulacre de régime censé garantir les libertés individuelles, alors qu'elle ne fait que les alièner en cachette avec des règles sectaires dictées par des organismes qui justement ne sont pas soumis au vote populaire, comme l'OMC, les marchés financiers, etc.

J'ai peur de l'avenir.

mardi 04 novembre 2003

Attention Danger Travail

Très bon documentaire, vraiment, sans doute pas assez distribué dans les salles, mais je conseille. Je m'étais déjà fait le genre de réflexions qui y est développé, quand je voyais les victimes de plans sociaux, des ouvriers qui avaient trimé pendant des années pour une misère, manifester sur leur lieu de travail pour qu'on les réintègre, pour qu'ils retravaillent dans cette usine qui leur avait volé toute une partie de leur vie. Mais la société consumériste occidentale est un mécanisme très bien huilé. Les gens sont à ce point conditionnés pour avoir besoin d'un travail qu'ils s'accrochent à lui, aussi ingrat fut-il.

Réflexions d'autant plus intriguantes que je suis moi-même en train d'essayer de rentrer dans ce système, et je me demande si c'est finalement une bonne chose. Je me dis encore que ça va, que j'ai peut-être de la chance de pouvoir choisir un métier qui n'est pas purement alimentaire. Mais je me pose quand même des questions sur comment je peux participer à cettre société autrement qu'en me contentant d'aligner 35h par semaine devant un ordinateur.

Ce film est rempli de choses terriblement justes. Comme des extraits de management à l'américaine, montés avec cynisme, qui font ressortir le ridicule d'un discours formaté marketing : on y voit par exemple un jeune responsable de call-center motiver ses troupes avec des méthodes qui font sourire – un sourire bien jaune. D'autres choses m'ont horripilé, comme d'entendre un discours poétisant de Raffarin sur les valeurs du travail qui se perdent en France, avec Sellière qui lui emboîte le pas. Est-ce qu'ils pensent vraiment ce qu'ils disent, quand ils essaient de convaincre que travailler comme un forçat à visser des boulons, c'est bien pour son épanouissement personnel ? Je ne sais pas, je n'espère pas pour eux.

Un bémol cependant, il faudrait que les films militants de ce genre, ou du moins les films qui cherchent à dire quelque chose, évitent de systématiquement se décrédibiliser en incorporant des propos extrémistes qui rendent totalement bancale leur argumentation. Même si ça fait partie d'une volonté d'exhaustivité sur le sujet et que c'est aussi une facette de la réalité. Mais montrer des gens qui sont involontairement ridicules et qui donc destabilisent le reste du message du film, c'est dommage. J'ai entendu à deux ou trois reprises le couple BCBG à côté de moi ricaner devant certaines remarques, preuvent qu'ils considèrent plus ce reportage comme un divertissement (viens chéri, allons voir les pauvres) que comme une vraie réflexion sur la société.

Une dernière chose, enfin. Il faudrait que les intermittents du spectacle cessent de nous dire que l'accord signé par le gouvernement et le patronat est profondément injuste et qu'il signe l'arrêt de mort de la culture. Pas que je pense que ce soit faux ; mais se contenter d'un message qui répète cette seule information pendant cinq minutes, sans à aucun moment justifier par des exemples concrets (et dieu sait qu'ils en ont) pourquoi et comment cet accord les met en danger, c'est un peu faire croire qu'on manifeste juste pour le principe de ne pas être d'accord. S'ils veulent que leurs revendications aient le soutien du public, il faudrait être plus pédagogue avec les spectateurs. Moi par exemple, si je n'avais pas fait des recherches, je ne saurais pas exactement pourquoi ils manifestent. Là ils ne font que se mettre l'opinion à dos, sans donner de raison concrète. C'est idiot.

Dans la catégorie rien à voir: je n'ai pas pris de photos ce soir. Et aussi, on m'invite à une réunion de bloggeurs lyonnais. Heureusement que suis parti de Lyon, je n'aurais jamais pu décider d'y aller ou pas. Je ne sais même pas comment ils ont eu mon adresse, vu que je n'ai plus de blog lyonnais officiel. On a du cafeter. Les fourbes.

jeudi 16 octobre 2003

Du bien et du moins bien

Ken Park ne vaut pas les 6€ qu'il m'a couté. J'ai eu la flemme de profiter du fait que j'étais en ville pour faire des photos de Nantes. Fréd me manque. Ma soeur me fait rire. Les gens me dégoutent. La télé m'énerve. Mon père m'énerve. Aussi. J'adore Led Zeppelin.

Le film n'a pas grand intérêt, et frise même le pur raccollage par moments. C'est idiot à dire, mais comme Baise-moi je n'ai pas réussi à trouver l'idée cohérente qui venait mettre du sens au déballage de violence et de scènes crues. En soi le collage d'histoires totalement déconnectées les unes des autres aurait pû être intéressant, mais il est foutu en l'air par la scène finale qui tombe pour unifier l'ensemble comme un cheveu sur la soupe.

En revenant, je n'ai pas eu trop envie de prendre quelques clichés de cette ville que j'aime et qui est vraiment belle la nuit – pas autant que Lyon, mais bon. J'aime Nantes, mais sans raison précise. Ses rues m'ont tenu dans leurs bras pendant des années et l'habitude de leurs coins et recoins me donne l'impression d'être en terrain familier. Elle est toujours là quand je reviens vers elle, fidèle à elle-même, la belle endormie. Ça me rassure.

Comme Fréd, quand je la regardais dormir, avec un sourire serein au coin des lèvres. Je ne sais pas pourquoi ça m'a obsédé autant. Enfin si, j'ai une vague idée. C'est en train de passer. Notre mutisme forcé (moi sans connexion et elle qui est "partie" offline pour un moment), ça aide. Je vais quand même lui envoyer un SMS pour m'assurer qu'elle va – à défaut d'aller bien.

Ma soeur, qui a trouvé un appartement sur Paris (super vite, j'en suis moi-même étonné), arrive un peu à me faire oublier mon humeur morose. Avec le genre de choses complètement idiotes qu'on ne peut comprendre qu'entre nous. Je tiens à elle plus que tout. C'est à peu près la seule personne avec laquelle je me sente bien en ce moment.

Mon père, lui, m'énerve parce que j'en ai un peu marre de ses larmoyades, même si je ne peux vraiment rien lui reprocher. Juste que moi j'ai envie d'avancer, parce que c'est ce que maman aurait voulu, mais de l'avoir à se rappeler d'elle sans cesse, ça aide pas. Mais je suis cruel de présenter ça comme ça. En fait je m'inquiète un peu pour lui, mais j'ai pas envie d'assumer plus de choses que ce que je peux supporter.

Enfin, je me disais que si j'arrivais à me débrouiller pour aller voir Ben Harper en tournée, ça pourrait être pas mal. C'est juste un doux rêve comme ça, mais j'aimerais bien. Ça, et aussi les deux ou trois chansons que j'adore et qui me font danser à chaque fois que je les écoute. Et c'est pas comme si des gens me regardaient.

jeudi 04 septembre 2003

Requiem For A Dream

On sait qu'on ne supportera pas le visionnage, parce qu'on vous aura prévenu, parce que vous avez entendu trop de choses, parce que vous êtes dans un état trop fragile pour supporter autre chose que des navets guillerets et de midinettes à l'eau de rose. Et le pire, c'est de regarder les gentilles scènes du début: vous savez pertinemment que plus elles seront belles, plus atroce sera la chute. J'ai senti le vent tourner. J'ai vu le début de la partie difficile. Je me suis pris la tête à deux mains en imaginant à peine ce qui pouvait suivre. J'ai coupé. Verrai ça un autre jour. Et surtout sans le début, sans le contraste, sans le souvenir. En tout cas, mise en scène intéressante.

lundi 25 août 2003

Solaris

Je ne sais pas trop par où commencer pour donner l'impression qu'il me reste de ce film. Commençons par le plus facile. Il est très joli, remarquable même, esthétiquement parlant, avec de vraiment beaux plans (les gouttes sur la fenêtre au début, les plans avec la planète/étoile au travers des fenêtres du vaisseau...). Même si je ne suis pas fan de George Clooney. Mais là il a fait un effort, il n'a pas fait une fois cette grimace horripilante qui me donne envie de le baffer à chaque fois. Très 2001, aussi, avec des longueurs tout pareil, et quelques scènes indéniablement inspirées – quoique je suis pas certain en fait que ce soit un gage de qualité, mais bon. Quant à l'impression globale sur l'histoire, je n'ai pas vraiment pris le temps d'y réfléchir plus que ça. Mais frustrant, oui, avec une sensation de ne fais pas ça, George toutes les trente secondes. Mais pas d'incompréhension, non (ou alors j'ai loupé un bout du film). Juste l'envie que tout finisse bien. Bien, oui, magistral, non.

jeudi 07 août 2003

Could you repeat, please ?

Ai commencé à (re-)regarder Much Ado About Nothing, adaptation de la pièce de Shakespeare par Kenneth Branagh, que j'avais déjà entr'aperçue sur Arte il y a des décennies, avec une sacrée tropotée d'acteurs en costume d'époque (et une scène d'ouverture assez... débridée). Et bien force est de constater que, même avec les sous-titres anglais, c'est proprement incompréhensible. C'est bourré de vieilles tournures de phrases et de mots perdus, ça va beaucoup trop vite pour ne pouvoir attraper que quelques grandes idées par-ci par-là. Il ne me reste plus qu'à espérer trouver des sous-titres en français, et le visionner une bonne dizaines de fois de suite avant d'espérer saisir quelque chose. Et je ne parle même pas d'apprécier.

mercredi 23 juillet 2003

Teaser

Lui: Oui donc, le prochain Dreamworks en CGI [computer generated graphics]...
... s'appelle MADAGASCAR !!!

Vivement

vendredi 18 juillet 2003

Before sunrise

Pre-scriptum: Bizzarement ça m'embête aussi de donner mes impressions à propos d'un film juste en sortant de la salle, mais comme ici c'est mon bélogue privé, je fais un peu ce que je veux.

Donc, histoire touchante mais souvent inégale. Acteurs touchants mais souvent inégaux. Disons que parfois ils sonnent sincères et que d'autres fois ils surjouent un peu. Et que des fois les scènes sonnent sincères alors que d'autres fois elles sont un peu capillotractées.

Par contre, moi aussi je veux *ma* Julie Delpy (ou mon Ethan Hawke, mais plus ma Julie quand même) qui m'attend dans mon 18h50 de vendredi soir. Je la veux brune, intellectuelle et marrante. Ça va pas être possible ? Il fallait réserver ? Bon bah tant pis.

samedi 14 juin 2003

Irréversible

Le début est carrément irregardable, partant sur un travelling + pitch + roll, sombre et énigmatique, quasi vomitif, qui dure pendant cinq bonnes minutes. La suite est franchement immonde, avec deux scènes particulièrement dures. A vrai dire, je n'ai pas arrêté de me dire "c'est du cinéma, c'est du cinéma, c'est pas vrai", pour ne pas couper le film. Après ça s'arrange, un peu, c'est bizzare, mais au moins on peut soutenir de voir les images. Puis ça vire peu à peu vers des plans plus calmes et plus conventionnels, et finit sur une grande scène conscensuelle qui m'a, il est vrai, arraché quelques sourires.

Le film fait voix d'un certain parti pris de réalisation, privilégiant au travers de sa narration à rebours des situations indépendantes mais liées, chacune étant en fait la raison de l'autre, et enchainées entre elles par des plans de coupe assez étranges, virant parfois vers le n'importe quoi, avec une allusion à 2001 (un hommage ?).

Mon impression est mitigée, quelque part entre une accusation de faire du voyeurisme et du tapagisme pour faire monter artificiellement la sauce du film, et l'à peu près bonne vision que j'ai de la dernière demi-heure. Le ton volontairement violent du début, c'est vrai, contraste avec logique et ironie avec la fin du film et met en abîme ce que j'imagine être une allusion à l'artificialité et à la fragilité d'un certain bonheur. Mais bon, était-ce vraiment nécessaire ?

Petite remarque que je me dois de faire, ce n'est absolument pas la 9e symphone de Beethoven qui conclut le film, comme c'est marqué dans le générique. Je ne félicite pas le(s) reponsable(s).

lundi 09 juin 2003

Kaena

Je suis allé voir Kaena, la prophétie ce week-end avec ma frangine. Franchement, j'ai été déçu, et c'est bien la première fois depuis longtemps que je vais voir un film qui me déçoit. Alors soit je ne vais pas assez souvent au cinéma, soit je manque totalement d'esprit critique. Mais bref.

L'histoire n'est pas éxagérément simpliste, on pourrait même la trouver bien. Non ce que je reproche surtout c'est l'aspect technique de ce bazar. Je veux dire que ça se sent que le film a été commencé il y a quatre ans. Des fois ça ressemble à de la bouillie, les personnages ont l'ar d'avoir en permanence un baton dans le cul et ils n'arrêtent pas de partir en live de manière bien chiante sur des travellings en 3d admirative (le genre de trucs qui m'horripile).

Alors bien sûr, on pourrait me dire qu'étant familiarisé à ce genre de choses, j'ai justement un esprit trop critique; mais je ne pense pas. D'abord parce que ma soeur non plus n'a pas trouvé ça joli (comparé à du Pixar ou du Blizzard, c'est même horrible), et d'autre part parce que je trouve que c'était vraiment mal fait à ce point là.

Par contre, il faut absolument que j'arrête de l'amener à des films un brin SF ou Fantasy; parce qu'elle n'arrête pas de se moquer bêtement a posteriori (chose compréhensible (et parfois justifiée, comme ici), mais elle en fait souvent trop).

lundi 19 mai 2003

Snatch

Bon j'ai quand même essayé de visionner mon Snatch corrompu. Finalement ça n'a sauté que deux ou trois fois -- regardable donc.

Et en ce qui concerne le film, c'est une belle galerie de portraits tous aussi loufdingues les uns que les autres, lorgnant souvent vers la caricature par leur bêtise, leur esprit borné ou leur malchance. Caricaturaux aussi, les divers accents des personnages qui donnent un relief particulier à chacune des scènes.

Vraiment amusant donc, appuyé en plus par un enchevêtrement de séquences qui se coupent et se recoupent de manière à créer cette impression de hasard, d'inopiné et d'absurde qu'il me reste.

dimanche 18 mai 2003

Matrix Reprise

Il y aurait tellement de choses à dire et je les ai dites tellement mal que j'ai l'impression qu'il faudrait presque que je ne réouvre pas le sujet. Restez donc sur les premières impressions que j'ai données, malgré toutes les choses qui me reviennent au fur et à mesure que je revois le premier film qui repasse justement en ce moment.

Surprised to see me ?

Au fait, juste une remarque comme ça, sans vous gâcher le plaisir, mais à chaque fois que vous verrez l'agent Smith faire son méchant sans pitié, souvenez-vous de sa délirante prestation dans Priscilla, folle du désert. Tout de suite, ça vous le rendra plus sympathique.

samedi 17 mai 2003

Matrix Reloaded

Warning. Spoilers ahead.

Pre Scriptum (concept innovateur): Si vous ne l'avez pas encore vu, sachez qu'après le générique de fin, il y a la bande annonce du troisième épisode, et que donc, ça vaut peut-être le coup de rester jusqu'au bout.

Lire la suite...

mercredi 14 mai 2003

Re

Voilà, je suis allé m'acheter mes places pour Matrix. Samedi matin, parce qu'il y aura moins de monde et que j'ai besoin d'une salle pas trop pleine pour apprécier. En V.O. parce que c'est pas si souvent qu'à Nantes j'avais l'occasion de voir les films mainstream en V.O.

J'évite d'anticiper par trop mon opinion. Disons qu'ils sont sans doute attendus au tournant, tant au niveau du challenge de la suite, que du fait d'avoir tourné les deux en même temps.

Mais déjà, remarquons le rouleau compresseur du marketing, beaucoup plus écrasant que pour le premier. Matrix a presque été une bonne surprise. Reloaded se doit au moins d'être un très bon renouvellement, plutôt que la simple et enième déclinaison d'une lucrative poule aux oeufs d'or.

mardi 13 mai 2003

Knowing the path

Ça m'est venu tout à l'heure en regardant les épisodes d'animatrix. Au risque de passer pour le dernier des abrutis, je n'avais pas fait de rapprochement entre le fait que l'on puisse préférer, à l'instar de Cypher, vivre dans la matrice plutôt que dans le monde réel -- et qu'en fait certaines personnes (je vous fais grâce des noms) puissent préférer vivre (communiquer, travailler, échanger, apprendre) sur internet plutôt que dans la vraie vie. Bon, voilà, j'ai fait le rapprochement. La suite vendredi.

lundi 05 mai 2003

Première intention

Je ne trouve pas que la religion ait une place aussi importante que ça dans Contact. À mon avis, elle joue juste un rôle inhabituel, puisqu'elle n'est là justement que pour souligner, démontrer ou faire l'exemple de quelques idées marquantes que l'on peut tirer du film -- et donc pas comme un thème majeur; plus comme un acteur qui sert le film en communiquant certains faits.

Comme les dérives intégristes, comme l'absence de remise en cause à son égard. Et surtout le message principal selon moi, c'est que toute chose dans laquelle on s'implique un tant soit peu, nécessite la foi en cette chose. Que ce soit la foi religieuse, ou la foi en la science, ou la foi en les dires d'Ellie.

Alors oui, ça fait beaucoup de choses tournant autour de la religion; mais Contact n'est pas un film sur la religion, ou *que* sur la religion, ou dans lequel la religion tient une place prépondérante. Contact n'est d'ailleurs pas plus un film sur les extraterrestres, ou *que* sur les extraterrestres.

Pour moi, il s'agit plus d'évoquer certains aspects du comportement humain face à l'inconnu, face à la science, face à l'approbation d'autrui, face à l'abstrait, face à l'intangible.

P.S.: a posteriori, ce post répondait à cet autre post de Garoo, jusqu'à ce que je me rende gentiment compte qu'en fait, ça n'avait pas grand chose à voir au niveau du sens, et que j'avais compris son post de travers.

dimanche 27 avril 2003

Comme par exemple

Une bonne comédie pas trop prise de tête, du style Tenue correcte exigée, qui est passée ce soir. Certes, au niveau du niveau, ça reprend les vieilles ficelles des quiprocos de boulevard; et quand on y réfléchit à deux fois, c'est mielleux à souhait. Mais là, à me marrer tout seul dans le noir, sur le sac de couchage qui me sert de canapé, avec un thé et la tête dans les nuages, j'étais bien.

samedi 19 avril 2003

REM

Bon je poste groupé, parce qu'on a beau dire ce qu'on veut, le RTC (le pas ADSL, si vous voulez) c'est quand même super chiant.

Juste pour dire que Jim Carrey dans A Man On The Moon joue super bien (sauf que j'imagine pas la gueule de la VF), et que c'est un bon film, et que Andy chaipaquoi s'il a vraiment existé ça devait être un génie, et que j'ai pas compris à la fin s'il était vraiment mort ou pas, et que c'est peut-être fait exprès.

samedi 05 avril 2003

Ordinary Decent Criminals

Très bon film, façon gangters gentlemen, futé et bon esprit. Rythme assez soutenu, musique impecable, scénario qui tient la route. Un peu d'ironie, un peu de foutage de gueule, un peu de psychologie. Et l'histoire du flic qui peut pas vivre sans le voyou et du voyou qui a toujours besoin du flic. Kevin Spacey un peu trop lisse et propre sur lui; bon père de famille, voleur au grand coeur, humaniste et homme à principes. Mais bon, c'est son rôle qui veut ça.

jeudi 20 mars 2003

Assez space

Une fois pour toutes, est-ce que quelqu'un a une explication valable à fournir face à 2001 l'Odyssée de l'espace ? Le débat est ouvert.

mardi 11 mars 2003

Que diriez-vous si

Juste pour voir si ça passe bien ou pas (ça me désolera dans les deux cas).

Bon alors moi ce que j'en pense c'est que Matrix premier du nom a posé une série d'évolutions dans le genre et la manière de filmer, qui ont à l'époque marqué son public. Les suites devront donc fatalement elles aussi apporter leur lot d'innovations pour avoir le même retentissement que le premier (l'intrigue ne se suffisant pas à elle même, je trouve)

Et ça ce n'est pas gagné puisque les suites auront été tournées quasiment en même temps et que niveau "nouveaux gadgets de mise en scène", il n'y aura pas de différence flagrante entre le deuxième et le troisième. D'où la question de savoir si sortir deux films "identiques" niveau réalisation est viable ou pas.

Quant à l'intérêt de faire une trilogie plutôt qu'une suite, au niveau de l'histoire, cela permet d'étoffer le débat. Par exemple dans le cas du Seigneur des Anneaux, le fait de prévoir directement de sortir 3 films donne aux rédacteurs 9heures de temps pour faire l'adaptation de l'oeuvre, ce qui leur donne les coudées plus franches à mon avis.

Niveau marketing est-ce que cela est également prémédité ? Bien sûr, mais je ne me permettrai pas d'avoir d'a priori la dessus, et je jugerai sur pièce quand le film sortira.

mercredi 05 mars 2003

Whistle

Always look on the bright side of death
Just before you draw you terminal breath

lundi 03 mars 2003

Hum

On ressent parfois une légère gêne à regarder des films comme In the mood for love avec des gens qui n'ont pas forcément été initiés au sens artistique nécessaire à l'appréciation d'une telle oeuvre, et qui commentent tout du long, en cherchant à y coller un schéma consumériste ou hollywoodien. Mais je reste persuadé que ce n'est pas forcément être condescendant que de penser que ce n'est pas une fatalité. Si l'école était bien faite, on nous donnerait à tous l'occasion d'apprendre à considérer/apprécier certaines choses que les préjugés et les mythes snobinards réservent trop souvent à une certaine catégorie de gens. Et ne pas simplement réduire l'expression de tout une partie de l'art à André Rieu ou à Jet Li.

vendredi 28 février 2003

Arrête-moi...

Passons sur la happy-end. Passons sur les travers moralistes. Passons sur l'histoire rocambolesque (true story). Passons sur la légère caricature des français et sur le bon vieux patriotisme "je vais te ramener aux Etats-Unis, garçon" (comprenez là-bas au moins t'auras une justice équitable).

Abstraction faite donc de ces défauts un peu trop récurrents à mon goût dans le cinéma US actuel, je trouve que c'est un bon film. Il n'y a presque pas de temps mort et les arnaques s'enchaînent dans un schéma fluide et cohérent. La symétrie antagoniste entre le traqueur et le traqué est bien mise en scène: malgré leurs différences (âge, milieu, humour), on voit surtout le fait qu'aucun des deux ne peut au final arrêter (l'enquête ou les tricheries), quitte à se mettre dans une situation impossible (risques juridiques, risque d'humiliation). Et les quelques effets comiques tombent bien et ne sont jamais de mauvais goût.

Et quoi qu'on en dise, le roi Leo est vraiment un bon acteur. Il tombe tout à fait dans le moule du jeune arrogant et audacieux, dont les conneries retombent sur la tête sans qu'il les ait trop vues venir. Sinon, Tom Hanks et plus gros que sur l'affiche du film. Je dis ça, moi, je dis rien...

vendredi 21 février 2003

Lu sur Allocine

I'en a qui doutent de rien, je cite:

[...] j'ai eu tort : Catch me if you can (la traduction du titre en français laissant, notons le au passage, à désirer...) est vraiment un bon film

merci à Mat

mercredi 19 février 2003

Gattaca

D'après les quelques extraits que j'en avais vu, je craignais un mauvais film "inspiré par 1984" ou d'autres pointures du genre (Le Meilleur des Mondes, Brazil, ...). J'ai été agréablement soulagé. Certes j'ai ressenti quelques ressemblances, la société fachisante, le thème de l'amour interdit salvateur, même les détails qu'on prend soin de bien remettre à leur place (dans le tiroir, le grain de poussière dans 1984, les cheveux sur le peigne dans Gattaca).

Mais c'est vraiment traité de manière intelligente et originale, avec des subtilités là où il faut (le cheveu offert qui s'envole, le premier toujours deuxième et le deuxième qui finit premier) et une mise en scène d'un décor froid et sec (bâtiments, intérieurs) dans une couleur jaune et chaude. (C'est bizzare j'ai l'impression d'écrire une dissert de français).

Malgré le léger ton qui tend à faire la part belle au mérite par rapport aux gènes et à la condition sociale. Pas que ce soit faux, mais le film insiste légèrement (trop) dessus pour finir sur un happy end. Mais ce dernier ne choque pas. Pas Trop. Bon film.

samedi 15 février 2003

At the movies

Comme ça me prend de temps en temps, j'ai envie de vous faire une critique ciné. Parce que bon, quelque part, je sais que ça vous intéresse au plus haut point, et que les quelques lignes que je suis sur le point de pondre vont sans doute captiver la plupart d'entre vous. Alors je me dis que, rien que pour la beauté du jeste, je me devais de le faire. Et en plus, de péter une introduction d'une classe subliminale, décidément, il n'y a aucune raison que je me prive.

Lire la suite...

jeudi 23 janvier 2003

Wheelie

J'aurais aimé être Will Hunting, être un génie que personne ne comprend, m'en foutre royalement mais juste chercher la tranquillité, avoir un psy frustré qui me raconterait sa vie, trouver ma Minnie Driver, passer mon temps à rien faire et ne pas m'en vouloir de vivre ainsi. Ou un Bertrand Benjamin Malussène (et trouver ma Julie), et même si tout le monde ne peut pas être écrivain, tout le monde peut quand même écrire, quitte à ce que ce soit de la merde (et j'en suis conscient, dieu merci). Mais non je suis juste un étudiant désabusé qui cherche en vain un stage. Je passerais bien une annonce ici, mais je ne me fais pas d'illusion, les gens qui passent ici, si peu soient-ils, ne font pas de la synthèse d'image ou de la modélisation. Bref. Advienne que pourra.

vendredi 17 janvier 2003

Ez waid chut

Parlons de Kubrick, parce que ça m'est venu en regardant la télé. Je n'ai pas d'a priori sur le sujet, vu que je le connais assez peu, il faut bien avouer, et donc je ne vous saoûlerai pas avec les quelques considérations snobinardes qui sont, vous avez dû le remarquer, mon pain quotidien.

Lire la suite...

lundi 16 décembre 2002

Droit de réponse

Pour répondre au post du doc sur le Seigneur des Anneaux, parce que j'ai peur de dire des conneries et parce que je sais qu'ici mon opinion tombera dans l'oreille d'un assez faible nombre de personnes qui m'aiment trop pour penser que chuis un abruti fini, pour répondre donc au post du doc, je pense en général que c'est une attitude assez snobinarde que de dire qu'un chef d'oeuvre est galvaudé parce qu'il est détourné par les voies impénétrables du marketing et des produits de chez Ferrero. En même temps, en grande partie persuadé que la phrase précedente ne veut absolument rien dire, je pense qu'il n'est même pas digne d'intérêt que je cherche à me justifier. Et sinon, j'ai toujours pas trouvé de stage, j'ai pensé que ça pouvait vous intéresser. Non ? Bon je retourne à mon docu sur Renaud si c'est comme ça.

dimanche 08 décembre 2002

Saturday Night Blogger

Je me souviens du jour ou j'ai dit que, lorsque je me mettrai à noter les idées qui me passent par la tête dans un petit carnet, il faudrait que je commence à m'inquiéter pour ma santé mentaile. Bon, ce jour là, j'ai sans doute parlé trop vite. Parce qu'au final, ce serait quand même bien utile un petit carnet. Et il n'y a que les imbéciles qui changent d'avis. Hum. Je me demande si c'est moi qui ne vais vraiment pas bien, ou alors... ou alors rien d'autre, je ne vois pas d'alernative.

Lire la suite...

lundi 11 novembre 2002

Ciné

C'est quand même bien d'habiter pas loin du centre ville et par exemple de pouvoir revenir tranquillement, à pied, du cinéma. Je suis allé voir Bowling for Columbine, assez consternant ma foi. Consternant, pas le film, hein. Non le document est assez bien fait. Non consternant les Américains. On hésite sans cesse entre une franche envie de rigoler, et une certaine appréhension. De voir que des gens comme ça existent vraiement. Et ils pensent vraiment ce qu'ils disent. Et il s'y passe vraiment ce qu'il s'y passe. Mais bon, comme on a déjà tout dit à ce sujet, nul besoin de me répandre plus.

jeudi 07 novembre 2002

PFM

La première fois que je suis allé au cinéma, c'était pour aller voir Jurassik Park, premier du nom, il y a de cela... oh, j'ose même plus compter les années. C'était le mercredi de la sortie, environ tout le monde était allé le voir en même temps, et avec ma soeur, on devait se partager un billet de 50 francs pour se payer les tickets et un paquet de crocodiles haribo. C'était encore la belle époque, quand j'y repense, parce qu'aujourd'hui, on est bien content de tomber de temps en temps sur un tarif réduit à 40 francs.

J'avais trouvé le film bien, par ailleurs. J'étais dans ma phase "délire scientifique" acharné (du genre relire cinquante fois Brèves Histoires du Temps ou Poussières d'Étoiles), et vu que le scénario tenait à peu près la route à ce sujet... D'ailleurs mon passage préféré, c'était quand Jeff Goldblum expliquait sa théorique sur le chaos. Ça et quand le mec se fait bouffer dans les chiottes.

lundi 28 octobre 2002

Play-doh

Ouah, un nouveau Wallace & Gromit. Plus exactement 10 nouveaux Wallace & Gromit. C'est une série de courts métrages dont un est visualisable sur shockwave.com. Ou encore sur le site de la BBC, avec moins de choix de qualité de streaming, mais avec une interview de Nick Park en plus. Apparemment les films sont passés sur la BBC (snif si j'avais su) et on peut tous les regarder en ligne après inscription (payante). Dommage.

vendredi 18 octobre 2002

Strings

Si avoir vu Minority Report pouvait inciter les jeunes d'aujourd'hui à écouter un peu de classique, ce serait pas plus mal, moi je dis.

dimanche 13 octobre 2002

Minority Report

Bien. Bon film.

lundi 23 septembre 2002

Du domaine de la lutte

De son extension, de ce post et du film éponyme, que je viens de voir et que je trouve incroyablement juste, fort, précis. La tirade de la discothèque (ainsi que la scène qui suit) est à ce titre une vraie réussite. Même José Garcia est bon. C'est dire. Les reflexions, le schéma de pensée et même la portée du film, le tout mis en scène dans une sorte de grand monologue amer, limpide, fulgurant, incisif.

J'aimerais écrire comme ça. Avoir cette lueur d'esprit, nécessaire pour trouver les mots qui reflètent exactement ce que je pense au moment où je le pense. Je gagnerais du temps. Et je pourrais mieux développer mes arguments sans avoir à m'attarder pour trouver le mot qui correspond à ce sens. Dans la même veine, un dictionnaire inversé me serait d'une grande utilité.

lundi 09 septembre 2002

Po possible

Visionnage de Mission:Impossible 2. Définitivement pas mon film préféré. John Woo. Certes. Pourtant mollesse absolue de la plupart des scènes d'action. Malgré quelques scènes sympa. Mais rigeur cadavérique (selon l'expression consacrée) d'un Tom Cruse grimaçant sur les cascades qu'il a eu le cran de tourner lui-même. Scénario par moments trop rapide/elliptique. Un brin tiré par les cheveux. Comme un mauvais James Bond.

Lire la suite...

lundi 26 août 2002

Télé

Tout à l'heure j'ai vu la fin de "La femme défendue" -- enfin un bout de la fin, environ un quart heure, parce que je suis arrivé trop tard.

L'idée de base était assez intéressante, puisque tout était filmé à la première personne, dans la peau du personnage principal. Cela avait le mérite de rattraper un peu le scénario, énième remake du mari, de la femme et de la maîtresse. Pas que ça ne m'intéresse pas, mais dans le genre original...

dimanche 25 août 2002

Télé

Tout à l'heure j'ai vu le début de "La femme défendue" -- enfin un bon début, environ une heure, juste avant que ma mère ne rentre dans la pièce, et j'aime pas regarder la télé avec mes parents.

L'idée de base était assez intéressante, puisque tout était filmé à la première personne, dans la peau du personnage principal. Cela avait le mérite de rattraper un peu le scénario, énième remake du mari, de la femme et de la maîtresse. Pas que ça ne m'intéresse pas, mais dans le genre original...

Au passage, ce serait intéressant un site qui donnerait le résumé détaillé d'un film qu'on n'a pas pu/envie de regarder jusqu'à la fin. Comme une fiche de lecture, mais au cinéma. Genre ça quoi.